La Bergerie

La Bergerie

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Cadastre de 1839

 

 

Ferme champêtre.

   A proximité de cette ferme, un cimetière contenant les restes de soldats allemands (Guerre de 1914-1918).

              Anciens propriétaires de la Bergerie (je n’ai malheureusement pas fait de plus amples recherches sur les propriétaires de la Bergerie):

         Le 19 mars 1757, naissance de Hubert DROUET, fils de Hubert DROUET et de Françoise BOUCHE, ses père et mère, tous deux demeurant à la Bergerie. Son parrain était Hubert DROUET, son cousin et la marraine était Lucie DROUET, sa cousine; tous deux demeurant également à la Bergerie. ( Registres paroissiaux de Lissey).

         GONTIER (toute une lignée également)    

          Recensement de 1921: de CHARDON Henri (1888) patron; Alice (1893), épouse; Elisabeth (1920), fille; AUBRY Pierre (1896) domestique; DESEAUX Gaston (1901), domestique.

          Recensement de 1926: LEROY Paul (1880), fermier; Elvire (1874), femme; Madeleine (1906), fille.

          En 1930: Ronvaux Suzanne était propriétaire.

          Recensement de 1931: LEPLOMB Jean (1902), fermier; Jeanne (1903), femme; Pierre (1925), fils; Renée (1928), fille; Jeanine (1926), fille); BERTRAND Gabriel (1912), domestique. LEPLOMB (14 février 1932) a donné sa démission du conseil municipal devant quitter Lissey le 23/4/1932. AD 37

         Recensement de 1936: RICHARD Jules (1893), cultivateur patron; Albertine (1899), femme; Zoé (1922), fille; Jeanne (1925), fille; Albert (1928), fils; Vve TUSCH Rosalie (1852), grand-mère; BOULAN Georges (1921), domestique.

         Recensement de 1954: LELORRAIN Gabriel (1912), cultivateur; Marie (1917), épouse; Joelle (1949), fille; Denis (1952), fils; RAGOT Gabriel (1934), ouvrier agricole.

         DESEAUX

         DUPUY Pierre, maire de Lissey

         Vve RICHARD François Nicolas à Lissey

         DUPUY Claude à Bréhéville

         Vve DUPUY Jean-Baptiste à Bréhéville

         CHEVALLIER Jean-Nicolas à Damvillers          

         DESTREMONT

         MOTA Philippe à Lissey

 

     Qu'en dit J. F.  JEANTIN, notre maître es histoire en ce qui concerne le Nord-Meusien ?

     Ferme, autrefois appelée le Trescent des chanoines, et aujourd'hui la Tuilerie, à l'entrée de la tranchée du bois de la Franche-Sault.

     La ferme champêtre, dite la Bergerie, est une localité très ancienne; beaucoup plus ancienne que sa voisine, dite la Roche le Bruly, qui fut débochée seulement au quinzième siècle, par les la Roche, sous-inféodataires de portions de la baronnie de Murault. C'est dans le bois qui l'entoure, que passait l'ancienne voie, soit romaine, soit austrasienne, qui, du pied du castrum Adriani ad Leones ( Lions devant Dun ), arrivait à la rampe antecastellum Meraldi ( Murault ), pour atteindre au castrum romain du mont Urbel, ad Urbem mansionum Romanorum ( Romagne ): cette chaussée s'élevait sur les ponts de la Franche sault, dont quelques saillants existent encore dans le marais de la Thinte, limite franche du Verdunois et du Trévirois. C'est là, comme le nom l'indique, que se franchissait la frontière, au travers des bois, saltus.

     Etabli sur les argiles de l'oxford-clay inférieur, entre l'oxford-clay moyen et la formation corallienne, le sol de la Bergerie a dû servir, dès cette époque reculée, à la fabrication de la brique des arches de cette chaussée; et l'oolithe ferrugineuse, le coral-rag, qui forment le sous-sol des argiles d'oxford, y avivent les végétaux propres à l'éducation des troupeaux. De là immanquablement le double emploi de Bergerie et de Tuilerie.

     Tréfonciers du finage de Lissey, les chanoines de la cathédrale virdunoise l'avaient trescentié; c'est-à-dire, ascensé, avec permission d'exploiter le sous-sol aussi bien que la superficie. De là encore son surnom de Trescent des chanoines. Cette ferme aliénée nationalement, est aujourd'hui la propriété des Dupuis de Bréhéville et Lissey, qui tirent leur nom de la cense du puits dite salpy ou sur le puits. 

     La Bergerie fut détruite en 1914.

Etude parue dans la revue « Sur les rives de l’Othain »

     La tuilerie actuelle emplois 6 ouvriers, qui font annuellement de 12 à 14 cuites; chacune d'une vingtaine de mille, donnant au total 260 mille, qui se vendent à raison de 22 à 24 fr. le millier: sa voisine, celle de la Roche, est dans les mêmes conditions.(Jeantin: Histoire de Montmédy).

     Depuis quelques décennies, peu à peu, l'aspect de l'ensemble des toitures de nos villages se modifie tout doucement peut être, mais de façon inexorable. La tuile romaine appelée souvent tuile ronde disparaît petit à petit pour faire place à la tuile mécanique souvent en béton, l'éternit, le fibrociment ou même la tôle galvanisée.

     Chaque village de la région offrait autrefois un bel ensemble de toitures rouges avec assez rarement ici et là une toiture en ardoise recouvrant un bel immeuble bourgeois appartenant à un notable ou à un important propriétaire terrien. Ce bel ensemble a, à ce jour, subi de nombreuses modifications.

     On ne peut que constater hélas, que les plaques de fibro ciment vieillissent très vite, deviennent grises et malpropres, la tôle galvanisée rouille assez rapidement et les tuiles béton sont de couleurs variables allant du brun au rouge vif en passant par le rose.

    Origine de la tuile romaine: L'origine de la tuile romaine remonte à l'antiquité. Sur tous les sites Gallo-romains - et il sont nombreux dans notre région - (on en a retrouvé au Châtelet) on trouve toujours des morceaux de tégulas (tuiles plates) et d'imbrices (tuiles rondes).

     En France, on rencontre surtout la tuile romaine dite tuile ronde sur tout le périmètre du bassin méditerranéen, mais aussi en Lorraine. De la Lorraine son aire de dispersion déborde sur la Champagne et la Franche Comté. Une question reste cependant posée: la tuile romaine a-t-elle été utilisée dans notre région depuis l'antiquité. Quel a été dans le passé, au moyen âge, par exemple, l'importance des toitures faites de chaume et de branchages. C'est bien difficile à déterminer. Il est vraiment dommage que sur ce point les gravures de Jacques Callot ne nous apprennent peu de chose. Apparemment les toitures sembleraient faites de chaume et de branchages.

     Toujours est-il que si dans notre région la fabrication de la tuile ronde remonte à l'époque de l'occupation romaine, la fabrication de la tuile plate ou tégula ne semble pas avoir dépassée cette période. Il n'en est pas de même en Champagne où la tuile plate tout comme la tuile ronde a toujours été fabriquée? Si la période Mérovingienne nous a laissé de nombreuses nécropoles, elle n'a par contre laissé aucune trace d'habitat fait de moellons ou de tuiles dans la région.

     Technique de fabrication de la tuile ronde: Dans la géographie du département de la Meuse, Armand Buvignier dénombrait en 1852, 79 tuileries employant au total 379 ouvriers. Le nombre d'ouvriers variant de 3 a 12 par atelier.

     Dans la région , elles étaient toutes situées, en limite ou sur les argiles de la Woëvre (Etage du Calovien moyen)

     Dans la liste des tuileries dressées par A. Buvignier, nous retenons 15 tuileries comme étant proches ou assez proches de Lissey. Ces tuileries sont les suivantes: 

Communes

Ateliers

Nombre d’ouvriers

Production annuelle

Billy

1

5 à 6

208.000

Braquis

7

39

2.050.000

Damvillers

1

5

154.000

Etain

1

5

85.000

Gincrey

1

6

285.000

Lissey(La Bergerie)

1

6

260.000

Bréhéville( La Roche)

1

6

286.000

Mangiennes

1

6 à10

330.000

Vitarville (Boëmont)

1

4

100.000

     Le nombre annuel de cuites variait selon les ateliers : 6 à Vitarville, 12 à 14 à Lissey, et Braquis. Il était rare que le nombre d'hommes par atelier soit supérieur à 2. Les autres personnes étaient des femmes et des enfants. Les hommes étaient employés alternativement à la conduite du four, cuiseurs ou fourniers  ou comme marcheurs chargés de conduire les animaux  utilisés pour pétrir la terre, lorsqu'ils ne la pétrissaient pas eux-mêmes avec leurs pieds dans la fosse, travail très pénible. La famille du tuilier constituait souvent le principal du personnel.
     La fabrication comprenait plusieurs opérations. La première consistait à extraire l'argile à la fin de l'automne ou au début de l'hiver, argile à laquelle on adjoignait, dans des proportions variables, un peu de sable ou de limon. Elle était ensuite étendue en faible épaisseur de façon à subir l'action du gel, du dégel et des pluies. L'argile atteignait ainsi une homogénéité souhaitée.

     Lorsqu'on voulait l'utiliser, on la transportait dans une fosse remplie d'eau où elle séjournait pendant deux jours. Ensuite on la retirait pour la transporter dans une seconde fosse dite fosse à marcher. Elle était alors pétrie sous les pieds des chevaux ou des bœufs pendant six heures jusqu'à ce que la glaise devienne une belle pâte verte et onctueuse.

     Quand le degré convenable de malléabilité était obtenu, la pâte était portée sur une table et moulée par des femmes où quelquefois des enfants. Cette table était souvent sablée avec du sable de route pour éviter l'adhérence de la terre au moule.

     Pendant longtemps les tuiles rondes étaient moulées sur la cuisse puis par la suite sur une forme en bois. Une bonne mouleuse pouvait fabriquer 1.200 à 1.500 tuiles par jour, certaines dépassaient les 1.500. Il est vrai qu'une journée de travail dépassait souvent les 10 heures.

     Les tuiles étaient transportées au séchoir où elles séjournaient pendant 10 à 15 jours et ensuite disposées méthodiquement dans le four. Le temps de cuisson durait environ 8 jours. Compte tenu des opérations d'enfournement et de défournement , il n'était pas possible de faire plus de cuites par mois. Selon la dimension du four , la fournée variait entre 20.000 et 55.000 tuiles . Chaque fournée nécessitait de 20 à 25 stères de bois et de 1.500 à 2.000 fagots.

     La période de fabrication s'étalait du 15 avril au 15 octobre. Au delà de cette date, les tuiles ne séchaient plus assez vite et redoutaient la gelée. Lorsque la cuisson était terminée, le four était bouché hermétiquement afin d'éviter que les entrées d'air froid ne provoquent une rétraction brutale et par voie de conséquence des dommages aux tuiles.
Toujours selon A. Buvignier, le salaire des cuiseurs ou des fourniers étaient de 7 frs au mille de tuiles en recette sur lequel il payait 3 frs au mouleur. Le marcheur percevait environ 0,75 fr à 1 fr par jour. Selon les ateliers les mouleuses gagnaient environ 200 à 300 frs par al an.
     Après défournement tous les débris, ratés de cuisson, tuiles déformées étaient pilés et tamisés. La poussière obtenue était vendue comme ciment au prix de 20 frs le m3 .

     Les Gallo-romains utilisaient déjà ce produit comme ciment. Mélangé avec de la chaux éteinte et du sable il formait du béton de qualité. Il est assez fréquent de trouver lors de fouilles archéologiques d'un habitat, villa surtout, des radiers (dalle épaisse en maçonnerie constituant la fondation d'un ouvrage, le plancher d'une fosse) entiers et aussi des parties importantes de suspensura [dalle supérieure d'un hypocauste (fourneau souterrain pour chauffer les salles de bain ou les chambres, dans l'antiquité] formés par cet agrégat parfaitement bien conservé.

     Inscriptions et marques diverses : Il n'est pas rare de trouver au cours de travaux de rénovation d'anciennes toitures de tuiles rondes une ou plusieurs tuiles portant un nom ou une inscription gravé dans l'argile avant la cuisson.

     La plus intéressante que nous connaissons se trouve exposée dans la grange conservatoire de Grand Failly (collection privée). Elle est très ancienne puisqu'elle porte le millésime de 1612. Il s'agit en fait d'une reconnaissance de dette gravée dans l'argile à l'aide d'une pointe badine.

     Ecrire sur la terre encore humide un texte aussi important que celui dont il s'agit n'était certainement pas chose facile. Force est de reconnaître cependant que l'écriture est régulière et parfaitement lisible.

 

<< Lettre badine de M-

Je soussigné Pierre Fallet laboureur

demeurant à Lissey reconnais devoir

et promet de payer à Hubert Drouët 

le cadet demeurant à la bergerie sous Lissey

la somme de cent cinquante cinq

livres pour valeur reçue de quinze

milliers de thuilles qui fait dix livres

l'un que le dit Drouët m'a vendu

et délivré à mon consentement>> 

1612                  X 

Hubert Drouët

 

     Le tuilier créancier , Hubert Drouët, a contresigné la reconnaissance de dette de Pierre Fallet, lequel ne sachant pas lire et écrire, ce qui était chose courante à cette époque s'est contenté de marquer d'une croix la dite reconnaissance. La lettre de marché nous dit qu'Hubert Drouët a vendu quinze milliers de tuiles. Comme nous l'avons vu précédemment le salaire du fournier était payé au mille de tuiles en recette, c'est également au mille unités que le tuilier vendait sa production.
D'autre part dans le texte il y a une erreur. 15 milliers de tuiles à dix livres le mille donnent un résultat de
150 livres et non 155. Pourquoi cette différence? S'agit-il vraiment d'une erreur, ou la différence de 5 livres représente les intérêts de la somme due par le débiteur. Il existe une troisième hypothèse. Sachant que son débiteur ne savait ni lire ni écrire le tuilier aurait donné un petit coup de pouce au montant du. On peut cependant se poser une autre question. Par quel effet du hasard, cette lettre de marché qui à l'origine avait une importance certaine pour le tuilier, et ensuite pour le débiteur se retrouve 350 ans après sur une toiture d'un village des bords de l'Othain à 15 km de là.
     De fabrication mécanique donc plus récente, dans la même collection de tuiles, une de ces dernières porte le texte suivant:

 

Avec tes dix sous on va se régaler

On mangera un chocolat à ta santé

Et des bonnes dragées

On boira un café

qui te passera sous le nez

A ta santé

Ma bien aimée

Ton adoré

M.B.

     Moins énigmatique cette tuile portant le nom de "Nicolas Lacour couvreur à Petit Failly" 1826. Cette mention nous apprend qu'il y avait en 1826 à Petit Failly, un couvreur portant le nom de Nicolas Lacour. On peut supposer que son nom avait été porté sur une tuile d'une livraison qui lui était destinée.

     On trouve beaucoup de tuiles portant le nom de Gontier avec des initiales de prénoms différents. Elles proviennent toutes de la Bergerie

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Commentaires (2)

1. Jeanne Philippart 16/12/2010

Bonjour,
Je suis la fille de Zoé Richard,fille de Jules Richard x Elise Colin, fils de Pierre Richard x Victoire Fétus ayant tous vécus à la Bergerie jusque la seconde guerre .Les deux messieurs furent maire de Lissey où ils sont nés. Aucun ne repose dans le cimetière local
Cordialement

2. Mota 30/01/2012

bjr, la dernière personne née a la bergerie s'appelle "Virginia Jahn Mota", née le 18.12.1997, y réside encore actuellement et poursuit ses etudes a l'école française du luxembourg lycée Vauban (EFL).L'origine de son prénom est l'etat de Virginia usa et de Jahn pearsall blantz, citoyenne américaine habitant a kent stores virginia. PhM

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