1516 - 1637

          1516: Dénombrement des feux (imposables), dans la prévôté de Damvillers,  par le duc de bourgogne: Ville de Damvillers, 51 "mesnaiges"; Réville, 13; Estrey (Etraye), 7; Wavrille, 7; Lucy (Lissey), 10. (Dénombrement des feux des duché de Luxembourg et comté de Chiny).

            1520: Le Verdunois subit les passages et ravages de mercenaires, tantôt à la solde du roi de France, tantôt à celle de l'empereur. En 1522, des bandes de Bourguignons, donc d'impériaux infestent les alentours de Marville. (Ils sont venus en Meuse par Albert BERTRAND).

          1524:Guillaume CONTANT, curé de Lissey, mort cette même année, est remplacé par Jean JOUTIN ou JOULAIN, chanoine de la Cathédrale de Verdun, curé en 1524 ; a résigné en 1540

          1526: L'Empereur Charles Quint renforce considérablement la place de Damvillers, verrou méridional de son duché de Luxembourg entre Verdunois et Barrois.         

          1528: Levée de l'aide (pour le duc de Bourgogne) dans la ville et prévôté de Dampvillers: Damvillers, 39 feus; Réville (le village est brûlé), 11; Etraye, 6; Wavrille, 6; Lucey (Lissey est brûlé), 8. Déclaration nominative des bourgeois (imposables) de Lissey: Jehan Poinsars, Jacquemin Thieron, Jehan Dunevoux, Guillaume Gopel, Jehan Garder, Reniey de Xevery, Jehan Francoys, Didier de Xevery.(Dénombrement des feux des duchés de Luxembourg et comté de Chiny). Les comptes de la Prévôté d'Etain (1522-1523) signalent la présence de "Bourguignons"dans  la région. "Ils réquisitionnent tout dans les villages et commettent toutes sortes de violence, comme la destruction de la forteresse de Boinville. Dans cette période trouble, des Français sillonnent également la Woëvre en tous sens". Cela pourrait expliquer l'incendie des villages dans le secteur de Lissey. (Etain de ses origines à nos jours, p.32)

          1533: Liceÿ ( Acte du tabellion de Marville )

          1540: Didier HUMBERT, curé de Lissey, mort en 1561

          1542: Une armée française envahie le nord-meusien. En juillet, à sa tête, entre à Verdun le duc Charles d'Orléans, fils puiné du roi, le premier duc de Guise, Claude, François de Bourbon, duc d'Enghien, François de Lorraine, fils ainé du duc de Guise. Cette armée de 6000 fantassins, 600chevaliers, 10000 lansquenets, entre en Duché de Luxembourg, pille et incendie Damvillers, puis assiège Montmédy et s'en empare. Damvillers avait été fortifiée par Charles Quint en 1526. Rendue à Charles Quint, le 17 septembre 1544, par le traité de Crépy. ( règne de François Ier )

          1543: François Ier passe par Damvillers, Jametz et Stenay, se rendant à Luxembourg où il parvient le 28 septembre.

          1546: en mars, Charles Quint inspecte ses places de Damvillers, Jametz, Montmédy, se rendant à Luxembourg.

          1549: ( Richard de Wassebourg , né à Saint-Mihiel à la fin du XVe siècle, il meurt archidiacre de Verdun en 1567; mentionne Lissey dans son ouvrage: Antiquités de la Gaule Belgique)

          1552: Siège et prise de Damvillers, puis Montmédy, par Henri II. Rendues à Charles Quint en 1559 ( traité de Cateau-Cambrésis ) et feront partie des Pays-Bas espagnols jusqu'en 1659( traité des Pyrénées ). Ambroise Paré suit Rohan en Lorraine. Au siège de Damvillers, n'ayant plus de fers rouges, il procède pour la première fois à la ligature des vaisseaux sanguins lors d'une amputation sur un gentilhomme blessé à la jambe d'un coup de couleuvrine.

Au cours de cette période, longue de deux siècles ( 1552 - 1766 ) qui va du " voyage d'Allemagne " de Henri II ( 1552: occupation de Metz, Toul et Verdun ), à l'annexion des deux duchés ( 1766 ) notre terroir connaît des événements de guerre nombreux et divers et de grandes misères. Dans le conflit qui continue à opposer la France à la Maison d'Autriche, il est souvent un champ de batailles et, ouvertement ou non , un enjeu.

Résumer la situation de la Lorraine, pendant cette période, de façon compréhensible, est extraordinairement difficile tant les événements sont d'une complexité extrême.

Le duc Charles III adhère à la ligue en 1588. Son geste a pour contrecoup maints ravages par les bandes protestantes venues d'Allemagne.

La guerre de trente Ans ( 1618 - 1648 ) a ensuite d'effroyables conséquences pour la population lorraine, avec l'occupation française, coûteuse et pénible quasi ininterrompue depuis les " promenades militaires " de Louis XIII en 1632 - 1633 jusqu'en 1661…, et les incursions répétées des bandes suédoises, allemandes, espagnoles, croates et même lorraines, des armées françaises et impériales… qui vivaient souvent au dépend de l'habitant. Notre région vit alors une des périodes les plus tragiques de son histoire (pillages, viols, massacres, peste, famine, impositions de toutes sortes, mauvaises conditions climatiques, etc… ) et il est impossible que Lissey  n'ait eu à subir aucun de ces maux..

Les épisodes militaires de la Fronde - les " campagnes du Barrois " ( 1652- 1653 ) qui opposent les troupes fidèles à Mazarin à celles du Grand Condé allié du duc Charles IV et des Espagnols apportent encore leur lot de misères insupportables.

La guerre de Hollande entraîne dès 1670 une nouvelle occupation française et celle-ci se prolonge jusqu'en 1697.

En 1737, les duchés sont donnés en viager à l'ex-roi de Pologne: Stanislas Leszczynski.

Le pays va connaître cinquante ans de " paix française " jusqu'à la Révolution.

            1561: Nicolas BLANVALET, curé de Lissey ; a résigné en 1563

          1563: François GUILLEMIN, curé de Lissey, mort en 1568. Il avait fondé dans l’église pour chaque jeudi de l’année, une messe basse du Saint-Sacrement.

          1566: Licey ( Lamy )

          1568: François GUILLAUME, curé de Lissey, mort en 1603

          Par son testament daté du 15 janvier 1603, il fonda pour chaque jeudi de l'année, une messe basse du Saint sacrement, transformée plus tard en 3 messes hautes du saint Sacrement, les 1er jeudi de janvier et février et le mardi des Cendres. Les capitaux étaient respectivement de 84 f.,84 f., et 88 f., et dont les intérêts s'élevaient à 4.20 , 4.20,4.40 dont 2.5 pour le curé, 0.75 pour les chantres, 0.10 pour le sacristain. Plusieurs fois réduite, elle a été acquittée jusqu'à la Séparation (1906).[Les terres, prés et vignes fournissant la rente destinée aux honoraires des messes portaient dans les comptes de la Fabrique le titre de Rente du St-Sacrement. Le tableau des fondations portait- 7 messes hautes du St-Sacrement à chanter le premier jeudi des sept premiers mois de l’année, pour les Trépassés].

          1570: le 28 octobre: sentence de Guillaume de Saint-Seine, lieutenant du comte de Porcien, sieur de Croÿ, gouverneur du duché de Luxembourg et comté de Chiny, maintenant le chapitre dans la jouissance du droit de main-morte à Peuvillers, Ecurey, Moirey, Gibercy et Bréhéville, contre les habitants de Damvillers, Wavrille, Etraye, Lissey et Brandeville (Luxembourg, le 28 octobre 1570; copie du temps; Mettensia VIII, p. 121)

          1577: Traité d'entrecours de l'église cathédrale de Verdun, pour les habitants d'Ecurey, de février 1577, confirmé par les ducs de Luembourg, le 10 décembre 1611, relatif aux propriétés entre Ecurey, Lissey et Peuvillers, 1 pièce papier, 1 pièce parchemin

          1578: Date de la charte d'affranchissement: celle de Sivry sur Meuse (Jeantin, voir le texte dans les Chroniques, t. II, p. 293 )

          1581: Les droits seigneuriaux appartenaient à Eve du Chastelet-Trichastiaux , veuve de Perrin d’Haraucourt, dame douairière de Lucey, laquelle avait conservé un manoir à Lucey. Le manoir de la châtelaine était alors près de la vieille église, détruite, en 1779, alors que les droits terriens avaient passés à la dame de Delut . Ce manoir devint la cure de cette époque ; et les antécesseurs de cette dame, autrefois codécimateurs du Chapitre, y avaient adjoint leur portion de dixmes, portion qui enrichissait l’excellente cure du pasteur du lieu

-          Licy ( Lamy, vente des dixmes )

          1586: le 19 mai: Requête du chapitre au roi catholique touchant les entreprises des officiers de Damvillers à Sivry-sur-Meuse, Soutreville, Haraumont, Fontaines, Liny, Bréhéville, Consenvoye, Merles, Molé, Dombras, Dimbley, Vittarville Flabas, Crépion, Vile, Moirey, Gibercy, Peuvillers, Ecurey, et Lissey (Bruxelles le 19 mai 1586; copie authentique du temps, Mettensia VIII, p 122).

          1588: Stenay occupé par les Lorrains après un long siège.

          Siège de Jametz, par Charles III ( duc de Bar et de Lorraine ), qui dépend du duc de Bouillon, chef des protestants de la région. La place est défendue par l'ingénieur Errard de Bar-le-Duc et tiendra bon jusqu'en décembre 1588; son château ne se rendra qu'en juillet 1589.

          Dans sa relation du siège de Jametz, E. BIGUET, p.65, écrit ceci: "Les châteaux-forts de Bréhéville (18 mars 1588), Ville, Pillon, le fort de Brabant-sur-Meuse, tombèrent l'un après l'autre; les soldats de Schélandre firent main basse sur tous les bestiaux, graines et vins de Brabant". Le château de Bréhéville ne peut être que le "Châtelet".

 

Dès la fin de 1584, le sieur de Schelandre dit " Vide Bourse " ( natif d'Azannes ), gouverneur protestant de Jametz, avait commencé contre le Verdunois une guerre continuelle de surprises et de razzias…

A la fin de l'année 1586, le duc Charles III envoie au secours des Verdunois un petit corps de troupe, qui occupant le château de Bréhéville ( ? ) et les villages de Ville, Pillon et Mangiennes, forme un demi-cercle que la garnison de Jametz devra traverser si elle veut faire de nouvelles incursions dans le Verdunois. Les Huguenots de Jametz continuent leurs déprédations. Ils mettent à contribution 27 villages voisins (Histoire de la ville d'Etain par M.P., p.42); ainsi, le 15 avril 1587, viennent-ils rafler des chevaux, du bétail et d'autres butins à Mogeville et Morgemoulin. Africain d'Haussonville sorti de Verdun, à leur poursuite avec 200 arquebusiers, les joignit près d'Ornes ( au fond de Curemont ) mais fut si vivement reçu qu'il dut battre en retraite, laissant 25 tués et une trentaine de prisonniers. Il subit un nouvel échec sous les murs de Jametz le 24 mai 1587.

En janvier 1588, Africain d'Haussonville, à la tête de 3000 fantassins et de 800 chevaux , occupe Stenay et intercepte les communications entre Jametz et Sedan. Il établit son Q.G. à Juvigny le 19 janvier . Toute l'année 1588 se passe en assauts infructueux et escarmouches. C'est seulement le 29 décembre que la ville se rendit par composition au duc de Lorraine. Quant au château assiégé depuis le 13 avril 1589, il se rendit le 29 juillet.

          1597: Ier février 1597 : Transaction entre les habitants de ECUREY et LISSEY à raison des droits dits de messierie qui étaient dus aux messiers (n. m .-anc. fr. mes, messarium, messis, moisson. Sous l’ancien régime, officier chargé de surveiller les cultures avant l’ouverture des bans de moisson. Le nom a été utilisé pour les gardes champêtres temporaires encore au XIXe siècle ) des cultivateurs de cette dernière commune, par ceux d’ECUREY, pour les propriétés que ceux-ci possédaient sur le ban de LISSEY. Les derniers s’obligèrent à verser annuellement 30 Frs ,en remplacement des droits de terrage et de pressurage auxquels ils étaient assujettis.

          1603: Pierre FOUQUIER, curé de Lissey (vers 1603).

          1611: Dénombrement des contribuables de Lissey par la prévôté de Damvillers.

capturer-prevote-de-damvillers.jpg capturercarte-region-de-damvillers.jpg
 Prévôté de Damvillers  Région de Damvillers

 

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Archives nationales du Luxembourg:A-XIII-6-1 f.97v

 

          1612: Une tuile, provenant de la Bergerie, a été retrouvée à Grand-Failly, elle est très ancienne puisqu'elle porte le millésime de 1612. Il s'agit en fait d'une reconnaissance de dette gravée dans l'argile à l'aide d'une pointe badine.

          Ecrire sur la terre encore humide un texte aussi important que celui dont il s'agit n'était certainement pas chose facile. Force est de reconnaître cependant que l'écriture est régulière et parfaitement lisible.

 

<<Lettre badine de M-

Je soussigné Pierre Fallet laboureur

demeurant à Lissey reconnais devoir

et promet de payer à Hubert Drouët

le cadet demeurant à la Bergerie sous Lissey

la somme de cent cinquante cinq

livres pour valeur reçue de quinze

millierts de thuilles qui fait dix livres

l'un que le dit Drouët m'a vendu

et délivré à mon consentement>>

1612     X

Hubert Drouët

 

          Le tuilier créancier , Hubert Drouët, a contresigné la reconnaissance de dette de Pierre Fallet, lequel ne sachant pas lire et écrire, ce qui était chose courante à cette époque s'est contenté de marquer d'une croix la dite reconnaissance. La lettre de marché nous dit qu'Hubert Drouët a vendu quinze milliers de tuiles. Le salaire du fournier était payé au mille de tuiles en recette, c'est également au mille unités que le tuilier vendait sa production.
D'autre part, dans le texte il y a une erreur: 15 milliers de tuiles à dix livres le mille donnent un résultat de
150 livres et non 155. Pourquoi cette différence? S'agit-il vraiment d'une erreur, ou la différence de 5 livres représente les intérêts de la somme due par le débiteur. Il existe une troisième hypothèse. Sachant que son débiteur ne savait ni lire ni écrire le tuilier aurait donné un petit coup de pouce au montant du. On peut cependant se poser une autre question. Par quel effet du hasard, cette lettre de marché qui à l'origine avait une importance certaine pour le tuilier, et ensuite pour le débiteur se retrouve 350 ans après sur une toiture d'un village des bords de l'Othain à 15 km de là. ( Paru dans la revue " Sur les rives de l'Othain )

          1615: Claude FLORION, curé de Lissey, mort en 1656.

          1626: Epidémie de peste à Damvillers et dans les communes environnantes. A tel point que le magistrat de Verdun interdit au bourgeois de se rendre à la foire qui se tenait en cette ville le jour de la Saint-Michel ( Mémoires de la Société Philomathique, t. V, p. 577 ).

          1631: La guerre de trente ans éclate en Lorraine. Elle débute en Bohême en 1618 et se termine en 1648 par le traité de Wesphalie ( rattachement des Trois Evéchés: le duc de Lorraine et de Bar perd Jametz, Stenay, Dun, Clermont ). En Lorraine les mouvements de troupe débutèrent en 1631 et durèrent jusqu'en 1661.

          Epidémie de peste.

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Carte de TASSIN vers 1630

 

          1635: Les Croates atteignent la Meuse au nord de Verdun, la franchissant à Consenvoye. En 1636, ils opèrent dans la région d'Etain, pillent Brieulles, Béthincourt, Dannevoux et la région de Montmédy. Les Hongrois incendient Hannonville. Les habitants fuyaient dans les bois où ils périssaient de misère. Des troupes de loups avaient pris possession des villages abandonnés, et durent être tués par centaines quand la paix fut rétablie.

          1636: En mai, la peste sévit dans la région ( Don Ganneron, chartreux du Mont Dieu ( Ardennes ) dit que l'on compte 20 000 personnes mortes depuis Sedan jusqu'à Verdun. Un habitant de Marville écrit : la peste en cinq mois causa plus de 10 000 victimes, tant à Dun qu'à Stenay alors que la famine y était effroyable ( cité par J. Maillard, op. cit.).En fait, la maladie fut latente dans la région de 1621 à 1638. La guerre ne fit qu'accentuer encore à tous ces maux. La peste fut apportée soit par les Croates, soit par les troupes françaises venues les chasser, soit encore par les mouvements de population qu'ils engendrèrent. En outre, l'invasion de la région en mars, mois des labours et des semailles, jointe à la violence de l'épidémie en août, mois des récoltes, désorganisèrent la vie agricole, provoquant la rareté des grains et par là même la famine. On ne sait toutefois qui, de la peste ou de la famine, fit la première son apparition. Mais, des trois fléaux qui frappèrent la région en 1636, il ne fait guère de doute, que la peste, dont le terrain avait peut-être été préparé par la famine, fut de très loin le plus meurtrier. Certains villages perdirent encore une fois jusqu'à 60% de leur population.

          1637: 8 mai 1637 : Claude Charles de Housse, seigneur du fief de Hugne, près de Juvigny, voyant avec peine, l'occupation française de la région, s'allie avec des gens sans aveu et se joint à un parti ennemi (croates).

            La troupe passe la Meuse et ravage les villages de Beaufort, Beauclair, Halles , Wiseppe et enlève un troupeau de vaches de Stenay (perte estimée à 120 000livres). (Denain)

            Instruit de ces faits, le maréchal de Châtillon, alors à Verdun, décide de se rendre à Stenay.

            Durant le trajet, au sortir de Dannevoux, l'armée française devait traverser la Meuse sur un pont situé au-dessous de Vilosnes (juillet 1637). Celui-ci était protégé par une tour qui en ouvrait ou fermait l'accès. Nicolas Jacquemin de Villers, gouverneur de cette forteresse, zélé partisan de Charles IV (duc de Lorraine), en refuse l'accès. L'artillerie, raconte Jeantin (Manuel de la Meuse, T 3, page 2209) eut rapidement raison de cette résistance. Le gouverneur fut pendu aux créneaux avec deux de ses fils.

           Le seigneur de Murvaux qui lui aussi avait refusé de livrer sa forteresse subit le même sort.

          Pierre Vuarin, garde-notes à Etain, mentionne ces faits:"Le roy aurait fait advancer une armée du duché de Luxembourg, conduite par le maréchal de Chatillon, laquelle d'abord auroit pris quelques châteaux en Lorraine: Villoyne (Vilosnes), Lucy (Lissey), Morvault (Murvaux), la ville de Chavency (Chauvency-le-château) et assiégé Yvoy (Carignan actuel) après y avoir ruiné les dits châteaux.

 

            Sur le chemin de Vilosnes à Murvaux seul Lissey possédait une fortification. Il ne peut y avoir de doute à ce sujet d'autant plus que nous avons déjà rencontré l'appellation de Lucy pour notre village.

          1er septembre 1637 : Le marquis de Feuquières (campagne du maréchal de Châtillon dans le nord-meusien), après avoir pris les châteaux de Charmois ( Mouzay ), Inor, Sivry, Chauvency,  Vilosnes, en juillet 1637, met le siège devant Damvillers ( qui fait partie des Pays-Bas espagnols de 1559 à 1659, date à laquelle elle est annexée à la France par le traité des Pyrénées) avec 3000 hommes. La place est tenue par 600 hommes.

          Récit de la prise de Damvillers

          Voici venir l'armée du maréchal de Châtillon; elle est composée: - des régiments de Navarre, de Rabure, de Turenne, et des suisses de Molandin, dont les 58 compagnies se campent à Wavril; là est établi le quartier du roi; - des régiments de Watronville, de Batilly, de Nice, de Longeron, de Bellebrune et d'Aubeterre, dont les 63 compagnies sont à Jubassey  ( Gibercy ); - des Liégeois de Walmont et du marquis d'Eco, des allemands de Sirept et du colonel Bouillon, des croates de Rantzau, dont les 37 compagnies sont mises tant à Lissey(3compagnie de cavaliers allemands  du colonel Bouillon bivouaquaient à Lissey) qu'à Puvillers, où était le quartier de Feuquières, maréchal de camp; - des cavaliers de Lignon, de Saint-Aubin, de la Meilleray, dont les 21 compagnies stationnent à Ecurey; - des brigades de Bouchavannes et de Peauboeuf, dont les 26 compagnies s'arrêtent à Reville; - enfin, les chevaux des artilleurs, et les 20 compagnies du régiment de Beauce, plus les 20 escouades des écossais d'Hébron, prennent pied à Etraye. ( Voir le plan du siège, imprimé à Paris en 1638 ).

          De forme trapézoïdale à peu près régulière, la fortification était munie de cinq bastions: ceux dits - du Château - de Mondragon - de Sainte-Marguerite - de Sainte-Barbe - et de l'Empereur: quatre talus de contre-escarpe, avec le chemin couvert tout autour du corps de place; quatre demi-lunes, dont deux armées de bouches à feu couvraient la porte de Verdun, et dont les deux autres, armée de même, couvraient celle de Montmédy. Des fossés très profonds, de 25 toises de long sur 9 pieds de large; des cavaliers très-élevés; des glacis, enfin, complétaient le système de défense des assiégés. Les travaux de circonvallation furent menés par les habitants des villages voisins réquisitionnés (Dom C. Bigot, op.cit. p.69 écrit ceci: On m'a asseuré que bien neuf cents villages contribuoient à ce trou ?).

          Après un violent feu d'artillerie, l'attaque fit ouvrir la tranchée, le 1er septembre 1637, par le régiment de Navarre: ce régiment était conduit par le maréchal en personne; l'approche était protégée par deux batteries, l'une de deux mortiers, l'autre de cinq pièces de canon. Une place d'arme défendait la batterie royale, consistant en 14 gros canons; une autre batterie de 5 pièces, une autre de 4 bouches à feu de fort calibre, étaient employées à battre les flancs; une batterie de 3 pièces de campagne vint dominer la brèche du bastion de l'Empereur . Les assiégés tentent de se dégager par des sorties. Mais la mise en œuvre de fourneaux de mines entraîne rapidement la chute d'une demi-lune puis ouvre la brèche dans le bastion, le 24 octobre: alors 40 hommes s'y précipitèrent de front; et le lendemain les Français étaient maîtres de la place, après 38 jours de tranchée. Le gouverneur espagnol était Stassin; il avait succédé à François 1er d'Allamont, époux de Claude de Housse. La capitulation signée le 25 octobre 1637, fut aussi honorable que possible; elle fut telle que le méritait l'énergie de la défense, la valeur des officiers du duc Charles, et le courage du prince François de Lorraine qui s'était enfermé dans la place, et le dévouement de leurs soldats secondés par les habitants, en tête desquels étaient les sires de Murault et de la Horgne, et d'autres chevaliers du pays.

          Dampvillers ayant cédée à la France, en 1659, par ordre de Louis XIV, ses fortifications furent démolies le jour de la Sainte-Agathe, de l'an 1673. Dérision amère du vainqueur envers le vaincu! Sainte Agathe, seconde patronne du lieu, fut ainsi tenaillée sans pudeur et la place démantelée… pro pudor!

          Les gouverneurs français furent ensuite: - en 1668, la marquis de Valanoir - Pierre le Vaillant de Heultz, major - 1670, Nicolas Leroy du Fay, lieutenent du roi - 1724, Jean-Baptiste Répart, écuyer, chevalier de Saint-Louis. 

          

 

Damvillers était la meilleure place du duché de Luxembourg. Sa perte est lourde de conséquence pour les Espagnols. Le bilan est également lourd pour lesvillages environnants souvent mis à contribution ou soumis à saccages. D'autant plus qu'il succédait à la famine et aux terribles épidémies de 1636.

          "Les soldats dudit siège, pendant iceluy, couroient és environs jusqu'à dix ou douze lieues et en ce faisant, achevé la ruyne des bourgs et villages, qui en seroient demeurés inhabités, tellement qu'on n'auroit labouré ni ensemencé du voyen en aucun lieu desdits environs, comme on n'auroit fait presque par toute la Lorraine; car lesdits coureurs prenoient chevaux et bétails et toutes autres choses qui pouvoient leur servir, rompant et ruynant les maisons pour en tirer les fers et barreaux des fenêtres, et les bois des maisons des villages proche dudit Dampviller pour s'en chauffer et accommoder leurs loges et cabanes. (Journal de Pierre Vuarin, garde-notte d'Etain, p:57)"

          Après la prise de Damvillers, les Français auraient aimé repartir à la conquête d'Yvois mais la mauvaise saison était arrivée. Le siège de la place de Damvillers, entourée à l'époque de marais, fut facilité par la sécheresse de l'automne 1637. Damvillers fut démantelé en 1673.

La guerre est toujours pesante 

          Le cortège de malheurs lié à la guerre n'a pas cessé depuis 1641. A titre d'exemple: la ville d'Etain, vit passer les troupes du maréchal de Turenne       ( 1647 ), les suédois du maréchal de Rozen ( 1649 ), les hommes du maréchal de la Ferté-Sénectaire qui y campèrent pendant 10 jours ( 1649 ). Les Lorrains s'y installèrent en 1651 et pillèrent les maisons avant de les incendier. En novembre de la même année les troupes du prince de Würtemberg enlevèrent les récoltes. Au printemps 1653, Abraham Fabert, gouverneur de Sedan, y leva une contribution; du 4 au 11 avril, ce furent les Lorrains qui y séjournèrent. Les épreuves supportées par ce bourg étaient parfaitement représentatives de celles endurées par toute la province. Elles provenaient de bandes incontrôlées ou de soldats en colère, le manque d'argent provoquant des mutineries et incitant la soldatesque à se "payer" sur la population.

          1642(Mâchon) Epidémie de peste.

          1647: Prise de Marville, le 30 juillet, par la marquis de la Ferté-Senectère

          1650: La Lorraine toute entière offrait un spectacle de grande désolation qui frappa tous ceux qui parcoururent le pays et on rapporte que le pape lui-même en fut ému.

             1654: La forteresse de Stenay est reprise à Condé. Elle sera démantelée en 1687.

          1656: François de la Roche, curé de Lissey, mort en 1667.

          1657: Siège de Montmédy, en présence de Louis XIV. (Maréchal de la Ferté-Senectère).

          1659: 09 novembre 1653: Traité des Pyrénées. Par ce traité, Montmédy, Damvillers et quelques autres places furent démembrées du Luxembourg et cédées à la France. Lissey faisait partie du Luxembourg et Ecurey dépendait de l'Evêché de Verdun, la frontière était matérialisée par le ruisseau du Harbon.

          1661: Novembre 1661: reconstitution de la justice prévôtale de Damvillers qui comprenait, outre la ville chef-lieu, les villages d'Estray, Gibercy ou Jubassey, Lissey, Peuvillers, Réville, Wabvril, plus la cense d'Anglemont. Elle fut placée sous le ressort immédiat du Parlement de Metz, même pour les cas présidiaux. Son exercice fut confié à un prévôt-juge royal et de police; elle se composa, en outre, d'un substitut faisant fonction de procureur du roi, et d'un greffier, autrefois dit clerc juré. On y attacha: trois procureurs, trois notaires, qui pouvaient cumuler et trois huissiers.

          1667: Une ancienne confrérie de Saint-Sébastien existait avant cette date. L'autel dédié à ce saint est devenu l'autel de St-Jean-l'Evangéliste en 1780. Pl

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