Le cimetière allemand

 

Le cimetière militaire allemand

 

 

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Cartes postales allemandes

 

 

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Plan du cimetière

 

             Pour qui recherche le calme et la sérénité, le cimetière allemand de Lissey, vaut le détour.

          Ce lieu situé à l'écart de toute habitation, propice à la méditation et au recueillement est à mon sens l'un des plus beaux de la région.

          Le soleil dardant ses rayons à travers les frondaisons y donne l'apparence d'une cathédrale de verdure illuminée par ses vitraux;

          La disposition des tombes, qui, contrairement à d'autres cimetières n'est pas un simple alignement géométrique comme on le voit trop souvent, apporte sa part de poésie. Certaines  sont disposées en rond autour du grand chêne.

 

          Le cimetière: D'une superficie de 8273 m2, 822 soldats y reposent, dont 9 Austro-hongrois et 1 Askari (Camcono Nonoba). Ce cimetière a été créé en 1917 et ceux qui y reposent ont été tués dans cette année ainsi qu'en 1918. Le dernier est mort le 5 novembre 1918 (tombe 655).

          La plupart des corps proviennent de soldats soignés à l'infirmerie installée à la ferme de la Bergerie ou à l'hôpital de campagne de Peuvillers (Feldlazaret 263).

          Au milieu du cimetière a été érigée une petite chapelle construite dans les années 1930 par le VDK. Il s'agit d'une construction circulaire portant à son sommet l'inscription " Hier ruhen deutsche Soldaten", "Ici reposent des soldats allemands".

          En dessous, dans un bandeau est gravée l'inscription suivante: 1914-15-16-17-18. A côté se trouve le signe du VDK porté par un ange allongé.

          Une porte en fer forgé donne accès à l'intérieur, des tablettes en bois dans lesquelles sont gravés les noms des soldats identifiés reposant dans le cimetière, et ce, par ordre alphabétique, suivi du numéro de la tombe. Ce lieu de recueillement a été construit en grès des Vosges.

          À l'extérieur, 2 stèles ont été plantées en terre. L'une porte l'inscription "division Löffler". Il s'agit de la 192ème division d'infanterie qui a combattu devant Verdun, d'avril 1916 jusqu'en 1918. La deuxième porte l'inscription "Von Hülsen". Elle provient de la 192ème division d'infanterie en poste dans le secteur de septembre 1917 à janvier 1918.

          Dans ce cimetière, il n'y a que des croix latines contrairement à d'autres où il y a également des stèles avec l'étoile de David pour les soldats de confession juive.

          On peut remarquer la tombe du soldat Nonoba. Il s'agit d'un noir issu des colonies sud-africaines de l'empire colonial allemand. Ce dernier a suivi l'officier au service auquel il est resté fidèle jusque dans la mort. Les Allemands perdront l'ensemble de leurs colonies après la défaite.

          Historique et réglementation: L'entretien des cimetières allemands est régi par une série de textes. Tout d'abord, le traité de Versailles du 28 juin 1919 fait état du respect dû aux morts par les nations des pays dans lesquels ils reposent (article 225 du traité).

          C'est tout naturellement l'État français qui a pris en charge la mise en place des cimetières allemands.

          À partir de 1927, les Allemands sont autorisés à venir en aide à l'entretien des sépultures de leurs morts. Un système de parrainage est mis en place, c'est la fédération d'Oldenburg qui est chargée de s'occuper du cimetière de Lissey. Le 91e RI provenant de cette ville a combattu en septembre 1917 dans le secteur et le cimetière renferme des morts provenant de cette unité.

          Après la Deuxième Guerre mondiale, les accords de Paris du 23 octobre 1954 fixent les modalités de l'entretien des tombes de la Seconde Guerre mondiale. Vingt-trois cimetières seront créés pour recueillir les dépouilles des soldats allemands morts sur le sol français. Il faudra attendre le 19 juillet 1966, qu'un accord semblable définisse les conditions d'entretien des tombes de la IèreGuerre mondiale répartie dans 192 cimetières militaires allemands. Dans le département de la Meuse, on en compte 29 où reposent environ 85 000 corps et 35 cimetières militaires français comprenant environ 73 300 soldats morts pour la France.

          Depuis les années 60 de jeunes Allemands viennent dans la région pour prêter main-forte aux gardiens des cimetières qui étaient en général des militaires français mutilés de la Ièreet de la 2ème guerre. Les premiers venus camperont sur un terrain mis à disposition par M. RICHARD Marc de Lissey, ensuite ils s'installeront à Damvillers.

          À partir de 1966, l'entretien sera exclusivement à la charge de l'état allemand.

          En 1960 de jeunes Allemands provenant de la Hesse abattront plus de 200 arbres dans le cimetière et construiront le mur en pierres sèches  qui l'entoure ainsi que le portail et le bâtiment servant à entreposer les outils. Une inscription gravée dans un bandeau de pierre fixé sur le mur d'entrée rappelle leur engagement.

          Un article de presse de l'époque relate l'action de ces jeunes:<< Sur cette terre tourmentée, argileuse, dont Lissey tirait profit dans la fabrication de la tuile, les broussailles avaient, au cours des ans, envahi les sépultures. Les pèlerins accédaient à celles-ci par un long sentier perdu dans la futaie à quelques centaines de pas de la ferme de la "Bergerie ".

          Désormais, une route carrossable, créée par 200 jeunes Allemands, Autrichiens, Français ( par équipes renouvelées tous les quinze jours ): scouts, étudiants et apprentis ouvriers , conduit à un nouveau cimetière où toutes les tombes, dégagées des broussailles, seront bientôt marquées par des croix de pierre.

          En huit semaines, depuis le 3 juillet, aidés dans leur tâche par la population de Lissey, ils se sont relayés par groupes et, de leur camp de base aux abords de la localité, où ils vivaient sous la tente, gagnaient journellement la forêt. Sous la direction de M. Khalo, secrétaire de jeunesse dans l'association pour l'entretien des cimetières militaires de leur pays ; il leur a fallu 13.140 heures de travail, dont 7.500 accomplies sous la pluie, pour mener à bien un défrichement titanesque.

          Avec des moyens rudimentaires, des pelles et des brouettes, ils ont remué 10.000mètres cubes de terre, élevé une murette d'enceinte de 542 mètres de pourtour et déblayé et déraciné 150 stères de bois.

          Nous l'avons souligné dans une édition précédente, c'est un architecte paysagiste de Francfort, M. Vogel, qui a passé des vacances à dresser les plans du cimetière.

          Dimanche matin, une émouvante cérémonie franco-allemande a marqué la clôture du camp sur ces lieux impérissables où la terre fraîchement remuée attestait encore des efforts unis de jeunes gens et de la population de nos pays. C'est d'ailleurs sur le thème de la réconciliation de nos deux peuples et leur idéal de paix que M. Wéber, membre du Parlement de la République fédérale, prononça, dans les deux langues, une allocution d'une haute tenue morale et profondément humaine. Il adressa aussi ses remerciements émus à M. Sirot, maire de la commune de Lissey et à toute la population pour son aide-bénévole apportée aux jeunes Allemands et pour ces rapports de grande amabilité et de courtoisie qu'elle entretint tout au long du séjour du camp.

          Au nom des A.C. de 14-18, M. Génin, lui aussi, mit en exergue les liens indissolubles créés par les morts de nos nations et souhaita que de tels souvenirs nous amènent une fois pour toutes à une fraternité dans une Europe unie et humaine. S'adressant aux jeunes, il ajouta :" aucun bien n'est à gagner dans une guerre, elle n'engendre que des malheurs. Vive la paix!".

Ajoutons que la veille de cette clôture, M. Sirot, maire, avait prononcé une allocution d'adieu

          Le lendemain, les jeunes Allemands et leurs dirigeants se rassemblèrent à Verdun dans la salle des fêtes de l'hôtel des sociétés où les accueillit M. Maurice Rochette, maire adjoint. On notait aussi la présence de MM. Hans-Otto Weber, député de Hesse, représentant le président du service pour l'entretien des sépultures militaires allemandes; le docteur Prestel, maire adjoint de Francfort-sur-le Main; Koenigsfeld, attaché culturel au Ministère des Affaires sociales à Bonn; Kahalo et Soldau, secrétaires de l'Association Populaire pour l'entretien des sépultures militaire à Francfort et Kassel.

          Du côté français, on remarquait MM. René Sirot, maire de Lissey, Doyen Maurice, conseiller municipal ; Le Cadre, chef du service des sépultures militaires à Verdun, représentant M. Frache, directeur interdépartemental des A.C.V.G.

          MM. Rochette, le docteur Prestel et M. Weber prononcèrent successivement des allocutions dans lesquelles ils formèrent des souhaits pour que la France et l'Allemagne vivent dans l'amitié et la paix.

           Les jeunes Allemands interprétèrent quelques chants, puis gagnèrent le monument aux Morts qu'ils fleurirent

          Avant le retour à Lissey, ils se rendirent à Douaumont pour déposer également des couronnes >>.

          Le 17 juillet 1962, 2 jeunes allemands seront tués et 16 autres blessés dans un accident de la circulation alors qu'ils venaient de Damvillers pour se rendre sur leur lieu de travail: le cimetière de Lissey ( Klaus BERG * 06/02/1944 et Voller MANE * 02/08/1946). Une stèle à leur mémoire a été érigée à l'endroit de l'accident qui se situe avant le pont qui traverse la Thinte venant de la RD 905 vers Lissey.

          En 1963, aura lieu à Verdun une rencontre de plus de 2500 jeunes en faveur de la réconciliation. La devise du VDK est justement " La réconciliation par-dessus les tombes. Travailler pour la paix".

          En 1972, les croix de bois seront remplacées par des croix en granit noir.

          Tous les ans de jeunes allemands stationnés à Damvillers viendront nettoyer les cimetières du secteur. Depuis plusieurs années l'effort est concentré sur les cimetières allemands en Russie et le VDK ne participe plus à la venue de jeunes à Damvillers. De jeunes pompiers allemands de la région de Limburg Weilburg continuent néanmoins à venir sur leurs fonds propres.  

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          27 août 1927: MINISTERE DE LA GUERRE. GENIE. Avis administratif

          Le Préfet de la Meuse fait connaître à qui il appartiendra, que, par acte administratif en date du 22 août 1927, enregistré gratis à Verdun, le 27 août 1927, l'Etat à acquis des propriétaires dénommés ci-dessous, moyennant la somme ci-après indiquée, diverses parcelles de terrain nécessaires à la création du cimetière militaire définitif allemand de Lissey sur le territoire de Lissey (Meuse), à savoir:

          1°) M. Henri-Louis-François DE CHARDON et Mme Alice-Marie-Louise MOLE, son épouse demeurant ensemble à Verdun, rue du Rû, n° 10.

          2°) M. Lucien-Marie-Joseph-Alfred DE CHARDON, demeurant à Montmédy: 53 ares 12 centiares de terrain lieudit "La Bergerie" sous le n° 10 de la section A, moyennant la somme de MILLE SEPT CENT DIX NEUF Francs quatre-vingt-dix centimes.

          Les intéressés sont prévenus que cet acte va être transcrit au bureau des Hypothèques de Verdun et que , dans la quinzaine de la transcription, les privilèges et hypothèques conventionnelles, judiciaires ou légales doivent être inscrits conformément à l'article 17 de la Loi du 3 mai 1841, sous les déchéances y exprimées.

          Verdun le 27 août 1927 - Pour le Préfet et par délégation spéciale en date du 22 Octobre 1926. - Le Sous-préfet de Verdun, Signé : CAMPION.

 

          Geiger, Stefan:  canonnier dans le. 6./9. FAR, bavarois, blessé gravement par éclat d‘obus le 27.11.1917 à la batterie implantée sur le chemin Crepion-Samogneux, 2 km au sud ouest de Crepion, décédé le 28.11.1917 lors du transport sur l’hôpital de campagne n° 26, de suites de ses graves blessures. 
Décoré de la  MVK3mS  (décoration bavaroise).
Agriculteur à Forggen, catholique, célibataire, né à Forggen, le 24.4.1898 . Le village n’existe plus, il a été englouti dans le lac artificiel créé en 1950.

Repose dans le cimetière de Lissey tombe 758.

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Georges AUBRY-COUPARD

Commentaires (1)

1. Coen van Walbeek (site web) 14/06/2009

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