Pendant la guerre

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Pendant la guerre

 

          La guerre de 1870 avait instruit l’État major et lui avait fait découvrir l’importance des transports de masse par chemin de fer. Il était prévu d’acheminer les troupes vers les points stratégiques, mais on ne connaissait pas les intentions de l’ennemi.

          On commença par les troupes de couverture et le départ fut donné le 31 juillet 1914 à 17 h.

          Dans notre secteur, Jametz avait été choisi comme Q. G.

          Les déplacements cessèrent à partir du 3 août, les transports de marchandises également et la ligne fut réservée aux seuls besoins militaires.

 

          L’attaque allemande

          Notre secteur faisait face aux armées du Konprinz qui attaqua par Arlon et la province belge de Luxembourg. Le « tacot » amena un maximum de troupes jusqu’à Montmédy. Elles furent dirigées sur Virton, mais les batailles tournèrent au désastre. Les premiers blessés affluèrent sur Montmédy pour être évacués sur Verdun par la petite voie ferrée..

          Ensuite, tout alla très vite. La citadelle de Longuyon fut canonnée. On fit sauter les tunnels, mais ces destructions ne contrecarrèrent que très peu l’avance allemande. Les uhlans firent leur apparition dans les villages.

 

          Le 25 août, l’ordre fut donné de se replier sur Verdun.

          Les 26 et 27 août, le tunnel de Montmédy est détruit.

          Les Allemands traversent les bois et la plaine de la Woëvre et malgré quelques combats le front se stabilise, sur ordre du Konprinz, le 11 septembre, sur la ligne Avocourt-Malancourt-Brabant-Flabas-Ornes-Maucourt-Etain.

          La voie de chemin de fer tombe sous la domination allemande et cela jusqu’au 21 février 1916, date de l’attaque allemande sur Verdun.

          Remise en service du chemin de fer par les Allemands

          L’approvisionnement du front était leur principale préoccupation.

          La main d’œuvre française et les prisonniers furent réquisitionnés.

          C’est ainsi que débuta dès 1915 et avec du matériel belge l’exploitation allemande de notre voie métrique neuve, à peine rodée par les convois français. Le trafic fut de suite important, mais celui-ci se limita à Damvillers où les stockages provisoires se multiplièrent : continuer sur Moirey et Azannes était dangereux. Il fut jugé utile de s’éloigner des côtes et une nouvelle ligne fut rapidement établie au départ de Lissey vers Romagne-sous-les-Côtes, à l’abri de la côte de Morimont et de celle de Romagne. La gare de Romagne devint le centre vital d’approvisionnement du front. Le bas des Côtes fut truffé de galeries pour abriter les munitions. À la fin de 1915, une ligne à voie de 1.44m relia Romagne à Spincourt. L’efficacité du transbordement en fut accrue et un réseau très dense de voies de 0.60m irrigua toutes les directions. En retour, ce réseau amenait les matériaux de construction (bois, pierres), les agrégats pour la construction des ouvrages fortifiés, et surtout reliait les dépôts de munitions de Breheville à Spincourt. Romagne avait aussi une fonction d’intendance avec abattoir, boulangerie, magasins généraux. Pour les personnes intéressées, il existe un magnifique panneau avec carte à grande échelle sur les installations de Romagne. Il se situe au lieudit La Belle Croix (intersection de la D19 et de la D66). Le tracé de la voie normale de Spincourt est encore visible et peut être parcouru à pied jusqu’à l’étang du Haut Fourneau.

Gare de Lissey Trafic en gare de Lissey Bâtiments près de la gare

Cantine Cantine Bâtiment près de la gare

          La ligne nouvelle à voie unique prenait naissance entre Lissey et La Petite Lissey au km 39.5 de notre ligne. Au point de contact, un faisceau de triage permettait l’arrivée et le départ des trains. La ligne partait en terrain plat vers Peuvillers qu’elle effleurait par le sud. Deux tranchées en courbe existent encore à cet endroit. Ensuite elle se rapprochait de la route de Damvillers à Jametz où plus tard deux grands hôpitaux furent établis. Traversant la route elle cheminait alors sur un terrain marécageux et suivait sensiblement le tracé de la future ligne stratégique avant de s’enfoncer en direction du sud dans le bois de Romagne où le tracé est en bon état aujourd’hui. Un embranchement très court alimentait la ferme de Mureau. Elle émergeait de la forêt un peu avant le terminus de Romagne. Après 1916, on la prolongea vers la ligne de la Woëvre qu’elle atteignait vers la halte de Ville-devant-Chaumont.

          Les petites locomotives belges étendirent leur parcours initial Montmédy-Damvillers à Lissey-Romagne. Cependant, des guetteurs d’infanterie français avaient observé des mouvements de trains de nuit entre Damvillers et Moirey, et même jusqu’à Azannes. À partir de cette gare, la ligne était entièrement camouflée et le remorquage des wagons était confié aux échelons d’infanterie. Les guetteurs occupaient les hauteurs de l’Herbebois, à la côte 377. En 1918, après l’armistice, deux tracteurs allemands furent retrouvés dans ce secteur.

          Des travaux d’amélioration furent entrepris jusqu’en 1916, date de l’offensive allemande. Le but principal étant le stockage des munitions et en parallèle l’augmentation du débit de la ligne.

          Compte tenu de leur faible puissance, les machines belges circulaient toujours par deux. On y adjoignait parfois une troisième machine.

          Une multitude de voies de 0.60 m furent également créées, parrallèles  aux réseaux de la Woëvre, capables de cheminer dans les moindres vallons des Côtes. Le parc de locomotives et de wagons circulant sur les voies était considérable. Les wagons standardisés étaient tous à bogies pour mieux circuler dans les courbes à faibles rayons.     

   

          Nous pouvons voir sur ces anciennes cartes postales d’Ecurey, les restes du réseau de voies de 60 cm installé par les Allemands. Celui-ci servait à approvisionner, entre autres, les baraquements situés après le captage d’Ecurey et dans le ravin des gouffres. Les Français en installèrent également après la guerre pour déblayer les décombres des maisons démolies, etc.

 

 

          Le petit train dans le canton pendant la guerre

Gare de brandeville img 0002

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Gare de Brandeville Gare de Brandeville Gare de Brandeville

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Entrée du train en gare de Damvillers Deutch-Eck à Romagne-sous-les- Côtes Gare de Damvillers
Embranchement vers jametz img 0001 Embranchement vers jametz img 0003 Embranchement vers jametz img 0004
Embranchement vers Jametz Embranchement vers Jametz Embranchement vers Jametz

 

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          SUPPLEMENT

          De gauche à droite ;

 

          Deux soldat du Landsturm (n° du bataillon sur les pattes de col), six pionniers (Eisenbahner) d’une unité d’exploitation de chemin de fer (Betriebskompanie) – ils sont reconnaissables à leur Litzen (bandes au col) et parements de manches, comme les Litzen et parements de la garde - ; le pionner qui porte des lunettes a une ceinture spéciale et des crochets à mettre aux pieds pour monter le long des poteaux téléphoniques (lignes et poteaux TPH le long des voies à écartement normal) – sans doute un crochet devant et un autre dans le dos - ; les trois de droite : ?, mais il y a un cuisinier avec un couteau et une espèce de grosse louche.

 

          Sur l’homme assis, un brassard au bras gauche : sans doute un brassard de fonction permettant de faire connaître aux « usagers » de la gare à qui ils ont affaire : chef de gare, chef de train, etc.

 

          La pancarte interdit aux « usagers » de circuler dans les wagons de marchandises ou de munitions et incite à monter exclusivement dans les voitures réservées aux personnes (explications de Jean-Claude Lappara).

       Suite 3:   Après la guerre

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