Divers

 

 

 

Petit journal 2016

Décès

           Même s'ils n'habitaient plus Lissey, David Rodrigués, Michèle Blaison, Pauline Samson ont fait partie, à un moment donné, de notre univers. Ayons aussi une pensée pour eux !

David RODRIGUES, né le 3 novembre 1970 au Portugal, décédé le 21 décembre 2015

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Michèle BLAISON

 

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            C'est de l'hôpital de Verdun, où elle était depuis quelques jours, que nous avons appris le décès de Mme Raymond Blaison, née Michèle Tisseron.

            Elle avait vu le jour le 28 juillet 1939 à Sedan. Son père, son grand-père étaient instituteurs, alors c'est tout naturellement qu'elle leur emboita le pas, en faisant ses  études au lycée Sévigné de Charleville.

            Le 7 avril 1972, elle épousa Raymond Blaison, menuisier, enfant de Montigny. Deux enfants virent le jour en leur foyer: Arnauld et Yannick. Son travail la conduisit dans différents villages meusiens, où ses compétences étaient appréciées, mais avec quelques fois des méthodes d'ordre et de discipline, d'un autre temps. C'est en 1994 que la retraite sonna pour elle. Le couple s'installa au village dans une maison neuve qu'ils avaient fait bâtir sur la route de Villers.

            La défunte eut la peine de perdre son époux en 2002.

            Sortant peu dans le village, si ce n'est pour aller à l'épicerie, elle vivait surtout dans sa propriété en compagnie de ses chats.

            Son passe-temps favori était de faire les mots croisés de l4Est Républicain.

            Depuis un certain temps sa colonne vertébrale se fatiguait et c'était très impressionnant de voir cette dame la tête quasiment sur les genoux, allant ou revenant de la boite aux lettres d'un bon pas.

            Ses obsèques auront lieu le 7 mars. (Article de l'Est Républicain).

            Madame BLAISON fut institutrice à Lissey de 1980 à 1992.

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Pauline SAMSON, née le octobre 1925 à Longlaville, entrée dans la vraie vie le 15 avril 2016 à Montauban.

 

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            Décès de Pauline Samson

            Malgré une vie familiale qui la tint éloignée de Lissey, Madame Pauline Samson , décédée le 15 avril  de cette année à Montauban, avait prévu de longue date de se faire enterrer dans le cimetière de son village. Là, où reposent  déjà de très nombreux membres de sa famille.

            Pauline était la cousine germaine de Janine Bon, épouse Doyen.  Elles étaient toutes deux descendantes de Charles et Louise Bon. L´une,  fille d´Anne-Marie-Louise Saint-Vanne, née Bon, l´autre fille de Vital Bon. 7 frères et sœurs dans le foyer de ces ancêtres !

            Une famille importante donc, jouant un grand rôle dans l´histoire du village.

            Voici ce que nous écrit son fils Gérard, en réponse à Jacqueline DOYEN, à propos du choix de sa maman de rentrer au Pays :

 De : Jackie Doyen <doyen.jacqueline@neuf.fr>
Envoyé : jeudi 8 décembre 2016 21:31
À : Gérard Christine SAMSON
Cc : maman.flick@gmx.de
Objet : Petit journal de Lissey

 Bonsoir Gérard et Christine
Je n'ai pas pris le temps de répondre à votre courrier pour la Toussaint.
Aujourd'hui, j'apprends que le maire de Lissey veut faire un article dans le petit journal du village. Cette article concerne ta maman et le lien entre ta grand-mère, mon grand-père, le grand-père de Régine et leurs autres frères et sœurs
Je ne sais plus combien il y avait de frères et sœurs ( ma mémoire flanche car c'était notre jeunesse)
Mon souvenir:
Achille Bon: mon grand-père
Jules Bon: le père de Régine
Jeanne Bon ( mariée Farinet): la mère des cousins cousines Farinet
Ta grand mère ( mariée Saint-Vanne) mais je ne sais plus son prénom
Le curé Bon  (  idem j'ai oublié son prénom)
La tante Victoire ( jamais mariée, elle a vécu avec le curé Bon
Sais tu si il y a d'autres frères et sœurs?
Peux tu donner les prénoms manquants
Comme c'est un article sur ta maman ce serait bien de donner les raisons qui l'on poussé à vouloir être dans le cimetière de Lissey
Au cimetière, il y a les familles FARINET, SAINT-VANNE  et mes grands parents ainsi que ceux de Régine
Tu peux voir que j'ai mis un mail en copie, il s'agit de Rose-Marie Flick qui doit rédiger cet article
Et comme souvent, c'est urgent car le petit journal doit paraître avant la fin de l'année
Ce serait gentil de ta part si tu peux répondre rapidement. Tu peux la mettre en copie ainsi ce sera plus rapide
Sinon, j'espère que toute la famille se porte bien. Nous commençons à préparer noël, on fait chaque année un repas avec papa et toute sa descendance soit 50 personnes. Évidemment ce sera dans la salle des fêtes du village comme chaque année

Je vous embrasse
A bientôt de vous lire
Jackie
Envoyé de mon iPad

 

Gesendet: Freitag, 09. Dezember 2016 um 23:17 Uhr
Von: "Gerard et Christine Samson" <gcsamson@outlook.fr>
An: "Jackie Doyen" <doyen.jacqueline@neuf.fr>
Cc: "maman.flick@gmx.de" <maman.flick@gmx.de>
Betreff: RE: Petit journal de Lissey

 

Bonsoir Jackie,

 La famille Bon reste bien présente dans l'histoire de Lissey; c'est tant mieux car certains personnages avaient du caractère et l'ont transmis. En outre, elle a été une famille très chrétienne et cela laisse des traces que nous essayons de faire vivre.

Voici quelques précisions:

A partir de la génération de ton arrière grand-père

Charles-Delzedar Bon marié à Louise(?) Santerre; 7 enfants (dans le désordre):

Vital (ton grand père)

Gustave , prêtre, curé-Doyen de Montfaucon

Jules (père de Régine)

Jeanne, épouse Farinet

Anne-Marie- Louise, épouse Saint-Vanne

Victoire, célibataire au service de son frère Gustave

Eugénie, célibataire ( elle aurait été interprète à Paris, enterrée au cimetière du Père Lachaise)

Pour les générations au dessus nous trouvons:

Auguste Bon marié à Catherine Beauzée, père de Charles Delzedar, 

Jean-Nicolas Bon marié à Marguerite de Sivry père d'Auguste, Barbe, Isoline...

Voilà brièvement un aperçu du tableau généalogique.

Concernant Maman, elle a toujours conservé une nostalgie et un attachement pour la Lorraine à laquelle elle était fière d'appartenir. Le déplacement, pendant la guerre, de ma grand-mère veuve et de ses trois enfants a été vécu comme une déchirure familiale et un exil imposé. Maman aimait beaucoup son père qu'elle a perdu à 10 ans et ce fut un immense traumatisme pour elle, et ma grand-mère a toujours vécu chez nous en apportant aide et présence discrète et affectionnée.

On peut comprendre que Maman ait voulu revenir vers ses parents sur sa terre natale dans ce cimetière qui est un endroit extraordinairement paisible.

C'est l' histoire de générations bousculées par les guerres qui ont dû rebondir parfois dans des circonstances imprévisibles. La famille y tenait beaucoup de place et cela, heureusement, se voit et continue. Cela prouve que c'est du solide.

Quelle bonne idée de réunir tous les vôtres, nouvelle illustration de mes propos. Nous vous souhaitons à tous, et en particulier à ton papa, une très belle fête de Noël . Nous t'embrassons et partage avec tous, nos affectueuses pensées.

Gérard 


                Maman a désiré reposer auprès de ses parents. Elle avait été arrachée par la guerre de sa terre natale. Elle s'est consacrée durant toute sa vie à l'enseignement catholique, qui pour elle, était une véritable vocation. Comme vous avez pu le constater dans vos échanges, elle était en permanence portée par sa Foi et soucieuse de la transmettre à son entourage. Elle était une femme active, volontaire, ne reculant pas devant le travail qui pour elle était sanctifiant. Elle a consacré la totalité de son existence à sa vocation et à sa famille. Jusqu'aux derniers jours, elle a entretenu avec ses petits enfants une relation privilégiée, guidée par la morale chrétienne qui était sa règle.
                La prière occupait une grande place dans son existence.

                Elle s'est éteinte dans sa foi en étouffant ses plaintes face aux souffrances morales et physiques qu'elle a endurée.

               

                Nous voici un mieux éclairé sur les motivations de madame Samson à se faire enterrer à Lissey.

            Pour avoir entretenu une correspondance (assez fournie) avec madame Samson, je peux confirmer que c'était une femme, intelligente, à l'esprit alerte, au caractère bien affirmé et avec des principes solides.

            Elle aimait notre village et consultait régulièrement le site de Lissey car malgré son grand âge elle s'était mise à l'ordinateur et à internet.

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Marie JEANDEL née CONTANT, le 04 avril 1933 et décédée le 15 mars 2016

 

            Madame Jeandel nous a quittés et nous le déplorons. Après quelques alertes, dont nous avions pris connaissance avec inquiétude, elle est décédée le 04 avril de cette année, laissant une immense place vide dans son foyer, au sein de sa grande famille et dans le village.

Madame Jeandel et son mari s´étaient installés à Lissey en 1962 et elle était vite devenue  le pilier d´une famille nombreuse  et une personnalité connue et appréciée de beaucoup d´habitants du pays. Le modèle même d´une maman et d´une grand´ maman aimante et protectrice, d´une épouse dévouée et courageuse.  Un peu effacée et discrète elle acceptait quand même d´échanger sourires et conversations cordiales. Surtout si on en venait à parler de ses nombreux petits-enfants. Il fallait saisir les moments favorables, qui devenaient alors des moments précieux.

            Durant de nombreuses années elle fut un pilier important du comité des fêtes de Lissey et nous lui en étions reconnaissants. C´était le bon temps des bals et des feux d´artifices !

            À son mari, ses enfants, ses petits-enfants  et sa famille toutes nos condoléances les plus sincères

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Rémy RICHARD

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Ah ! "le Rémy"....

            Il était insupportable, parfois de mauvaise foi, têtu comme une mule. Si l'on disait comme lui, on était dans ses "papiers", sinon, il en fallait des flatteries pour obtenir ce que l'on voulait.

            Il avait de la mémoire et il aurait pu nous en raconter des anecdotes sur son enfance et la vie du village à cette époque. Mais il fonctionnait un peu avec la "lune" et il ne faisait pas bon de ne pas être de son avis et puis il était souvent impossible de l'arrêter...

            Personnellement, j'ai encore en mémoire ses joutes oratoires orageuses avec son beau-frère Maurice Rouyer, lors de réunions du conseil municipal. C'était épique...

            Bref, tout cela constituait l'originalité de son personnage et d'une certaine façon il nous manque maintenant...

            Mais, dans l'intimité, personne ne le décrit mieux que sa nièce Josiane Lambert et un peu plus loin Rose-Marie Flick qui toutes deux l'on connu mieux que moi.

 

            Rémy, je voudrais te parler encore un peu...

            A mon baptême tu étais là puisque tu es mon parrain.

            Entre le baptême et la communion où tu étais là aussi, j'ai le souvenir d'avoir été souvent en vacances chez mes grands-parents et tu étais là.... participant grandement à la vie de la ferme.

            C'était l'été, la fenaison, la moisson....

            Pas question de rester inactive.

            Tu m'emmenais sur ta mobylette. Te souviens-tu d'une fois où tu m'as ramenée vite fait, après avoir fait un demi tour devant l'église parce que j'étais partie en chaussons....

            Tu m'a grondée, je n'étais pas fière!

            Pas fière non plus quand je me trompais de ligne pour retourner le foin et que nous nous croisions au lieu de nous rejoindre.

            La petite fille que j'étais craignait déjà beaucoup tes éclats de voix.

            Une fois tu m'as traitée de menteuse parce que j'avais dit avoir entendu l'âne de Saint Nicolas croquer les carottes que nous lui avions préparées.

            Mais par contre, nous les enfants, tu nous emmenais au Châtelet cueillir du muguet et je n'ai jamais refait de bouquet aussi gros. Tu nous donnais des caramels des restes de tes sorties au cinéma.

            A mon mariage, tu étais là et c'est même toi qui a mis de l'ambiance...

            Tu aimais rire, blaguer, te divertir et divertir les autres.

            Le temps passant, tu est devenu l'obsession de ton père qui gémissait régulièrement contre toi parce qu'il n'y avait pas d'enfant dans cette maison...

            A la fin de ta vie, tu te décourageais parce qu'il n'y avait "pas de relève". (Ce sont tes mots).

            On n'osait pas trop te dire que tu n'avais pas assuré en la matière, mais toi tu nous expliquais comment élever nos enfants...

            Tu nous expliquais comment tenir un outil, comment faire un ouvrage, comment faire à manger, etc... et tu m'expliquais même comment je devais m'y prendre pour raccourcir tes pantalons ou raccommoder tes chaussettes...

            Ce genre de petits travaux, je te les faisais volontiers lors de mes visites et tu me récompensais au centuple par quelques produits locaux précieux...

            J'aimais à te voir, à t'inviter à manger chez ma mère lors de mes visites et même si je te voyais moins tes voisins ou que mes cousins, j'avais vite compris qu'il y avait un mode d'emploi: inutile d'essayer interrompre la longue litanie de tes histoires...

            Tu nous racontais tes opérations, les rééducations avec mille et une anecdotes inlassablement répétées d'années en années...

            Et même chose à propos de ton service militaire, les mêmes détails, la même précision: "avec le dénommé" un tel, "originaire" de tel endroit...

            Par politesse on t'écoutait.

            Toi seul décidait de la fin...

            Par contre, de rares fois, tu m'as raconté des morceaux de ton enfance, ou comment tu avait vécu la guerre et même comment tu l'aurais faite si l'on t'avais demandé ton avis...

            Ces moments, j'aime à me les rappeler, ce sont des morceaux de "patrimoine".

            A propos de patrimoine, j'espère que tu as bien transmis ton savoir faire en matière de vigne et de vin, arts dans lesquels tu es passé maître bien au delà des qualités de ton père.

            Je ne saurais faire une liste complète des images que je garde de toi. Chacun de nous gardera les siennes et ne les oubliera pas.

            J'en ajouterai encore une d'image de toi, précieuse parmi les précieuses, parce que ce fut presque la dernière: tu m'as invité à manger chez toi. Nous avons discuté tout l'après-midi en vidant une de tes bouteilles..... enfin non, en vérité, tu as discuté et nous avons bu tous les deux....

            Aujourd'hui, tu m'as laissé parler !

            Alors vient le temps de te dire comme on dit dans le pays qui est devenu le mien: Bon voyage Rémy.... ! (Josiane Lambert).

Rémi nous quitte

            Rémi tu ne serais peut-être pas d´accord que je te dise ces quelques mots d´adieu, mais j´ai toujours pensé pouvoir bousculer ton côté bourru et je voudrais exprimer mes condoléances à ceux qui te sont proches. Alors  pardonne-moi.

            Chaque départ d´un ancien du village est un véritable déchirement. Pour une enfant du pays tout particulièrement.  Plus le temps passe, pire est le sentiment d´une perte irremplaçable d´un point de vue personnel  et au regard de l´histoire de Lissey. Nous sommes de plus en plus orphelins. Nos mémoires disparaissent.  Et voici que le Rémi nous quitte. Et alors on a envie de dire non, ce n´est pas possible…Impensable ! Plus que tout autre Rémi  incarnait Lissey, était Lissey. Et il s´est véritablement engagé tout au long de sa vie pour que son village ne perde jamais son identité.

            Oh bien sûr, nous savons tous, surtout au sein du conseil,  que ce combat, qui partait d´un bon sentiment,  lui tenait parfois trop à cœur et rendait sa relation avec les autres  souvent difficile. Mais je voudrais témoigner de son intégrité. Je ne pense pas que Rémi ait jamais défendu ses propres intérêts au dépend de la communauté. Il était convaincu de devoir veiller à la bonne marche des choses.  Surtout ne pas lâcher prise face à la trop facile modernité. Difficile de le convaincre de nos bonnes volontés. Difficile de gagner sa confiance et de lui faire baisser la garde.

            Enfant Rémi m´intimidait bien sûr. Il lui arrivait de descendre notre rue, surtout en fin d´année,  pour proposer  le calendrier des pompiers à la Léa. Une affaire très sérieuse ! Et là on se rendait compte que Rémi pouvait se montrer  intarissable sur certains sujets.  Puis j´ai osé l´approcher et poser des questions, sur l´histoire de sa famille, du village, sur le vin…Sur la maladie, qu´il avait combattue avec bravoure et discipline.

             Une façon de rompre la glace…On pourrait dire de l´amadouer !!!De briser la carapace. Et aussi, égoïstement, une façon de m´enrichir sur bien des plans. Quelle fierté quand, pour la première fois j´ai eu droit à une visite de sa cave et que Rémi m´a donné une de ses meilleures  bouteilles pour mon mari ! Cela faisait trop longtemps que nous avions bu le célèbre vin gris du Pol, mon grand-père. Ainsi le spectacle des vendangeurs  dans les vignes du Rémi me rappelait un bonheur passé. J´espère que tes vignes continuerons d´être choyées par Bruno, cher Rémi.

            Je n´ai jamais renoncé à essayer  d´apprivoiser Rémi.  Et même s´il en souriait ou si je l´ énervais ou si même il désapprouvait, je ne le regrette pas. La dernière bise que nous avons échangée à Noel  lors du repas des Anciens restera chaude à mon cœur. Dommage que tu n´aies pas chanté ce jour-là Rémi.  Car il t´arrivait de pousser la chansonnette  à cette occasion. Ta façon de participer à la Fête….

            Voilà une dernière pensée, cher Rémi, pleine de chaleur humaine. Tu vas nous manquer, Rémi, tu vas manquer à ta famille, au quartier haut,  tu vas me manquer. Et longtemps encore je jetterai un regard à ton banc en montant au cimetière.  (Rose-Marie FLICK)

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Maurice RICHARD  

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            Maurice Richard est lui aussi issu d'une vieille famille de Lissey. Il n'a jamais quitté son village natal, si ce n'est pour son service militaire. Profondément attaché à son terroir et à son métier d'agriculteur, plus qu'un métier d'ailleurs, une passion, sa vie fut marquée par un travail acharné à sa ferme, par des  joies, des réussites mais aussi des souffrances. Il perdit, tour à tour, son frère jumeau Roger, décédé accidentellement, puis son frère aîné Jean.

            Père de quatre enfants, Roger, Francis, Michel et Marie-Paule, il a eu la grande douleur de perdre son fils Francis décédé le dernier jour de son service militaire.(22 novembre 1985)

            Il perdit aussi Renée, son épouse, (10 février 2011) qu'il a entouré de toute son affection passant ses après-midi auprès d'elle à la maison de retraite de Dun.

            Malgré toutes ses occupations à la ferme, Maurice a su donner de son temps pour le village en tant que conseiller municipal de 1971 à 1983.

            Il nous laissera le souvenir d'une personne d'une grande gentillesse, tolérante, attentive à ceux qui l'entouraient.

            Nous avons peine à croire que nous ne le verrons plus assis sur son banc, en attendant la boulangère ou échangeant les nouvelles du jour avec les uns et les autres.

            Maurice ne manquait jamais de participer au repas des anciens et ces dernières années au rendez-vous si convivial de la fête des voisins, lui le doyen de "La petite Lissey".

            Au revoir Maurice ! (Brigitte Aubry-Coupard)

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Fernand HENIN

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            Fernand Hénin à passé son enfance à Ecurey, son village natal. Il commença sa vie professionnelle en travaillant à la scierie locale qu'il a quitté assez vite pour gagner la région parisienne et rentrer aux chemins de fer. C'est là-bas qu'il a rencontré Alice qui, elle aussi, avait quitté Lissey pour la banlieue de Paris. C'est à Chelles qu'ils se sont mariés en août 1947 et c'est dans cette région qu'ils ont poursuivi leur route jusqu'à l'heure de la retraite où ils retrouvèrent leurs racines meusiennes en revenant s'installer à Lissey.

            Alice et Fernand étaient les heureux parents de 3 enfants, de 8 petits enfants et 17 arrières petits enfants. Ils ont eu la grande joie en 2012 de fêter leurs noces de palissandre et si heureux d'être entourés de toute leur grande famille.

            Fernand Henin était un passionné de pêche et de jardinage. Son travail à la scierie lui avait-il fait découvrir son don d'artiste ébéniste ? Il était si fier de nous faire admirer, à juste titre d'ailleurs, le chalet miniature, copie fidèle du chalet construit par son fils en Lozère.

            Il était aussi mélomane. C'est ainsi que le soir, il aimait écouter ses musiques préférées. D'un caractère affable, très sociable, toujours souriant quant on le rencontrait. S'intéressant aussi à l'actualité, il avait toujours de bien nombreux sujets de discussion.

            Toujours fidèle à ses devoirs de citoyen et fidèle à toutes les élections. Respectueux du courage des anciens , il était toujours présent au monuments aux Morts, le 11 novembre et le 8 mai.

            Au village, il n'aurait jamais manqué le repas des anciens, présents aussi à toutes les manifestations organisées par le comité des fêtes.

            Monsieur Henin, vous étiez notre doyen, mais un doyen actif, chaleureux, à l'esprit vif malgré votre grand âge. Vous resterez bien présent dans nos pensées et dans nos cœurs.

                                                                                              Brigitte Aubry-Coupard

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Bienvenue à Marie et Pierre

 

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            Un couple de jeunes parents bien sympathiques,  que nous avons la chance d´accueillir à Lissey.

            Ces deux-là se sont connus enfants,  ils s´aiment depuis l´adolescence et au moment de fonder leur foyer ils choisissent une belle opportunité à Lissey. Pierre (qui fut, dans notre école, élève de Madame Blaison), y construit avec passion depuis 2015, de ses propres mains, avec l´aide précieuse  de son père et de son beau-père, une maison à la hauteur de leurs rêves. Ainsi c´est un nid magnifique, au creux de notre paysage,  qu´ils peuvent alors offrir à leur petit Thibaud, un beau bébé, né le 16 juillet 2016.

             Bréhéville est le village témoin de leur rencontre, car Pierre y est né et Marie, originaire de Lille, y passe ses vacances régulièrement, avant que ses parents ne décident de s´y installer définitivement. La maman de Marie est désormais maire au village. Le lien qui unit les jeunes gens devient très vite une forte évidence. Ils n´ont pas encore l´âge de passer leur permis de conduire mais, grâce au train,  ils saisissent chaque occasion de se retrouver. Une chose est sûre : ils veulent absolument terminer  leurs études, Marie en agriculture et Pierre en mécanique,  avant de s´installer ensemble. Ce sera en 2011, à Ecurey.

Ils travaillent maintenant tous deux  à Verdun et entourent leur fils de tout leur amour et de leur attention protectrice.  Dans quelques mois Thibaud pourra jouer avec son cousin germain Hugo, fils de Sébastien et de Charlotte, sœur de Marie. Il suffira aux deux familles de traverser le village.

            Souhaitons de tout cœur à cette petite famille beaucoup de bonheur et de réussite dans notre village.

Sylvie ADNET

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            Saluons la présence dans notre village de madame Sylvie ADNET, compagne fort sympathique de monsieur Dominique COLLET. Souhaitons, à tous deux, bonheur parmi nous et plein succès dans leur vie professionnelle.

 

Petit journal 2015

                                                La vie au village

                La vie au village a été marquée par le départ forcé de la maîtresse et la fermeture de notre école, que nous avions, durant de longues années,  réussi à « sauver », contre vents et marées politiques.

                Voici  les paroles prononcées lors du départ de notre maitresse: Fabienne REINBOLT. Nous avons pu, avec le soutien et la présence  de ses chers élèves et de leurs parents,  lui offrir une belle fête d´adieu et de beaux cadeaux, à la hauteur de son engagement pour nos enfants.

            Aujourd'hui, une page se tourne dans l'histoire de notre village. Une porte se ferme, celle de notre école.

            Nous avons réussi à la sauver bien souvent, cette classe, allant jusqu'à Bar-le-Duc pour plaider notre cause devant l'Inspection académique. Mais cette fois, c'est irrémédiable, l'école de Lissey  rentrera dans le livre des souvenirs.

            Avec la fermeture de notre classe c'est aussi votre départ Mademoiselle.

            C'est au nom de toute la municipalité et celui de toute l'assemblée ici présente que je vous exprime tous les regrets que votre départ va laisser à Lissey et aux alentours.

            Pendant quinze ans, les parents de tous les élèves et moi-même avons pu apprécier toutes vos qualités d'éducatrice. Vous avez  su instruire et éduquer les enfants qui vous étaient confiés. Vous avez également su vous faire estimer et respecter, aussi bien des familles que des enfants.

            Quant ces derniers arrivaient au collège ou comme cette année au CM2 à Damvillers, les élèves de notre secteur étaient appréciés pour leurs connaissances, leur niveau scolaire. Si la lecture était acquise, une seule raison, un bon CP, et c'est à vous que revient ce mérite.

            Le CP, est au regard de tous les enseignants, la base de tout apprentissage et la classe la plus importante du primaire. Vous avez rempli votre tache avec pédagogie, sérieux, assidument, restant bien des soirs à préparer vos cours du lendemain. Tout ceci à la satisfaction de tous.

            Et puis, nous le répétions souvent, ma femme et moi, quelle chance nous avions à Lissey, d'avoir une enseignante telle que vous, travailleuse, compétente, stable, de surcroit, sympathique,  alors que beaucoup, à peine arrivées, peu motivées, ne pensaient qu'à une chose : aller respirer l'air pollué de la ville...

            Aussi méritez-vous les chaleureuses félicitations que nous vous adressons.

            Nous tenons à vous voir emporter un souvenir de notre village. Permettez-nous de vous offrir ce petit cadeau qui vous rappellera les années passées dans cette classe.

            Et que tous nos souhaits de santé, de bonheur vous accompagnent dans votre nouvelle affectation.

Départ de la maîtresse (par Madame FLICK Rose-Marie)

            Merci M. Aubry, merci à tous de me donner la parole. Car quand je suis dans cette cour, quand  je pense à « mon » école, c´est avec tout mon cœur, que je le fais. Je me sens donc profondément concernée. J´ai vraiment vécu ici des années de scolarité très précieuses et je garde le souvenir d´instituteurs et d´institutrices, qui m´ont accompagnée et soutenue dans une période importante de mon enfance si mouvementée. Un maître, une maîtresse sont pour un être en devenir un cadre, une éducation, des sentiments et des souvenirs précieux.   Des années qui marquent une personnalité à tout jamais. Quelle responsabilité ! Une responsabilité pleinement assumée par notre institutrice. Un engagement et une conscience professionnelle exemplaires. Il y a cinq ans, déjà, j´ai écrit tout le bien que nous pensons de vous, chère Fabienne, toute la reconnaissance, que nous vous devons.

            Mais aujourd´hui voici arrivé l´instant tant redouté et que nous ne voulions en fait, ne pas vivre de si tôt. Car vous nous quittez, pire même, vous devez nous quitter. Un scénario catastrophe pour nos enfants, et le village de Lissey en particulier. Nous perdons notre institutrice et notre école. Tout un symbole!

            Nous avions été si heureux de voir arriver dans notre école une jeune institutrice engagée et volontaire, empreinte du désir de mener à bien son sacerdoce. Et puis comble de chance, il s´avéra au fil des années que notre maîtresse, comme nous vous appelons…a servi  sa cause et notre cause au- delà de toute espérance, en choisissant de rester dans sa classe aussi longtemps que possible. Merci, merci d´avoir accompagné nos enfants avec tant de continuité et tant de réussite, et de nous être restée fidèle jusqu´au bout.  Je sais pour l´avoir entendu  que de nombreux parents savent, ce qu´ils vous doivent.  Vous avez aidé bien des élèves à surmonter leurs difficultés, vous avez mis certains petits diables dans les rails, et d´autres «  anciens »passent maintenant brillamment leurs dernières années au lycée. Vous resterez pour nous l´incarnation de l´engagement d´une excellente institutrice et d´une certaine façon une partie de l´âme du village.

            C´est une page importante qui se tourne, pour vous,  et pour nous. Mais portons plutôt nos regards vers l´avenir, vers votre avenir. Vous pouvez partir avec le sentiment du devoir accompli et regarder l´horizon avec la force que vous donne le succès. Gardez dans votre esprit tout le bien, que nous pensons de vous. Gardez surtout dans votre cœur le souvenir de ces petits, qui vous ont été confiés, que vous avez portés si loin et pour lesquels vous resterez une figure marquante de leur chemin futur.

            En ces temps, où il semble parfois difficile d´assumer à fond le rôle de parent, gageons que vous saurez continuer de faire de vos élèves des GRANDS, en leur apprenant non seulement la lecture , l´écriture et le calcul, mais aussi les valeurs essentielles à une vie responsable,  à savoir : le sens des valeurs et de  la morale et la volonté de persévérer, de faire des efforts et de réussir.

            Nous sommes tristes de devoir vous dire au revoir, mais heureux d´avoir eu la chance de vous connaître et de vous apprécier. Nous vous souhaitons de tout cœur un avenir radieux, plein de bonheur personnel et de réussite professionnelle. Nos meilleurs sentiments vous accompagnent et très certainement l´affection de vos élèves. Encore une fois merci pour tout, et félicitation. Je vous embrasse et maintenant parole aux enfants…

                                                    Les décès

                Nous déplorons du fond du cœur les départs de trois  Anciens du village et saluons chaleureusement ceux qui sont à nos côtés et enrichissent de leur présence notre vie à Lissey. Ils sont nos racines et notre ancrage, dans un monde, qui nous fait douter. Félicitations aux enfants, aux familles et aux amis, qui les entourent de leur amour et leur sollicitude.

Monsieur Manuel Marques, décédé le 10 décembre 2014

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                Monsieur Manuel Marquez était bien connu de tous. Une maladie handicapante l´a forcé durant de nombreuses années à vivre au ralenti. Mais il aimait se promener dans le village, accompagné de sa femme, et nous nous étions habitués à le saluer et à lui témoigner notre soutien moral.

Monsieur Marquez a longtemps dû combattre sa maladie. Il est décédé à l´âge de 69 ans, entouré de ses cinq enfants et de sa femme, dont le dévouement fut sans borne.  Tout au long des épreuves, avec un grand courage, Madame Marquez a su soigner et soutenir son mari de façon exemplaire.

 Monsieur Marquez avait quitté le Portugal et travaillé quelques années dans les Vosges avant de venir s´installer définitivement à Lissey,  après une embauche dans l´entreprise Monti. Sa famille l´y rejoint en 1976 et une petite Christine vient  y agrandir le foyer. Et ce sont ses enfants, Adelino, Maria, Alberto, Edouard, Christine, leurs conjoints,  ses 12 petits-enfants et un arrière-petit-fils qui désormais entourent Madame Marquez de leur affection.

Nos pensées les accompagnent.

 

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Madame Elise Mouton, décédée le 19 février 2015

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                Notre chère Élise, bien connue et appréciée de tous, nous a malheureusement quittés et laisse un vide immense dans la vie de son cher mari Auguste, «  le Guth » et celle de ses enfants et petits-enfants.  Nous partageons leur chagrin et la grande tristesse de savoir que nous ne verrons plus son sourire plein de bonté et de compréhension. Elise savait écouter, s´intéresser aux  autres, animer les conversations, raconter, même si elle restait très pudique sur ses propres sentiments. Élise va beaucoup nous manquer. Une enfant du pays part et c´est la mémoire du village qui devient un peu plus orpheline.

            Elise et Rolande sa sœur ont vu le jour à Lissey, au sein du foyer de Geneviève  et « du » Jules Collin, le célèbre cordonnier du pays. De bien belles jeunes filles qui faisaient la fierté de leur village, avec leurs amies et complices Colette Chabot et Nicole Sirot. Les bals étaient alors la grande animation des villes et des campagnes pour les jeunes gens. On dansait au son de l´accordéon et c´est d´ailleurs lors d´un bal costumé dans la salle des Fêtes de Lissey que le futur couple fait connaissance.- L´histoire ne dit pas si André Verchuren ou Yvette Horner, les idoles d´alors, avait fait l´honneur aux organisateurs d´ animer cette soirée mémorable-. Laurence nous confie en revanche que sa maman n´avait pas voulu, quant à elle, se déguiser. Comme quoi Élise n´eut pas besoin d´artifices pour séduire son futur amoureux !

            Après leur mariage dans notre église en 1956, Élise suit son mari dans l´exploitation de Petit-Failly, où elle lui consacrera sa vie avec dévouement, ainsi qu´à ses trois enfants  et aux travaux de la ferme. Des journées et un cœur bien remplis !

            Vient le temps de la retraite et les racines sentimentales d´Élise  attirent le couple dans sa maison natale. C´est là que se poursuivra le bonheur de vivre ensemble et de recevoir les enfants, Denis, Laurence et Daniel avec leurs familles. Comme ces parents aimants sont entourés ! Neuf petits-enfants, Louise, la première arrière-petite-fille. Élise accompagnée de Guth sait les gâter avec tendresse. Elle a tant de talents de mère ! Si sa famille fut sa passion, le jardinage et les fleurs continuent  d´être une de ses occupations favorites. Élise était aussi très engagée au niveau de la paroisse et se sentait responsable de "son" Église Saint-Rémi, témoin  indéfectible de toute une vie.

            Nous étions heureux de voir Guth et Élise saisir chaque occasion de participer à la vie du village. Même après leur départ pour la maison de retraite de Stenay, ils étaient là, pour voter, apparaître aux cérémonies, aux vins d´honneur, enfin pour savourer le repas des Anciens. Leur présence était véritablement un enrichissement  de chaque évènement. Ces derniers temps nous admirions leur combat commun et uni face aux difficultés dues à la vieillesse et à la maladie. Un bel exemple pour tous.

            Souhaitons que Guth, soutenu et entouré comme il l´est par l´ amour et la sollicitude de  ses enfants et petits-enfants, trouve la force de continuer de vivre paisiblement malgré l´absence d´Élise.  À lui et sa famille, tout notre soutien affectueux. Nous garderons un souvenir ému d´Élise.

 

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Monsieur Guy Bridet, décédé le 07 septembre 2011

 

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              Avec Monsieur Bridet c´est un personnage attachant et une ancienne figure du village que nous perdons. Sous des apparences un peu bourrues et un visage pince sans rire il savait nous faire sourire avec ses remarques et ses blagues. Toujours le premier à voter,  il tenait une place bien particulière au village, en compagnie de sa femme Régine, une véritable fille du pays. Ce sont surtout ses compagnons de chasse qui savent témoigner de sa jovialité et de sa bonne humeur. Il a longtemps enrichi de sa présence le monde des chasseurs de Lissey et il semblait s´y épanouir pleinement. Sa fille Irène se rappelle bien le bonheur de son papa d´aller profiter d´un moment véritablement privilégié.

                Il faut croire que Régine, la fille « du » Jules Bon, le bouilleur de cru de Lissey et personnalité bien connue, même au-delà des frontières de Lissey, était aussi une fort belle fille au village, car c´est du « car des ouvriers » en provenance des hauts fourneaux de Longwy que la légende veut que Guy ait « repéré » sa future femme. C´est ce qu´on appelle un coup de foudre ! Après son mariage à Milly sur Bradon en 1954 et deux années passées chez les parents de Guy, le jeune couple s´installe au quartier haut de Lissey. Il aura trois enfants, Christian, Irène et Guy Noel. Fin des années 1970 Régine et Guy feront construire une maison en bout de village. Ils pourront ainsi, en pleine campagne, profiter calmement d´une retraite bien méritée.

Nous partageons le chagrin de sa femme, de ses enfants et petits-enfants.  

Rose-Marie Flick

           Petit journal de 2014

          Nom : Borne Evelyne, Franck et Christine épouse et enfants Elie BORNE "Doudou" né à LISSEY en 1931. Père BORNE Albert, lotois de MILHAC 46300 :7ans sous le drapeau français, 3ans de service militaire et 4 ans de GUERRE en 1914-1918. Sa maman, née à LISSEY, Emilienne ROUYER repliée avec sa mère et sa sœur vers BAR-le-DUC Chaumont, je pense!!! Deux frères morts, Emile en1914, à 23ans et Jules en 1916, à 21ans. Ses deux frères morts, son père prisonnier, elle a 28 ans; elle veut se marier, épouse Albert Borne c'est le fils du maire lke cousin l'Abbé ROUYER dit nous ne pouvons pas prendre de renseignements sur le jeune homme auprès du curé de Milhac c'est le fils du maire donc des gens honnêtes!!! Et l'arrivée d'Emilienne dans le LOT à cette époque c'est une aventure disait-elle comme mon neveux en Afrique en 1959. Merci d'avoir Emile et Jules encore sur votre liste du cimetière. Ils ne sont pas morts encore, puisque nous parlons d'eux. Et la dernière semaine d'Aout 2014, 100 ans après, je parlerai d'eux avec la Rencontre de Francophonie en Querçy-Pèrigord dont le président est le professeur EDMOND JOUVE de le Sorbonne à NADAILLAC-de-Rouge 46350 à coté de Milhac et GOURDON. Soyez des notres, pourquoi pas! Evelyne BORNE Mont Saint Jean 46300 06.74.49.97.88
E-mail : evelyneborne@orange.fr

 

1917 - HISTOIRE de mon grand-père

 

            Fin de l'année 2013, j'ai reçu la visite d'une personne qui refaisait, en hommage à son grand-père, le même circuit que celui-ci avait effectué, il y a près de cent ans (1917) dans notre région. Etant donné qu'il était passé par Lissey, j'aurais aimé avoir plus de détails quant à son périple en tant que prisonnier; malheureusement pour des raisons que je respecte, cette personne n'a pas voulu me donner plus de renseignements.

            Je vous livre, ci-dessous, le contenu de notre correspondance par internet.

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> Message du 30/12/13 19:21
> De : "jF & D Vuillermoz"
> A : georges.aubry-coupard@orange.fr
> Copie à :
Objet : L'histoire de mon Grand Père
  

Monsieur le Maire,

            Un peu tard, il est vrai, je reviens vers vous après mon passage à Lissey fin novembre dernier.
            Je vous avais dit que je vous transmettrais les documents laissés par mon Grand Père lorsqu'il a été fait prisonnier par les Allemands à Verdun  le 4 mars 1917.
 
            Malheureusement, j'ai eu un refus formel de la part de ma famille à communiquer le souvenir de notre aïeul.
 
            Sans trahir des secrets, je peux quand même vous dire que mon grand-père, après sa capture, a été transféré à Gibercy pour un premier interrogatoire.
            Le lendemain, départ pour Louppy pour un second interrogatoire.
            Le 7 mars 1917, il arrive à Lissey :
 
            "A Lissey," écrit-il,  "nous nous arrêtons et sommes emmenés dans un camp où nous retrouvons tous nos camarades de la division, prisonniers le 4 Mars comme nous. Ils sont venus directement ici après avoir été fouillés pour la forme. On leur a laissé en effet la plupart des menus objets qu'ils possédaient : photographies, porte feuilles, articles de fumeur, couteau. Seules les lettres leur ont été retirées.
         Comme nous ils se demandent quelle sera notre prochaine destination.
         Nous mangeons une soupe moins appétissante que celle de Louppy puis nous rentrons dans la grande salle où nous devons passer la nuit. Il y a des bas-flancs sur le pourtour et au milieu mais nous sommes si nombreux que la place dont chacun peut disposer est bien insuffisante.
         Enfin patientons, cette première nuit se passera plus ou moins mal, elle sera suivie d'autres meilleures ou pires. Qui sait ?
         Lentement la nuit s'achève. Je n'ai guère dormi à cause du manque de place, de la chaleur lourde et étouffante qui règne là-dedans et des préoccupations qui m'assaillent. Fatigué et courbaturé, je me lève enfin; une teinte grisâtre a envahi le ciel, les choses enveloppées de brume ont sur la neige des contours imprécis et ouatés. Aussitôt dehors, l'air froid me saisit à tel point qu'il me faut rentrer de nouveau.
>       Mais brusquement la porte s'est ouverte, des soldats boches entrent et crient, chacun se réveille et nous comprenons que 150 hommes doivent se rassembler immédiatement dans la cour pour partir.
>       Convient-il de quitter ce camp de Lissey, je n'ai qu'à suivre machinalement la foule des soldats qui lentement s'écoule vers la porte. Faut-il rester encore ici ? Rien ne serait plus facile que de me glisser en dehors des rangs et d'attendre que les Boches aient rassemblé le nombre d'hommes voulus.

          Si je connaissais la destination de ce détachement la question serait vite réglée mais on ne sait rien. On parle beaucoup de créer des camps de représailles tout près des lignes. Sommes-nous destinés à y aller les uns et les autres. Qui sait; ce petit détachement va peut-être être dirigé sur un camp d'Allemagne.
         Il est trop tard, perplexe sur le parti à prendre j'ai suivi les autres; déjà je suis compté dans les 150 qui vont partir. Nous recevons un morceau de pain et un peu de boisson chaude rappelant très bien le café par sa couleur sans avoir rien de commun avec ce produit.

         Nous partons bientôt encadrés par des dragons, la lance au poing. A peine la porte du camp est-elle franchie que je ressens un serrement de cœur en voyant dans quelle direction s'engage la colonne. Ce n'est pas vers la gare, vers l'Allemagne que l'on nous emmène mais vers le front. Les lieux traversés sont ceux que nous avons vus les jours précédents. Je regrette amèrement de m'être présenté ce matin pour partir. Nous allons sans doute être les premières victimes sur lesquelles les Boches vengeront les prétendus mauvais traitement infligés chez nous à leurs prisonniers.
         Que sera ce régime ? L'appréhension est bien vive.
         Et moi qui tenais à quitter Lissey avant que l'ordre instituant les Camps de représailles fut donné !!.../..."


            Puis, il fut transféré au camp de Flabas jusqu'au 25 avril 1917. Après cette date il sera envoyé dans un camp de prisonnier de la région de Limbourg jusqu'au 7 décembre 1918.
            Voilà donc une partie de son histoire que je vous livre.
            Pour respecter le vœu des miens, je vous demanderai une certaine discrétion dans la divulgation éventuelle de ce témoignage.
            Je vous remercie par avance.
            Courtoises salutations,

                Jean François Vuillermoz

 Le 07/01/2014 18:54, Georges AUBRY COUPARD a écrit :

 Cher monsieur, 

Merci pour votre envoi, c'est très gentil de votre part.

Je comprends parfaitement les motivations, et celles de votre entourage, qui vous poussent à ne pas divulguer la totalité du récit de votre grand-père.

Ce qui m'intéresse: c'est Lissey. Je suis passionné par l'histoire de mon village et la seule évocation de son nom suffit à éveiller ma curiosité.

Je regrette que nous n'ayons pu converser plus longuement;

Comme je vous l'ai montré, je fais un petit journal communal ainsi qu'un site, dans lesquels j'insère ce genre de relations qui intéressent particulièrement les anciens, lesquels ont encore en mémoire les narrations de leurs propres grands-pères. Ce sujet est particulièrement sensible dans notre région.

D'autre part, j'entretien des relations d'"Histoire" avec quelques collègues, des villages environnants, tout aussi passionnés que moi,.

Je compte donc inclure dans le prochain journal (diffusé à 80 exemplaires, y compris les historiens locaux) la partie du récit que vous m'avez communiqué et si vous le permettez, sur le site de Lissey.

Cependant pour en faire une présentation un peu plus développée, pouvez-vous me donner les: prénom, nom, âge  et métier de votre grand-père à cette époque ? Dans son périple, est-il passé dans les villages autour de Lissey tels que Brandeville, Bréhéville, Ecurey, Réville, Damvillers etc...?
Ceci dit, je pense que la salle dans laquelle votre grand-père passa la nuit est notre salle des fêtes actuelle qui était une ancienne salle de classe. D'ailleurs il parle de la cour. Je ne vois pas d'autre grande salle à Lissey.

Si vous avez besoin d'autres renseignements, je suis à votre disposition: éventuellement cartes postales et photos d'époque, cartes, etc...

Je vous renouvelle mes remerciements.

 PS: Si vous décidez de publier le récit de votre grand-père, je vous prie de m'inscrire comme étant l'un des premiers acheteurs...

 Cordialement

Monsieur le Maire,

Merci de votre réponse.

            Je tarde toujours à vous écrire car je suis pris entre deux feux, celui de ma famille qui souhaite garder ces archives pour elle-même et votre intérêt pour l'histoire de votre commune associée au "passage" de mon grand père dans celle-ci en 1917.
            Ce que je peux vous dire tient en peu de choses : nous avons retrouvé dans la maison familiale (celle où j'habite à Lyon, construite par ce Grand père en 1925) un petit manuscrit où mon GP avait raconté son arrestation  par les Boches (le 4 mars 1917) jusqu'au camp de Flabas et se termine par son départ (fin avril 1917) sur Saarbrücken.  De là, il sera envoyé dans un camp de prisonniers de la région de Limbourg et sera rapatrié le 7 décembre 1918.
            Sur Lissey, il ne décrit que ce que je vous ai envoyé et ne cite aucun nom de village environnant à part Damvillers et Gibercy début de son "aventure".
            Vous pouvez livrer à vos administrés ces informations que je vous donne, si vous le jugez utile.
            Par respect pour les miens, permettez moi de taire le nom de mon aïeul. D'ailleurs est ce important ?... Il me semble que le parcours effectué dans le souvenir de son grand père (que je n'ai pas connu) par son petit fils, presque cent ans plus tard, est une belle évocation de sa mémoire. Je vous joins le trajet qu'il a décrit dans son petit manuscrit avec les noms cités, repris par mes soins.
            Si vous décidez de faire un compte rendu de cette histoire dans votre journal communal, merci de m'en faire passer une copie.
            Mon Grand Père est mort en 1936 et était instituteur à Lyon dans le 8°Arrondissement.
            Comme vous l'avez compris, il n'est pas à l'ordre du jour de diffuser ses écrits.
            Je reviens maintenant sur la salle où mon grand père passa sa nuit.
            Un de vos vieux administrés que j'ai rencontré avant vous, m'avait pourtant suggéré que c'était celle de l'école actuelle de Lissey (avec la cour en son dos).
            J'espère Monsieur le Maire avoir répondu en partie à vos interrogations et je vous prie d’accepter mes cordiales salutations,


Jean François Vuillermoz

           Petit journal de 2013

            Il y a quelques années, nous avons revu la dénomination des rues de notre village. En particulier, nous avons appelé, du nom du lieu-dit qui se trouve à proximité et sans en connaître la signification du mot, "Chemin des Jonneselles", celui qui mène chez Mr et Mme Didot.

            Il se trouve que j'ai eu l'occasion de rencontrer Mr Jean Lanher, linguiste et historien lorrain, spécialiste de dialectologie, professeur émérite de l'université de Nancy, bref la personne, on ne peut plus compétente, pour m'éclairer sur le sujet. Je l'ai interrogé sur la signification du mot "jonneselles".

            Celui-ci nous propose l'analyse suivante:

            En patois (car il faut toujours chercher l'origine patoise, sans se fier à la graphie mais plutôt à la phonie), "jonneselle" se décompose en deux mots:

            "jone, jonne": a le sens de jeune, nouveau, ce qui est récent...

            "selle, celle": pourrait avoir le sens de: cellier, cave, lieu construit près de l'ermitage, grange... (D'après Jeantin, on appelait "celles", des petits monastères, de second ordre, parce qu'ils se composaient de deux ou trois cabanes, autour de la cellule d'un ermite. Les chroniques de l'Ardenne et des Woepvres, tome II, p. 177).

            Monsieur Lanher interprète donc le mot "jonneselle" (et sans lui avoir parlé préalablement des lieux-dits "les Ermitages et les Fontaines Dieux" qui se trouvent à environ 200 mètres) comme étant une extension , une nouvelle construction, une cave, une grange dépendant d'un ermitage proche.

            Cette explication me séduit au plus haut point, d'autant plus qu'entre ces lieux-dits se trouve les lieux-dits appelés "le Chauffour" et "les Logettes", le tout formant, à mon sens, un ensemble cohérent, réparti sur 200 mètres, qui aurait été occupé par des moines, ce dont je parle au paragraphe précédent. Il est certain que l'étude étymologique des lieux-dits peut nous permettre de reconstruire l'histoire ancienne de nos localités, en étudiant les chartes, en y réfléchissant, en se rendant sur le terrain et en comparant les termes avec les lieux-dits, cependant c'est une affaire de spécialiste...

            Mais ceci n'est qu'une interprétation et non une certitude.

            Et pour rester dans le domaine du nom des rues de notre village, il me reste à découvrir qui était ce "Jean Adam" qui a également donné son nom à une de nos rues.

 

        Petit journal de 2011

          Le doryphore à Lissey

          Les scientifiques du monde entier s’accordent pour reconnaitre que l’avenir de notre planète se complique singulièrement : réchauffement, d’où fonte des glaciers, montée des océans, le désert qui s’installe là où il y avait de la vie, invasions d’insectes porteurs de maladies tropicales, des criquets dévorant tout sur leur passage, etc. L’angoisse faisait partie de la condition humaine ; avant la science, la punition divine s’abattait régulièrement sur l’humanité : épidémies de toutes sortes, peste, choléra, tremblements de terre, ouragans, inondations, etc. Aujourd’hui, ce sont les hommes que l’on montre du doigt ; ils seraient responsables des malheurs qui nous attendent.

          Dans mon enfance, la famine menaçait la France paraît-il : le responsable ? Ce joli petit insecte qui s’appelle le doryphore !!!!

          Dans les lignes qui vont suivre, je m’efforce de faire appel à mes souvenirs pour bien faire comprendre à quel point était la préoccupation des gens à ce sujet.

          On pourrait  imaginer que le doryphore, ce petit insecte si friand de tiges de pommes de terre, était installé, chez nous, de toute éternité ; eh bien pas du tout !!
           Il a élu domicile dans les années 30. Je crois que les premiers insectes, dans nos plants de pommes de terre, ont été vus à Lissey en 1935-1936. Cette petite bestiole a fait son apparition, en France, après la guerre de 14/18, importée d’Amérique. Signalé dans le sud-ouest, il s’est progressivement disséminé dans tout le pays.

          Considéré comme un fléau, les pouvoirs publics en ont fait une cause nationale. Des syndicats ont été créés dans chaque village, des dépôts d’insecticide et des pulvérisateurs « Vermorel » ont été distribués gratuitement aux habitants.       

          La Dépêche Meusienne du 21 juin 1936: Contre le doryphore : Un syndicat de défense contre le doryphore a été constitué comme suit: MM  BON Jules, président, RICHARD Arthur, vice-président, RICHARD René, secrétaire-trésorier, PIERRE Albert, URBAIN Alcide, COCHARD Céleste, membres.

Une trentaine d’adhésions ont été recueillies jusqu’à présent par le syndicat qui espère prendre une plus large extension dans un proche avenir.

             Les enfants des écoles furent mis à contribution. Un après-midi par semaine, chacun des élèves, muni de sa petite boite partait, en groupe, ratisser les champs de pommes de terre. L’insecticide utilisé, à base d’arsenic exigeait que l’on prenne un maximum de précautions en répandant la bouillie.

          Avec le regard que l’on porte aujourd’hui on pourrait trouver complètement saugrenues toutes ces mesures, mais il faut savoir que la France, autosuffisante en matière alimentaire, était encore à la merci de mauvaises récoltes. On avait encore, dans le passé, le souvenir du mildiou de la pomme de terre qui avait été la cause d’une terrible famine en Irlande, provocant un exode massif aux Etats-Unis.

          Hormis l’alimentation humaine, la pomme de terre était la base même de la nourriture des porcs. Pratiquement dans chaque foyer campagnard on engraissait un ou plusieurs cochons  qui étaient la principale source de protéines animales : matières grasses, lard, saindoux, jambon fumé, saucisse, etc. Chez les cultivateurs on engraissait aussi quelques porcs pour la vente, contribuant ainsi aux revenus de la ferme. Dans celle-ci on y trouvait généralement une chaudière de grande capacité capable de cuire en une seule fois, une « potée » pour plusieurs jours. Comme on le voit, contrairement à notre époque, la consommation de pommes de terre était infiniment plus importante d’où un grand nombre de parcelles plantées en pommes de terre et autres légumes, autour du village ; parcelles désormais, en friches, pour la plupart. Vu l’importance des surfaces utilisées, on comprend mieux l’invasion massive et rapide de l’insecte et l’on sait avec quelle vitesse cette bestiole a tôt fait de transformer une végétation harmonieuse en tiges squelettiques. On peut mieux s’expliquer l’angoisse des villageois de cette époque, mais qui somme toute ont bien maitrisé le problème.

 

                                                                                                                                                                                                                                                        Marc RICHARD

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       JENSE Maarten

          Interview avec mes enfants

          En février 2005 nous avons acheté notre maison à Lissey. Notre fils Mees (‘mésange’ en français) avait deux ans et notre fille Madelief (‘pâquerette’) six mois. Ils ont donc vécu presque toute leur vie en France. C’est à dire une très petite partie de leur vie. La plupart en Hollande naturellement.

 

          -Bonjour Mees et Madelief. Est-ce que je peux vous interviewer sur notre vie à Lissey?

          Mees: Oui, c’est bien.

          Madelief: Non.

          -Pourquoi pas, Madelief?

          Parce que!

          -D’accord……

          Mees,quel est ton tout premier souvenir de Lissey?

          Je suis tombé dans la pièce d’eau chez Gérard. Je buvais la tasse. Jopie m’a sauvé.

          -Oui, c’est vrai! Nous avions une peur bleue. Et après ton second plongeon l’année suivante on a comblé ce truc dangereux.

          Qu’est-ce que tu aimes faire ici?

          Bricoler, lire, faire du vélo, jouer avec ma Nintendo DSI, allumer un feu.

          -Et toi, Madelief?

          …… (silence)

          -Tu dis ‘bricoler’. Il y avait toujours  beaucoup de boulot. Tu aimais ça?

          Pas toujours. Mais j’ai bien aidé papa et pépé avec  la rénovation de la maison. Parce qu’au début c’était un bordel ici.

          -Tu as raison. Et merci pour l’assistance. Tu as toujours envie d’aller en France?

          Non. Quand j’ai un match de foot je veux rester en Hollande.

          -Tu joues au football  à Lissey sur le terrain de foot avec des enfants d’ici?

          Non pas encore. Peut-être l’année prochaine. C’est difficile de parler français.

          -Mais tu parles déjà un peu le français?

          Oui, je connais quelques mots. Je compte en français. Et j’ai acheté du pain à la camionnette du boulanger. Et nous avons un jeu de cartes pour apprendre des mots français.

          -Très bien. Tu as fait beaucoup d’excursions?

          La Citadelle de Montmédy, le Fort de Douaumont, les Vieux Métiers, la Citadelle Souterraine où on traverse des galeries noires sur une sorte de canapé. Et nous allons souvent à Verdun.

          Madelief: J’aime le manège à Verdun.

          -Madelief, tu parles!

         Et le grand jet d’eau! Et j’ai cueilli beaucoup de fleurs avec ma copine Kris.

          Mees: Cet été nous avons fait une grande promenade dans la forêt. J’ai trouvé beaucoup de belles pierres. À la maison je les ai cassées avec  un  marteau pour voir s’il y avait des cristaux ou des fossiles dedans.

          -Et les brocantes. Vous aimez les brocantes?

          Madelief: Oui, j’ai acheté beaucoup de peluches. Et parfois ils me les donnent pour rien.

          Mees: Cette année j’ai fait la brocante à Lissey.  J’ai vendu beaucoup de choses. Même un vélo. Le soir j’étais riche! Et à la brocante de Réville au Bois j’ai acheté un skate-board. Et je cherche toujours des cartes Pokémon.

          -Vous aimez la cuisine française? Quel est ton ‘plat-préféré’?

          Mees: Le sandwich américain à Verdun. Une baguette avec de la viande et des frites.

          Madelief: J’aime la mousse au chocolat avec de la crème chantilly. Et les marshmallows sur le barbecue.

          -Vous aimez tout?

          Mees: Non, je n’aime pas les fromages qui sentent mauvais.

          Madelief: J’aime tout. Et j’aime préparer des amuse-gueules avec maman.

          -Il y a une différence entre vivre en France et en Hollande?

          Mees: Ici il y a beaucoup plus de bois. Pour le poêle. En Hollande nous avons le chauffage central.

          -Est-ce que vous voudriez vivre en France?

          Mees et Madelief: Non.

          -Pourquoi pas?

          Parce que nos copains et copines habitent en Hollande.

          -Ah bon. Alors c’est une bonne idée d’inviter vos copains et copines à passer leurs vacances ici chez nous à Lissey?

          -Oui !

 

          Merci pour l’interview.

 

          Et nos meilleurs vœux à tous! 

                                                                                                                                             JENSE Maarten

 

 

 

          La Dépêche Meusienne du 29 novembre 1931

             Notre excellent confrère : « Le Progrès Lorrain » nous conte l’amusante histoire que voici :

           LISSEY : Les beaux chevreuils !

           Il était une fois…. Un pêcheur d’ECUREY, M. Théophile NICOLAS qui était venu prendre quelques brochets dans la Thinte, et pour cela il était armé d’une gaule solide et de tout un attirail…

          Il y avait aussi, non loin de cet endroit, un chasseur de LISSEY, M. Jules BON qui armé d’un excellent fusil – n’a-t-il pas tiré un jour un superbe sanglier ? – se promenait par la plaine.

          Tous deux paraissaient fort préoccupés.

          M. Théophile NICOLAS, tout en regardant son bouchon, entendit à quelques mètres de lui, dans l’eau, un grand vacarme et convaincu que seul un brochet d’une très grande taille pouvait produire un bruit pareil, se mit sur ses gardes et s’apprêta à « ferrer ». Il était naturellement très ému.

          Regardant de côté, sans bouger toutefois, de peur d’effrayer le brochet gigantesque qui paraissait s’approcher de sa ligne. M. NICOLAS eut bientôt une émotion encore plus forte. Sur l’eau, il aperçut deux têtes qui s’avançaient. C’étaient deux chevreuils, lesquels essayaient, en vain, de monter sur la berge.

          Même avec une bonne gaule, il est difficile de s’emparer de chevreuils, quoique la Thinte , à cet endroit n’a pas plus de trois mètres de largeur et M. NICOLAS appela à l’aide, le nemrod qu’il avait aperçu.

          Bonne aubaine, dit M. BON ! Il y en a un pour vous et un pour moi. Lequel voulez-vous, le chevreuil ou la chevrette ? Moi, je prendrai le mâle car il a de belles cornes et puisque c’est moi le tueur, il est juste que j’obtienne une récompense.

          Soit, dit le pêcheur ! mais au lieu de discuter, il faudrait d’abord le tuer. Tirez donc, on verra après !

          M. BON met deux cartouches de gros plombs dans son fusil et tire les pauvres bêtes à trois mètres. Pan, pan !

          Elles sont touchées mortellement en plein ventre, l’hémorragie va se produire et dans deux minutes nous les retirerons de l’eau, déclare l’heureux chasseur. La chevrette n’en peut déjà plus, elle coule…

          Mais non, proteste le pêcheur, ce n’est pas la chèvre qui coule, c’est l’eau… Remettez encore deux cartouches !

          M. BON tire encore deux cartouches. Mais cette fois les chevreuils en ont assez, pas de plombs… mais des jambes.

          Au lieu d’essayer inutilement de remonter cette berge abrupte qui a été sur le point de causer leur mort, ils changent d’avis et en cinq sec prennent la direction des bois voisins…

          Quelle alerte ! Quelle alerte… !

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Tableau de chasse à Lissey vers 1934

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          La Dépêche Meusienne du 24 septembre 1933

          LISSEY. - Le squelette du pendu

          Le Parquet de Montmédy a été informé lundi dernier d'une macabre découverte.

          Voici les faits:

          Dimanche , 17 septembre, la Société de chasse des bois de Lissey faisait l'ouverture et quelques chasseurs passaient sous le couvert.

          Qu'elle ne fut pas la surprise de l'un d'eux, M. François LENOIR, de se trouver soudainement en présence d'un tas d'ossements humains et de vêtements épars. Au bout d'une branche, à environ 1m. 80 du sol restaient accrochées une corde et trois vertèbres.

          M. François LENOIR avisa de sa macabre découverte le garde qui assistait à la battue et prévint aussitôt le maire de Lissey, ainsi que les gendarmes.

          Ces derniers vinrent sur les lieux faire leur enquête en vue de retrouver si possible l'état-civil du pendu.

          Il s'agit d'un italien disparu depuis quinze mois de l'entreprise où il travaillait.

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          Guide pratiquedes villes d'eau, stations thermales et balnéaires des ....(paru  en 1905)

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          Fontaines du bois des aulnes: source minéralisée par un peroxyde de fer hydraté qui dépose sur les herbes et sur les pierres. Température + 8°1/2 (Dictionnaire topograhique de la France, département de la Meuse).

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         Petit journal de 2010 

          La Fête-Dieu à Lissey ou le temps des reposoirs

 

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          Parmi les manifestations religieuses du passé, les processions figuraient parmi les plus importantes, hormis les Rogations que j’ai relatées dans un précédent numéro du Petit Journal. Il en était trois qui marquaient la vie religieuse du village : la Fête-Dieu était sans conteste la plus solennelle. Elle avait lieu un dimanche de la première quinzaine de juin. Elle symbolisait la sortie du Christ de son église dans laquelle il demeurait en permanence sous la forme de l’hostie consacrée.

          Au terme de la messe, le matin, ou des vêpres, l’après-midi, un cortège de fidèles formait une procession. Prenait place, sous le dais, le prêtre portant devant lui l’ostensoir du Saint-Sacrement, accompagné de trois enfants de chœur, l’un portant la croix en tête du cortège, un second portait l’étui contenant le linge sacré sur lequel le prêtre posait le Saint-Sacrement, enfin le troisième muni d’une clochette qu’il agitait lors de la bénédiction. Le dais était porté par quatre hommes du village sensés être des plus honorables.

          Charles Richard, dont madame Flick retrace la vie un peu plus loin, entonnait alors le Tantum Ergo, repris par la foule, et la procession s’ébranlait en direction des différents reposoirs. Ceux-ci variaient en nombre selon l’importance des villages. En ce qui concerne Lissey, on en dressait généralement deux, l’un sur les escaliers de la mairie pour le quartier bas, l’autre au terme de la rue de la Terre Jacques, pour le quartier haut. Toutefois, j’ai le souvenir d’un troisième reposoir, avec animation humaine, représentant des épisodes de la vie religieuse dont Bernadette agenouillée devant l’apparition de la Vierge à la grotte de Lourdes, sainte Thérèse de l’enfant Jésus, Jeanne d’Arc sur le bûcher. L’animatrice en la personne d’une fillette avait la particularité de rester très longtemps parfaitement immobile. En l’occurrence, il s’agissait de Irène Chabot, sœur de Claude Chabot Les instances religieuses mirent fin à ces représentations au bout de quelques années.

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            Ce reposoir était dressé contre le garage de monsieur Doyen, anciennement de monsieur Génin. Les dames et les jeunes filles s’affairaient à leur réalisation tandis que les hommes valides allaient en forêt couper des rameaux, généralement de hêtre, appelés « mais ». Ces reposoirs étaient constitués d’une table recouverte de draperies décorées selon l’imagination de chacune de ces dames, tandis que les hommes dressaient les « mais » autour, donnant le plus bel effet à l’ensemble renforcé encore par de nombreux vases de fleurs. Ces autels éphémères étaient démontés, pour laisser place nette dès la fin de la cérémonie. Tout cela se passait dans la gaieté et la bonne humeur.

          Revenons à la procession proprement dite. Arrivé au reposoir, le prêtre, après avoir pris le linge sacré qu’il étendait sur l’autel, posait le Saint-Sacrement l’exposant ainsi à la vue des fidèles.

          A ce sujet, je voudrais ici ouvrir une parenthèse. J’ai le souvenir d’une année où le jeune servant portant l’étui contenant le linge dans lequel le prêtre le prenait lui-même, peut-être dans le souci de raccourcir l’opération l’enfant tendit lui-même l’objet sacré au prêtre. C’est alors que les foudres du ciel s’abattirent sur l’ enfant de chœur : « Malheureux, vous venez de commettre un sacrilège ! » lui dit le curé, le foudroyant du regard. Le pauvre garçon lançant des regards affolés à l’entour ne rencontra que des visages fermés et des yeux baissés ; même des femmes dans l’assemblée se signaient, c’est dire la rigueur et la sévérité de la religion à cette époque.

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          Après différents chants et psaumes, le curé donnait la bénédiction tandis que l’enfant de chœur agitait la clochette ; plusieurs fillettes jetaient sur le sol des pétales de fleurs qu’elles tiraient d’une corbeille suspendue autour du cou. Le prêtre regagnait ainsi le dais sur un parterre parsemé de fleurs et la procession reprenait jusqu’au prochain reposoir. Le dimanche suivant, on  dressait de nouveau un reposoir, cette fois à la gloire du Sacré-Cœur, avec le Christ lui-même en effigie. Le rituel restait sensiblement identique au dimanche précédent. Enfin la troisième procession avait lieu cette fois en l’honneur de la Vierge Marie, le 15 août uniquement après les vêpres. La statue de la Vierge portée sur les épaules de deux jeunes filles, la procession parcourait les rues du village. A un endroit, on installait une simple table décorée de fleurs sur laquelle la statue était déposée quelques instants. Tout au long du parcours, la foule chantait des cantiques à la gloire de Marie. Il est intéressant de remarquer que par la tradition viticole de notre village on suspendait une grappe de raisin qui commençait à rougir à une main de la statue.

          Epoque déjà lointaine, que les moins de cinquante ans n’ont pas connue, où la religiosité était forte. Ces cérémonies qui étaient empreintes de ferveur restaient néanmoins hautes en couleurs. Je veux parler des reposoirs qui rivalisaient en originalité créant ainsi une saine émulation.

                                                                                                                                                                                                                                                                            Marc RICHARD

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        Petit journal de 2006

          Les calvaires de Lissey


          Lissey possède trois calvaires sur son territoire.
          Pour deux d'entre eux ,les Croix blanches, dénommées ainsi pour leur couleur, celles-ci sont taillées dans des blocs de pierre calcaire.
          La Croix blanche de la côte, dénommée aussi croix du chemin de Bréhéville, sur l'ancien cadastre, se trouve aujourd'hui au milieu des broussailles; située au dessus du village, elle bordait le sentier qui jadis, comme son nom l'indique, menait à Bréhéville. Ce chemin permettait d'accéder, plus rapidement, à pied, à ce village, mais ne permettait pas le passage des véhicules. Elle se présente comme un bloc de pierre taillée en forme d'autel surmontée d'une croix en fer disparue actuellement.
          La Croix blanche d'en bas, dénommée croix PIGET, sur l'ancien cadastre, se trouve à quelques centaines de mètres du village, au bord du chemin dit de Bréhéville (cadastré sous ce nom). C'était l'ancienne voie, empruntée par les véhicules, qui menait de Lissey à Bréhéville Elle se présente également sous la forme d'un autel surmonté d'un socle lui-même supportant une croix en fer, récupérée sur une tombe abandonnée du cimetière, vers 1950. L'originale était en fonte, cassée en plusieurs morceaux, disparue depuis. Détail particulier, la vierge figurait en buste dans une sorte de médaillon, au centre de la croix, à la place du Christ. Le culte de la vierge s'étant développé surtout au 19ème siècle, on peut se douter qu'elle ne fut certainement pas l'originale. Sur le socle sont gravées, une date: 1778, puis l'inscription suivante " VS QUI PASSEZ PAR LE CHEMIN ARRETEZ VOUS YCY VOIEZ SYL Y A DOULEUR DANS LE MONDE" symbolisant ainsi la fragilité humaine par la présence de ces monuments. Dans ma petite enfance, ils servaient aussi de but aux processions des rogations lesquelles avaient pour objet la bénédiction par le prêtre des récoltes à venir. Une autre date figure également, en haut à droite, sur ce calvaire: 1591, ce qui pourrait signifier et confirmer que celui-ci a été remanié plusieurs fois.
          Est-il besoin de décrire la troisième "la Croix verte", nommée ainsi pour la couleur du bois de la croix. Sa silhouette familière, abritée par l'orme quadricentenaire (orme de Sully, dit-on), à l'entrée du village est beaucoup plus récente que les deux précédentes. Il est a remarquer que le Christ est en bois sculpté. Celui-ci a été restauré, en 1987, par Maurice AUBRY, ébéniste à Ecurey (remplacement des bras) et la municipalité a fait installer un auvent de protection la même année.
          De même que dans notre enfance, on nous avait appris la politesse en saluant toutes personnes rencontrées, il était également de bon ton de se signer en passant devant ces calvaires.

Marc RICHARD

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          Petit journal de 2005

          Les Rogations


          Pratique religieuse du passé qui se manifestait par des processions durant les trois jours précédant l'Ascension, implorant Dieu, lui demandant la protection des récoltes.
          Une cohorte de fidèles parcourait un itinéraire, par chemins et sentiers, précédée du prêtre, accompagné de deux servants, l'un portant la croix, l'autre le bénitier, psalmodiant des versets en latins, les fidèles répondant invariablement " De roganus audino" .
Le terme était un calvaire, petit monument érigé au bord d'un chemin.
          Chaque village en possédait au moins un. A Lissey, trois calvaires sont encore visibles dont deux érigés au XVIIIème siècle, le troisième ( la croix verte) plus récemment. Pour les deux premiers, l'un se trouve au bord du chemin "sous la ville", l'autre au beau milieu des friches de la côte, derrière le village, bordait le sentier qui jadis menait à Bréhéville. Les deux croix blanches, c'est ainsi qu'elles étaient dénommées étaient le but des processions, l'une ou l'autre selon les années.
          Dans mon très jeune âge, je me souviens qu'elles avaient lieu après la petite messe du matin. Parmi les prières, j'ai retenu celles que ma grand-mère récitait dans sa jeunesse: "Seigneur, protégez mes champs et mes vignes ainsi que ma cameline ( c'était une plante dont on tirait l'huile qui servait à l'éclairage, l'industrie pétrolière n'en était encore qu'à ses balbutiements)".
          Ces manifestations qui aujourd'hui apparaissent comme du sympathique folklore, montrent à quel point la population rurale était soumise aux aléas de la nature. Une mauvaise récolte et c'était l'existence même qui pouvait être menacée. D'ailleurs le mot "disette" souvent entendu dans la bouche de nos anciens a pratiquement disparu, aujourd'hui, du vocabulaire. Ainsi, certaines années, en particulier en 1893, les enfants quittèrent l'école pour garder les vaches dans les forêts, les terres fertiles étant devenues arides par suite de l'extrême sécheresse.
          Chaque journée des trois jours pendant lesquelles avaient lieu les Rogations, était consacrée à un type particulier de culture: le premier jour était consacré aux prés (fenaison), le deuxième au champs (moisson), le troisième aux vignes (vendange). Le but était évidemment de garantir, par des prières adéquates, la prospérité de la communauté villageoise en immunisant ses diverses productions contre l'attaque des forces obscures. C'est pourquoi, il importait aux paysans de disposer des croix aux endroits stratégiques, certes au bord des chemins, mais donnant aussi sur les prés et les cultures.

                                                                                                                                                                            Marc RICHARD

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          Petit journal de 2004

          L'œuvre de la Sainte Enfance

 

          Parmi les traditions du passé, je voudrais évoquer aujourd'hui, une cérémonie religieuse qui est complètement oubliée à l'heure qu'il est et dont les plus anciens  d'entre nous ont été à la fois les témoins et les acteurs: il s'agit de la " Sainte Enfance ". De quoi s'agissait-il ? Tout simplement  du baptême par correspondance de petits "païens"… en l'occurrence, de petits chinois, à Lissey.

          Une fois par an , le dimanche de la "Sainte Enfance" se déroulait de la façon suivante:

          De la mairie où tout le monde était rassemblé, le prêtre menait la procession vers l'église.

          On avait distribué préalablement des oriflammes multicolores à chaque enfant ( l'âge variait de 7 ans (l'âge de raison ) à 13 ans ), on chantait des cantiques et tout cela donnait un caractère folklorique à l'ensemble.

          La messe était célébrée à l'intention des missions. C'était le temps où être missionnaire, soit en Afrique, soit en Chine était une aventure humaine extraordinaire pour bon nombre de jeunes prêtres qui choisissaient cet apostolat: convertir les masses, dites " païennes "… à la foi chrétienne, était un idéal suprême. Aujourd'hui les mentalités ont évolué vers un libéralisme respectant davantage les religions ou philosophies, abandonnant du même coup une forme de totalitarisme religieux.

          La célébration se poursuivait l'après-midi par les vêpres, toujours avec une grande solennité. Le grand moment tant attendu arrivait enfin avec le tirage au sort des parrains et marraines. Le nom de chaque enfant était inscrit sur un billet qu'une main innocente tirait dans deux corbeilles, une pour le parrain, une autre pour la marraine. Monsieur le curé révélait les noms de chaque parrain et marraine d'un petit chinois que, naturellement, ils ne connaîtraient jamais.

          Chacun d'entre nous, parmi les anciens, avons été au moins une fois, dans notre enfance, tirés au sort.

          La pratique de ce "baptême tombola", aussi curieuse qu'elle puisse paraître aujourd'hui, était tout à fait naturelle à l'époque. Abandonnée avec la guerre de 1940, elle est tombée désormais dans l'oubli le plus total.

          Voici le refrain du cantique chanté, ce jour là:

 

Vive la Sainte Enfance

Ici et en tous lieux

Pour la Chine et la France

C'est un présent des cieux 

                                                                                                                                                                                                                     Marc RICHARD

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