E. BASTIEN-LEPAGE

 

 

Un village en Lorraine (Lissey)

Tableau d’Emile Bastien-Lepage (1854-1938)

 

 

(Exposé en 1891 au Salon du Champ de Mars à Paris)

 

 

          En flânant sur internet, mais toujours à la recherche de renseignements sur notre village, je suis tombé sur un site consacré au patrimoine des communes et en particulier sur celui de Lissey. Et là surprise, un tableau, représentant une rue de notre village, peint par Emile Bastien-Lepage, y apparaissait. Dans un premier temps, j’imaginai qu’il provenait du célèbre peintre damvillois Jules Bastien-Lepage, pensant qu’Emile, que je ne connaissais pas, était son deuxième prénom. Après recherches, il fallut me rendre à l’évidence, il s’agissait bien d’Emile, beaucoup moins connu, en tant que peintre, que, Jules, son illustre frère. D’où ma déception….

          Néanmoins, on se console comme on peut, ce tableau reste la plus ancienne vue de Lissey, connue à ce jour.

 

 

      Emile peint par son frère Jules Bastien-Lepage

 

          Emile Bastien-Lepage est un architecte originaire de Damvillers, fils de Claude Bastien et d’Adèle Lepage. Il a suivi l’enseignement de l’Ecole des Beaux Arts de Paris, puis a principalement exercé en région parisienne où il résidait. Frère et élève du peintre Jules Bastien-Lepage, il a participé à de nombreux salons artistiques, dans les années 1880-1890 et de 1910 à 1933, dans la catégorie peinture. Il obtint d’ailleurs une mention honorable au Salon de 1889. Il obtint la Légion d’Honneur le 31 juillet 1934.

          En complément de son activité d’architecte, il devient décorateur de ses propres réalisations, en particulier pour la villa de Maurice Fenaille, riche industriel et grand mécène de son temps, à Neuilly-sur-Seine. Il est également l’auteur du tombeau de Marie Bashkirtseff, célèbre femme peintre. Il réalisa les plans du nouveau collège de Verdun, dont il avait été l’élève, du monument funèbre élevé près du cimetière de Damvillers. L’une et l’autre de ses œuvres sont présentes dans le fonds Bastien-Lepage, constitué exclusivement de documents iconographiques.

           Bienfaiteur de Damvillers, il combla de ses dons son village, après la guerre

           Il avait conservé à Damvillers, l’atelier de son frère et en avait fait un sanctuaire artistique et en faisait les honneurs à ses visiteurs.

          L’invasion passa par là, et les Allemands ne manquèrent pas de dépouiller ce petit musée.

          Parmi ses œuvres (plus d'une ciquantaine)  on peut citer : « Verger en Lorraine », « La Veillée », « Un village en Lorraine », « Pommiers », « Une rue à Damvillers », « La vallée de la Thinte », « Village de Flabas », « Le Gué », « Chemin de la prairie », etc.

          En 1914, voici en quels termes le critique d’art de l’Est Républicain apprécie le talent du peintre : M. Bastien-Lepage exprime la Lorraine avec la double exactitude physique et morale, soit qu’il nous conduise à l’entrée d’un de nos villages aux maisons basses coiffées de chaperons de tuiles rouges groupées autour d’un modeste clocher qui les dépasse à peine ; soit qu’il étale comme un tapis la vaste prairie qui s’étend jusqu’à l’horizon onduleux dans la paix d’une heureuse solitude, sous l’infini d’un ciel aux nuages blancs ; soit qu’il dresse les saules dans les prés, tantôt en rideau, le long d’un ruisseau caché dont ils indiquent le cours, tantôt en bouquets disséminés çà et là. Il rend aussi le charme décoratif des pommiers aux printemps. Une branche traversant la toile déploie sa blancheur fleurie au-dessus de l’idylle candide de deux enfants échangeant des fleurs.

          (Ces renseignements m'ont été fournis par M. BOIZET René, de Damvillers, qui possède une documentation remarquable sur Jules et Emile Bastien-Lepage).

 

Le mendiant

          Le tableau ci-dessus est l'oeuvre de Jules Bastien-Lepage. D'après Marc Richard, qui le tient de son grand-père, le personnage qui servit de modèle, "le Bastinot", serait originaire de Lissey.

Commentaires (1)

1. MAILIER 01/11/2013

Ma tante : Mademoiselle Berthe Mailier, qui a bien connu Emile Bastien-Lepage et sa femme, disait que Emile Bastien-Lepage qui avait autant de talent que son frère, n'avait pas voulu le concurrencer et s'était contenté de réaliser de petites œuvres. Chaque année il faisait une petite exposition et vendait ces "tableautins" pour financer en partie ses bonnes œuvres, notamment des dons à certains musées.

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