Général Pol DUPUY

 

Un enfant du pays
Le Général Robert-Pol DUPUY
par Rose-Marie FLICK, sa petite fille

 

 

 

          Deux enfants du pays sont devenus de grandes figures de notre patrimoine, inspirant le respect et la fierté et qui donnèrent leur nom, l'un à une place, l'autre à une rue du village. Tous deux ont, chacun à sa façon, humainement, historiquement et culturellement marqué leur temps et ancré leur empreinte dans nos mémoires et dans l'Histoire.

          L'an dernier nous avions ravivé les souvenirs de ceux qui l'on connu et présenté aux plus jeunes: l' abbé Jean ROUYER.

          Cette année, nous voulons consacrer cet article à celui, resté si simple, qu'on appelait ici "le Pol", ou l'oncle Pol et plus loin "le Général".

          L'abbé et le Pol aimaient se promener dans les vergers de notre village et y refaire le monde à leur idée. Beaucoup se rappellent leurs silhouettes: celle de l'abbé Jean, enveloppée sous une grande cape noire, le dos voûté, un béret vissé sur la tête, celle du "Pol", impressionnante malgré sa petite taille, marquée surtout par un visage et un regard inoubliable et tant de fois caricaturé par les services de ses collègues de la Gendarmerie; un long nez chaussé de grosses lunettes en écaille, cachant un regard perçant de grande humanité et un sourire complice malgré l'éternel "boyard-papier-maïs" qui lui pendait aux lèvres...

          Nés à Lissey, ils y avaient leurs racines. En toute simplicité...

          Et pourtant ! Que de chemin parcouru par ces deux grandes personnalités !

          Voici donc le parcours du Général Pol Dupuy, depuis sa naissance dans une famille modeste de Lissey, en passant par une longue carrière de services rendus au Pays au sein de la Gendarmerie Nationale, en tant que résistant et combattant, pour ensuite être appelé par le Général de Gaulle, au Palais de l'Elysée, pour qu'il puisse y mettre en oeuvre son dévouement à la Patrie, son intelligence et des talents humains de meneur d'hommes, qualités auxquelles l'Homme du 18 juin était particulièrement sensible.

          (Voir plus loin le discours d'Adieu du Général de Gaulle).

 

 

                                   
Les parents du général DUPUY                                     La maison du Général DUPUY

 

          La maison des Dupuy se situait rue du Général Pol Dupuy.

          Le père "Natol" était cordonnier, sa maman Rosalie et sa soeur Blanche étaient les deux femmes de la famille.

          C'est là, que Pol vit le jour le 22 octobre 1903 et c'est là qu'il vécu sa retraite, au coté de sa femme, Léa. Il repose dans notre cimetière depuis le 8 avril 1973.

          Voici tout d'abord un article rendant hommage au Général et retraçant sa longue et incroyable carrière. Il est signé du gendarme Bertin, Ministère de la Défence, le Ier septembre 1996.

 

          Lissey... un petit village de la Meuse à une trentaine de kilomètres au nord de Verdun; un petit bourg paisible où est né le 22 octobre 1903, Robert-Pol Dupuy.

          C'est dans le calme de la campagne meusienne, où le cimetière semble s'accrocher au flanc du coteau, que repose depuis le 08 avril 1973 notre Général.

          Mais qui étai-il ce Robert-Pol Dupuy, dont la simplicité était restée proverbiale ?

          Sa carrière fut particulièrement digne d'éloges et méritante, et les brillants états de service, les campagnes, les grades successifs, les fonctions assumées constituent un exemple permanent qui mérite pleinement d'être rappelé.

          Son seul diplome est le certificat d'études primaires, décroché à l'école communale de son village natal.

          C'est en effet comme jeune appelé de la classe 1923, au 171ème Régiment d'infanterie, que ce fils d'artisan  est entré au service national.

          Il s'engage à Metz dans les chasseurs à pied, au 8éme B.C.P. où très rapidement il gagne le chevron de Sergent.

          Admis sur concours à l'Ecole Militaire de l'Infanterie et des Chars de Combat à SAINT-MAIXENT, il en sort Sous-Lieutenant en 1929.

          Incorporé en 1931 à l'Ecole d'Application de la Gendarmerie de VERSAILLES, le Lieutenant Dupuy est ensuite affecté comme commandant de peloton à la septième Légion de Garde Républicaine Mobile (Reims - 03 groupes - 09 compagnies), où il reste à la tête de la septième compagnie de BRIEY après sa promotion au grade de Capitaine le 25 mars 1937.

          La guerre éclate, très affecté par la défaite, il se replie sur la région parisienne avec son unité au fort de MONTROUGE et fait tout pour maintenir le moral de ses hommes.

          Le premier novembre 1940, il est affecté aux forces de Gendarmerie de Seine-et-Oise à SATORY, où il commande successivement le septième puis le premier groupe.

          Le premier janvier 1941, la Garde Républicaine Mobile est dissoute en zone occupée et le Capitaine est affecté au commandement des réserves de la Gendarmerie au camp de SATORY.

          Au cours de l'année 1941, des tentatives pour quitter la France échouent. Il ne rejoindra pas le Général de GAULLE à LONDRES. Le Capitaine décide alors de travailler sur place et de noyauter la Gendarmerie de la région parisienne. A SATORY, il est à la tête d'un réseau de résistance. Ils travailleront su l'Ouest et le Sud de la capitale.

          Début 1943, il s'affilie à l'O.C.M.. Une impulsion nouvelle en résulte et son action dans la résistance s'élargit. Le 23 juillet 1943, il refuse une mutation, le commandement de la compagnie de Gendarmerie de SARLAT en Dordogne. Cette activité ne se fait pas impunément. Convoqué au bureau du Colonel à une réunion d'Officiers le 27 juillet 1943, il est désarmé et conduit à VICHY. Là il est interrogé sur ses activités mais il reste muet. Il va bénéficier de la compréhension de l'un de ses camarades de promotion. Il fait alors l'objet, et ceci sans jugement, d'un internement administratif au grand Hôtel d'EVAUX-LES-BAINS.

          Le 23 août 1943, le Capitaine DUPUY prie son beau-frère, Marcel KIRCHER, qui est réfugié dans la région de TOULOUSE, de lui rendre visite d'urgence, ce que ce dernier fait dans les quarante-huit heures. De l'entretien qui en résulte et auquel participent deux autres prisonniers, le Colonel NOËTINGER et le docteur MARTIN, il en ressort que tout va être mis en oeuvre par Monsieur KIRCHER pour provoquer une évasion de diverses personnalités dont, sur le plan militaire:

          2  Généraux

          4  Colonels

          2  Capitaines

          1  Lieutenant

          Monsieur KIRCHER va alors entreprendre de longues et dangereuses démarches qui le méneront de TOULOUSE à SATORY en passant par EVAUX-LES-BAINS et LIMOGES, et ceci jusqu'au 07 novembre 1943, date fixée pour l'attaque du Grand Hôtel.

          L'équipe prévue pour cette attaque se composait de 40 hommes ainsi répartis:

          - 22 hommes de la résistance de LIMOGES;

          - 13 hommes de la fameusec équipePELISSIER et TAILLANDIER de TOULOUSE

          - 05 Gendarmes de SATORY dont:

                                                le Lieutenant FOURNIE,

                                                le Chef BERTOUX,

                                                le Chef LANSEMANT Georges,

                                                le gendarme POIX Armand,

                                                et le gendarme MARROUX Francis

          Au jour dit, l'équipe de TOULOUSE, les gendarmes de SATORY et Monsieur KIRCHER se retrouvent dans une ferme située à cinquante kilomètres d'EVAUX-LES-BAINS. Malheureusement l'équipe de LIMOGES, qui a été décimée la veille dans une embuscade, manque à l'appel. Tout le monde est tout de même d'accord pour intervenir mais au dernier moment la voiture des gendarmes tombe en panne. Devant un effectif par trop réduit tout est alors remis en question.

          Monsieur KIRCHER reprend alors son bâton de pélerin en vue d'une nouvelle intervention. Mais une telle entreprise ne se fait pas sans qu'il y ait des fuites. Ainsi soupçonné de tentative d'évasion, le Capitaine DUPUY fait l'objet d'une mutation au camp de NEXON le 04 juin 1944. Il a cependant le temps de passer ses consignes à ses amis et de leur indiquer l'endroit où sont cachées les armes que Monsieur KIRCHER a rentrées clandestinement dans l'Hôtel (dix revolvers et une mitraillzette). C'est grâce à cet armement que les prisonniers d'EVAUX pourront se libérer eux-mêmes 08 juin 1944 sans un seul coup de feu.

        A NEXON, sachantque le mercredi suivant il doit être escorté à la gare pour être livré au Allemands, le Capitaie DUPUY met tout en oeuvre pour tenter d'urgence une évasion et ceci avec la complicité tacite des gendarmes qui assurent en partie la garde du camp et l'appui d'internés très motivéspuisque membres de la Résistance et même de la Police. Après de sérieuses difficultées qui finissent par être surmontées, les prisonniers réussissent à désarmer plusieurs gardiens, à s'emparer d'armes à feu, à faire ouvrir le portail et à prendre la large sans le moindre coupde feu le 10 juin 1944.

        Après avoir erré et souffert plusieurs jours à la recherche du maquis, le Capitaine et onze de ses camarades entrent en rapport avec le maquis Franc Tireurs Partisans à SAINT-PIERRE-DE-FRUGIE (Dordogne). Soupçonnés d'être des traitres, ils sont interrogés. En définitive l'un des responsables préfère les remettre à un maquis A.S. à SAINT-SAUD-LACOUSSIERE (Dordogne). Là aussi on est sur la défensive à leur égard mais le Capitaine a la chance de se trouver en présence d'un gendarme qui lui apprend la présence, à une centaine de mètres, de gendarmes du camp de SATORY. Il se rendsur les lieux et apprend qu'ils ont pris le maquis à NONTRON (Dordogne) le 07 juin 1944.

        Le lendemain l Capitaine fait connaissance d'un jeune officier: c'est le chef de l'Armée Secrète pour le secteur de Dordogne Nord ( la Dordogne était partagée en trois secteurs: Nord - Centre et Sud). Son nom est RAC dans la clandestinité. RAC, qui a des difficultés à NONTRON confie le commandement du premier Bataillon de la brigade RAC, qui assure la protection de la ville du Capitaine DUPUY qui entre en rapport avec le chaf local. Tous deux feront de la Dordogne Noerd une véritable zone modèle des Armées.

        La brigade RAC, du nom du Colonel RAC (pseudonyme de Rodolphe CESARD) originaire de HAYANGE, en Lorraine annexée. C'est lui qui commandait le secteur Nord de la Dordogne.

        Un mémorial à la brigade RAC a été inauguré à THIVIERS (Dordogne) le 28 août 1977.

        Sous l'impulsion des deux chefs RAC et le Capitaine DUPUY, le secteur de Dordogne Nord devint la brigade RAC puis enfin le 50 ème Régiment d'Infanterie, lequel se porta jusqu'aux fortifications de ROYAN après avoir délévré PERIGUEUX, ANGOULEME, COGNAC, SAINTES, SAUJON, pour s'intégrer avec les forces Françaises de l'Ouest du Général de LARMINAT. Au cours de l'investissement de la zone de ROYAN auquel il participe jusqu'au 15 janvier 1945, le Capitaine DUPUY fut nommé Commandant et rappelé à sa Direction d'Arme à PARIS.

        Par son activité, durant la résistance, le Général DUPUY, a fait preuve de sang-froid et d'un très grand patriotisme.

        Tous les témoignages recueillis, ses qualités d'organisateur et de soldat ont ét mis en valeur dans son commandement.

        Une plaque est d'ailleurs apposée sur la façade de l'Ecole de SAINT-ESTEPHE (Dordogne) portant l'inscription suivante:

        " DANS CETTE MAISON A ETE FORME SOUS L'OCCUPATION LE PREMIER BATAILLON DE LA BRIGADE RAC-COMMANDANT DUPUY"

        Formation très estimée de l'Armée Secrète.

        Le 11 décembre 1947, le Chef d'escadron DUPUY est désigné pour prendre le commandemant d'un Groupe de la troisième Légion de Garde Républicaine de marche en Extrème-Orient, où il va effectuer deux séjours, car le 25 février 1950, il y retourne pour commander la troisième Légion de Marche.

          Il est promu Lieutenant-Colonel le premier avril 1950.

          A son retour d'Indochine le 20 mars 1953, le Lieutenant-Colonel DUPUY, est affecté au commandement de la sixième Légion bis de Gendarmerie mobile de VERDUN.

        En 1954, il part pour trois ans en Algérie commander la Gendarmerie Mobile à CONSTANTINE.

        Il est promu Colonel, le premier janvier 1955.

        A son retour, il est nommé Colonel de la Garde Mobile à VERDUN et commandant d'armes de la place.

        Le 09 janvier 1959, le Général de GAULLE l'appelle à l'Elysée

       

                         

                         

        Le 01 février 1960, il est nommé Général de Brigade dans la deuxième section du cadre de l'Etat-Major Général.

        Mais il est rappelé à l'activité et maintenu à la Présidence de la République jusqu'au 31 juillet 1963, date à laquelle il se retire à LISSEY, où il décède le 08 avril 1973

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        Le 31 mars 1979, la caserne de Saint-Astier prend le nom du Général Pol DUPUY, en hommage au "grand soldat résistant

 

 

Toast du Général de GAULLE
au Général DUPUY
à l'Elysée
le 20 juillet 1963

 

 

       Le Général DUPUY va nous quitter. Je tiens à dire notre profond regret de la voir partir et à saisir cette occasion de lui exprimer avec quelque solennité toute l'estime très profonde que nous avons pour lui.

        Il part après de beaux, de longs services rendus tout au long de sa carrière et d'une carière dans une arme où l'on sait ce que c'esr que servir. Tout ce qu'il a fait ici ne sera pas oublié. Il a résumé lui-même excellemment son action ici en disant qu'il y avait "assuré l'ordre". Il l'a assuré, en effet, au sens le plus élevé de cette mission en veillant que tout fut toujours exécuté au moment et de la manière qu'il fallait. Celà, dans des circonstances graves parfois et de façon méritoire.

        En dehors de ces moments critiques, il a assuré ici, tout ce qui devait l'être, en particulier les cérémonies, les réceptions dont son commandement a fait en sorte que tout se déroula de la meilleure manière.

        Mon Cher DUPUY, vous connaissez les Chefs d'Etat du Monde entier et ils vous connaissent; ils se souviennent que, grâce à vous, tout était fait pour eux, ici, comme il convenait.

        Vous allez donc vous retirer. Mais, toujours actif, vous vous appartiendrez davantage que cela ne vous a été possible jusqu'à présent.

        Pour vous exprimer la plus haute estime et la très sincère amitié dans lesquels nous vous tenons, et moi-même en particulier, je demande à tous la permission de lever mon verre en votre honneur, mon Général, et en l'honneur de Madame DUPUY à la bonne grâce et à la bienveillance de laquelle nous n'avons cessé d'être sensiblesdurant toutes ces années.

        A travers vous, permettez- moi de rendre témoignage à tout ce que vous fûtes: un bon soldat, de très grande qualité, et à la Gendarmerie française.

 

          Au Musée Charles-de-Gaulle, la fausse DS du Petit-Clamart...

Pascal Ceaux

          ELLE TRÔNE en bonne place au beau milieu du Musée Charles-de-Gaulle dans la ville natale du grand homme, à Lille (Nord). Elle fait partie de la légende du général, au même titre que l'appel du 18 juin ou le discours d'Alger, scandé par le trop fameux " je vous ai compris ! " adressé aux Français d'Algérie. Elle, c'est la DS à bord de laquelle circulaient le chef de l'Etat et son épouse, le 22 août 1962, lorsqu'ils furent victimes de l'attentat du Petit-Clamart (Hauts-de-Seine), dont le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry, membre de l'Organisation armée secrète (OAS), était le principal instigateur. Le général de Gaulle s'en était sorti par miracle. Les conjurés avaient été arrêtés, Bastien-Thiry exécuté.

          Aujourd'hui, il n'y a pourtant plus aucun doute. Le véhicule n'est pas la DS authentique. Une enquête serrée de la brigade de répression du banditisme (BRB) a pu en apporter la preuve. Tout commence par un article paru dans le magazine spécialisé Rétroviseur. L'auteur, secrétaire permanent de la Fondation Charles-de-Gaulle, émet des doutes sur l'authenticité du véhicule exposé à l'admiration des visiteurs. Son scepticisme déclenche l'ouverture d'une enquête confiée à la BRB, une brigade d'élite de la préfecture de police.

          Très vite, les policiers s'aperçoivent que les numéros de châssis et de moteur de la voiture de Lille, tout comme sa date de mise en circulation, ne correspondent pas à ceux de la DS dans laquelle se trouvait le président de la République au moment de l'attentat du Petit-Clamart. Ils s'efforcent donc de reconstituer l'itinéraire pour le moins chaotique de cette dernière. En fait, deux ans après l'attentat, le 15 octobre 1964, elle fut vendue au général Robert-Pol Dupuy, ancien commandant militaire de l'Elysée. Des travaux avaient été préalablement effectués pour effacer l'impact des balles. Lors de l'hiver 1971-1972, le général et son fils ont un accident dans une forêt proche de Verdun (Meuse). La DS endommagée est conduite jusqu'à un garage de Lissey (Meuse), où elle est remisée, dans l'attente d'éventuelles réparations.

          Le général Dupuy meurt en 1973. A la fin de 1980, la famille décide de faire don du véhicule historique à l'Institut Charles-de-Gaulle.Pierre Lefranc, son secrétaire général, remercie chaleureusement dans une lettre la famille Dupuy. Il promet de prendre à sa charge les réparations et de faire mention, dans la présentation de ce morceau d'histoire, du geste généreux de la famille Dupuy. Rivalisant de générosité, Citroën s'engage à remettre à neuf gratuitement la DS. Celle-ci est hélas trop endommagée. L'Institut décide alors de remplacer le véhicule authentique par un modèle identique, tout en conservant l'aménagement intérieur d'origine. Mais il ne mentionne pas la substitution.

          Pris en flagrant délit de dissimulation, Claude Déan, le conservateur du Musée Charles-de-Gaulle, reconnaît les faits de bonne grâce. " Nous présentons aux visiteurs une reconstitution de la DS du Petit-Clamart, a-t-il indiqué au Monde. Je peux même vous dire que les points d'impact des balles matérialisés par des croix blanches ne sont pas exactement au bon endroit. Il y a au moins, une chose qui est juste, c'est la plaque d'immatriculation. " En somme, la légende autorise des arrangements avec l'Histoire...

 

 

 

 

          Les DS présidentielles du général de Gaulle

          Produite à partir de 1954, la Citroën 15 Six H est la quatrième « Traction » du général de Gaulle. C'est à son bord que lui et Madame de Gaulle effectuent les trajets entre Paris et Colombey et qu'il quitte La Boisserie, le 29 mai 1958, pour se rendre à l'Élysée où René Coty lui demande de former le gouvernement.

          Fidèle à Citroën, le général de Gaulle, président de la République, fera de la DS 19 un des symboles de la République gaullienne. Spécialement aménagée compte tenu de la taille de son occupant, la DS 19 fait la preuve de sa fiabilité en 1962 lors de l'attentat dirigé contre le général de Gaulle au Petit-Clamart. Malgré deux pneus crevés, le chauffeur peut garder le contrôle de la voiture criblée de 150 balles et accélérer pour continuer sa route, mettant ainsi le général de Gaulle à l'abri.

          La reconstitution de la DS 19 « 5249 HU 75 » du général de Gaulle

          Prolongeant la commémoration du 40ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France, la Fondation Charles de Gaulle a présenté en ouverture de « l'Année de la France en Chine », le 10 octobre 2004 à Pékin, une exposition intitulée "Charles de Gaulle, l'Homme des tempêtes". Pendant plus de 10 mois près de 350 000 Chinois ont fait connaissance avec le général de Gaulle successivement dans les villes de Pékin, Shanghaï, Wuhan et Chengdu.Dans le contexte de la guerre d'Algérie, le général de Gaulle aurait été la cible de 31 attentats dont 5 vraiment connus et 26 non confirmés.

          Le 22 août 1962, le général de Gaulle se rend à l'aéroport de Villacoublay pour gagner sa demeure de Colombey. Alors qu'il circule à bord de cette DS, il est victime d'un attentat perpétré par des opposants à l'indépendance de l'Algérie. La voiture essuie plusieurs tirs d'armes automatiques, elle est criblée de 150 balles au carrefour du Petit-Clamart par plusieurs tireurs, quatorze impacts de balles seront relevés sur la voiture présidentielle, mais continue toutefois sa route malgré deux pneus crevés. Ce qui aurait mis en fâcheuse posture tout autre véhicule n'empêche pas le chauffeur de garder le contrôle de la voiture et d'accélérer à fond pour prendre la fuite et ainsi sauver la vie du président.

          Peu après l'attentat, par souci d'économie, la voiture est vendue au général Robert-Pol Dupuy, commandant militaire de l'Élysée de 1959 à 1963.

          À sa mort sa famille décide faire don de cette DS chargée d'histoire à l'Institut Charles de Gaulle qui entreprend sa reconstitution avec le soutien de Citroën puis de la société PSA.

 

 

 

Commentaires (10)

1. chantal isidore (grillot) 16/05/2010

très belle biographie du Général, je suis fière de l'avoir connu dans ma jeunesse, et d'avoir eu l'opportunité de monter dans sa DS, étant amie de Catherine et Philippe dans les années 70 pendant nos années collège, que sont-ils devenus..............

2. laurent dupuy 01/07/2011

hé bien je peux vous dire que cette biographie est tout simplement magnifique et étant donné que je suis son arrière petit-fils (je ne l'ai jamais rencontré ) mais je sais que c'était un grand homme et que c'était un homme de confiance. hé je peux également vousdire que mon père (philippe) va très bien et que nous habitons a l'île de la reunion. quand a ma tante elle habite a paris (catherine) et une autre a nice (béatrice)

3. MATHIOT 25/09/2011

Je m'appelle Raymond MATHIOT, le fils de l'adjudant chef MATHIOT qui était sous les ordres votre grand-père, le Général DUPUY, mais aussi son ami. Personnellement, durant ma plus tendre enfance, j'ai connu vos grands-parents, c'est même votre grand-mère qui m'a appris à marcher. En 1940 nous avons été réfugiés ensemble à Saint Jacut de la Mer. J'ai appris que vous aviez vu mon neveu Philippe LOUSTE à Marville. Il me serait agréable de vous rencontrer et d'échanger des souvenirs et des photos.
En espérant avoir de vos nouvelles, veuillez croire, Madame, en mes salutations distinguées.

4. Laurent dupuy 05/11/2011

Je trouve cela magnifique qu'une personne de ma famille soit un heros (en tout cas a mes yeux), et je viens d'apprendre que j'irais peut-être en metropole en juillet-aout 2012, et j'espérerais vraiment que je puisse aller a lissey, non seulement pour rendre visite a mes grands-parents et arrière grands-parents mais aussi pour revisiter ce magnifique village de France qui je pense devrait être plus reconnu. Se serait super que je puisse revoir une deuxième fois lissey.

5. cezard 07/09/2012

Madame,

pouvez-vous prendre contact avec moi afin de parler de votre grand-père et de mon père (le colonel commandant la brigade Rac). Merci d'avance.

Cordialement Michèle Cézard

6. Gillot 20/10/2012

Pour Mme Michèle Cézard.
Bonjour Madame,
Vous savez peut-être qu'avec Michel Maureau nous avons rédigé "Résistants du Périgord", un ouvrage comportant la biographie de 1.500 hommes et femmes mais qui aurait pu en contenir vingt fois plus.
Evidemment, votre père y figure sur deux pages et j'ai une pensée pour la brigade RAC quand je passe à Thiviers.
Je rédige actuellement une recherche spécifique aux prisonniers de guerre. Votre père le fut jusqu'à février 1941.
Il avait été sous-lieutenant au 151e RAP à Thionville. Je pense donc qu'il avait été promu lieutenant à la déclaration de guerre. Mais avait-il changé d'unité en 1939-40 ?
De même, où fut-il fait prisonnier et dans quel Oflag fut-il détenu ?
A cette époque, il était marié et vous étiez née. D'autres enfants étaient-ils dans la famille ? D'autres vinrent-ils ensuite ?
Quel métier fut le sien quand il quitta l'armée, en 1945 ?
Bien cordialement,
Jean-Jacques Gillot

7. Caroline AOUSTIN 04/11/2012

Merci pour ce magnifique témoignage qui m'a émue aux larmes. L'oncle Politique était formidable et découvrir dans ces lignes le rôle joué par mon arrière-grand-père (Marcel Kircher) est bouleversant.
Caroline, la petite cousine toulousaine.

8. phil mota 26/11/2012

Pour ma mémoire des années 1970 et mon témoignage, la ds stoquée dans une grange a lissey rue principale avait bien des impacts de balles, nottament coté chauffeur, pour y avoir mis doigts dans les trous , j'avais a peine 10 ans !

9. DOYEN 03/02/2013

Suis de la famille éloigné de ce général, ainsi que de Roland Doyen,chef du convoi militaire d'auto-mitrailleuses revenant du front du Luxembourg ,bombardé et mitraillé par un escadrille allemande le 10 juin 1940 à partir de 7 heures du matin;et à 8 heures du matin le Lt-Colonel Doyen a pris le commandement de la D.C.A stationné à l'entrée du village voisin de 5 Km pour abattre un assaillant,ce qui lui valut la fuite de l'ennemi et la Croix de Guerre en bronze.

10. DOYEN 16/03/2014

Mon rêve d'enfant se réalisa le 10 sep.1969,à Mulhouse,à l'achat de la DS ,qui fut exactement la même que celle des Généraux évoqués...et avec laquelle,je fis 21000km en Alsace et alentours,jusqu'au 14 juillet!...

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