La Bergerie (suite)

 

 

     Dans l'importante collection de M. Francis Goujon de Dombras, nous trouvons quelques tuiles intéressantes.

     Tout d'abord les paroles d'une chanson toujours connue:

 

Jamais l'on a vu

Jamais l'on verra

La queue d'une souris

Dans l'oreille d'un chat

1771

Dominique

Drouet

 

     Toujours dans la collection de Francis Goujon, deux tuiles portant le nom et les prénoms de deux Drouet:

 

Nicolas DROUET fils

de

Henry DROUET

...............

De la bergerie ce jour du

mois de may

de l'année mil sept cent

septente et un

1771

Nicolas Drouet

 

     Ces deux tuiles sont intéressantes en ce sens qu'elles nous apprennent qu'en 1771, c'est-à-dire que près de 160 ans après la reconnaissance de dette soussignée par Pierre Fallet et contresignée par Hubert Drouet, en 1612, les tuiliers de la bergerie étaient toujours des Drouet. Pendant combien de temps encore le sont-ils restés, difficile à dire. Toujours est-il que le nom des Gontier figure avec de multiples prénoms sur de nombreuses tuiles jusqu'au début du XXe siècle.

     Comme les autres tuiliers les Gontier, ne fabriquaient pas seulement des tuiles mais aussi des briques. L'une de ces dernières a été retrouvée dans la forêt de Gincrey avec la mention suivante, gravée au timbre métallique:

 

<< Aimé GONTIER. La Bergerie. Lissey >>

 

     La presque totalité des tuiles portant la marque du tuilier imprimée du timbre métallique que nous avons eu la possibilité de voir, proviennent presque toutes de la Bergerie sous Lissey. Quelques tuiles seulement de Braquis. Aucune de La Roche Bréhéville, Vitarville, Mangiennes, etc. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'en existe pas.

     Par contre nous avons trouvé une tuile portant la mention <<Jametz 1922>>. Dans les statistiques géologiques dressées en 1852, Jametz ne paraît pas pour la simple raison qu'il n'y avait aucune tuilerie à Jametz. Elle a été construite après la guerre de 1914-1918 par un nommé Gustave Tripette, habitant Marville. Elle a cessé de fonctionner peu de temps après sa construction pour des raisons liées à la terre utilisée. Cette dernière n'étant pas de bonne qualité.
Quelles sont à ce jour les vestiges restant des tuileries mentionnées dans le présent article. Peu de chose il est vrai à l'exception de l'importante usine de Braquis, un seul site sur les sept mentionnés par A. Buvignier. Cette usine a fonctionné pendant de nombreuses années après la guerre. Il reste des anciennes tuileries du siècle passé un important vestige à Bréhéville-La Roche, désigné localement sous l'appellation de
la Briqueterie ce qui laisse à penser qu'on y fabriquait plus que des briques.

     A remarquer cependant à proximité immédiate des sites des anciennes tuileries ou briqueteries l'existence d'excavations plus ou moins importantes selon le site. De ces endroits on extrayait l'argile nécessaire à la fabrication des tuiles et des briques. La terre prélevée était toujours extraite au niveau du sol et non pas en galeries comme certains esprits imaginatifs le prétendent. On voit du reste assez mal, dans ces terres argileuses et très compactes, la possibilité à cette époque, de maintenir à sec, les galeries creusées dans le sous sol.

     Comme nous l'avons précédemment signalé, le site de La Roche Bréhéville est le seul parmi les anciens sites, qui nous offre les plus importants vestiges, avec le soubassement en brique de l'atelier, et la base d'une cheminée de plus de trois mètres de diamètre au niveau du sol et d'une hauteur de cinq mètres pour la partie restante.

     Cette cheminée doit être ancienne compte tenu de la qualité des briques employées à sa fabrication. Certaines d'entre elles partiellement gelées montrent très bien l'enroulement de l'argile façonnée ensuite rudimentairement pour former des parallélépipèdes souvent imparfaits.

     Cette cheminée offre un autre aspect intéressant, à savoir qu'il est possible de déterminer par la couleur des briques employées pour sa construction. Sur notre photo on remarque très bien les anneaux de hauteurs variables formés par des briques provenant de fournées différentes.

     Sur tous les sites aujourd'hui abandonnés, parcs ou labours, la nature a repris ses droits. A l'exception du site de Bréhéville, il ne reste plus ici ou là que quelques dépressions que le bulldozer n'a pas encore effacées, ce qui ne saurait tarder……

 

Tuile canal de la Bergerie
 
 

1856 - Le 21 de ce mois, vers quatre heures du soir, au moment où tous les gens de la ferme de la Bergerie, écart de Lissey, étaient réunis pour prendre leur repas, ils furent fort surpris de voir tout-à-coup s'échapper de plusieurs parties des bâtiments une épaisse fumée à laquelle succéda presqu'aussitôt la flamme. Chacun se mit à l'instant à l'oeuvre, ou pour sauver le mobilier et le bétail, ou pour courir cherchervdu secours dans les communes voisines; mais les progrès du sinistre furent si rapides que bientôt il fut impossible de pénétrer dans l'habitation, aussi bien que dans les écuries et que presque tout le mobilier, 13 pors et 5 boeufs devinrent la prois des flammes.

Les habitants de Lissey, d'Ecurey et de Bréhéville accoururent en grand nombre; mais déjà tout secours était devenu inutile. A leur arrivée, la toiture s'affaissait de toutes parts et les diverses parties des bâtiments étaient embrasées.

On évalue la perte à 18000 fr. Le fermier est assuré, ainsi que les bâtiments de la ferme. On ne sait comment le feu a pris naissance.

Le courrier de Verdun. A.D. 144/195

1871 - La tuilerie de Lissey fabrique chaque année 200000 tuiles.(Gallica: Les primes d'honneur, les médailles de spécialités et les prix d'honneur)

5 juin 1894: LISSEY - M. Aimé Gontier, demeurant à la Bergerie, écart de Lissey, avait placé dans sa tuilerie, à vingt-cinq mètres de son habitation, deux fusils Lefaucheux, dont devaient se servir ses ouvriers pour détruire une buse qui ravageait sa basse-cour.

            Ces jours derniers, il constata la disparition de ces deux armes d'une valeur de 150 francs. On soupçonne les auteurs de ce vol.

10 juin 1894: LISSEY: - M.A. Gontier avait placé deux fusils Lefaucheux dans sa tuilerie, située à 25 mètres de sa maison. Ces armes devaient servir à ses ouvriers pour détruire une buse qui avait commis plusieurs méfaits dans sa basse-cour. Ces deux fusils, d'une valeur de 150 fr. ont été enlevé ces jours-ci par un voleur. (La Croix meusienne).

 

13 mai 1905: LISSEY: - Le feu à la ferme de la Bergerie - Un incendie sur la cause duquel il est impossible de se prononcer actuellement, a éclaté à la ferme de la Bergerie, écart de Lissey, le mardi 9 mai, vers 9 heures du soir

            Il y avait à peine une heure que M. Aimé Gontier et sa famille étaient couchés, que le feu éclatait soudainement à tel point qu'ils faillirent tous rester dans les flammes.

            Leur domestique qui couchait dans une petite pièce attenant à l'écurie, n'eut que le temps de s'enfuir en avertissant ses maîtres qui, affolés, durent quitter leur lit à demi vêtus.

            En un clin d'œil, toute la maison fut en flammes et on eut beaucoup de peine à faire sortir de l'écurie les chevaux dont le râtelier flambait.

            Une vache, trois veaux, une vingtaine de porcs et toute la volaille de la ferme sont restés dans le foyer de l'incendie.

            Les pompiers de Lissey et d'Ecurey, accourus en toute hâte, n'ont pu porter aucun secours. Ils sont restés cependant sur le théâtre de l'incendie jusqu'à 2 heures du matin, car on craignait que les flammèches ne portent l'incendie sur les bâtiments servant à la fabrication de la tuile et de la brique, lesquels fort heureusement sont intacts et peuvent continuer la fabrication.

            Les bâtiments composés du corps de logis, grange et écurie, sont complètement détruits; ils appartiennent à M. de Chardon, de Damvillers.

            Les pertes sont évaluées à la somme de 28.000 francs. Il y a assurance à la Providence.

            Cette ferme de la Bergerie n'a décidément pas de chance depuis une vingtaine d'années.

            En 1887, au mois d'avril, un épouvantable cyclone l'avait presque complètement détruite.

            Depuis, il y a 4 ou 5 ans, le feu anéantissait au milieu des champs, une meule de gerbes, avec la machine à vapeur que l'on avait amenée auprès, quelques jours auparavant pour battre ces gerbes. Enfin, il y a deux ans, une main criminelle que l'on n'a jamais pu découvrir, coupait les courroies de transmission de la locomobile servant à la fabrication de la tuile et des briques, et mutilait d'une façon ignoble cette machine à vapeur.

            - La tuilerie de la Bergerie: - M. A. Gontier, qui exploite la tuilerie de ce nom, nous prie d'informer le public que contrairement à ce qui avait été annoncé, cette tuilerie n'a pas été atteinte par l'incendie et continue comme par le passé sa fabrication.

23 août 1902: LISSEY: - Le 17 courant, après une partie de quilles, Richard François s'entretenait avec son camarade Alexandre Jean-Baptiste, domestique, qui disait vouloir quitter le patron qui l'emploie. Richard lui répondit: Voilà un mois que tu racontes cela, mais tu n'as pas de place. Vexé, Alexandre s'élança brutalement sur Richard, le terrassa, puis se mit à le frapper à coups de talon sur la figure, criant: << Je veux lui briser la tête >>. Sans intervention des sieurs Gontier père et fils, cette scène aurait pu tourner au tragique. - L'acharnement d'Alexandre ne s'explique pas, alors même qu'il eut été froissé, ce qui prouve qu'il a la tête trop près des oreilles. Richard a la figure couverte d'ecchymoses très graves, affreusement déchirée, dit le procès-verbal de gendarmerie

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