Moyen Âge

 

         Au moyen-âge, Lissey (ainsi que Damvillers et Montmédy) fait partie du Comté de Chiny. Le comté de Chiny aurait pour origine le comté d'Yvois (Carignan) mentionné en 923 et 955. Montmédy en devint la capitale par la suite.

            770: Charte mentionnant Lissey

          845 ou 878: Les partages carolingiens changèrent les premières distributions du pays, le bassin de la Thinte passa sous d’autres dominateurs. Les Othon de Germanie devinrent maîtres de la Lotharingie et alors apparaît l’existence de Lucei villa ( Lutzel sée ) la petite Lissey.

          910: Charte mentionnant Lissey 

          1035: Charte mentionnant Lissey 

          1049: Charte mentionnant Lissey

     La dureté des temps dans le verdunois au XIe siècle

     De 1030 à 1033, la terre fut pour ainsi dire stérilisée et la misère sans exemple. On vendit publiquement de la chair humaine ! On déterra des cadavres pour les manger ! Mais en 1033, la récolte en froment, en vin et en toutes sortes de fruits de la terre, fut tellement abondante qu'il en resta beaucoup pour les années suivantes

     En 1043, "forte famine". Aux horreurs de la famine se joignirent de très fortes gelées qui commencèrent aux calendes de décembre (Ier décembre) et ne finirent qu'aux calendes de mars (Ier mars).

     En 1044, "très forte famine". A la grande famine se joint une mortalité considérable.

     En 1047-1048, "la neige tombe avec une telle abondance, en Occident, que des forêts en furent brisées

     En 1049, Lambet d'Aschaffembourg signale une très grande stérilité de la vigne et de tous les arbres fruitiers.

     En 1051, "Année étonnamment pluvieuse".

     En 1054, une peste terrible éclata sur les hommes: la contagion se mit parmi les troupeaux. Une famine épouvantable suivit qui força les hommes à se nourrir d'animaux immondes.

     En 1057-1058, "Hiver horrible". La neige couvrit la terre pendant quatre mois. Mais l'été qui suivit donna, en tout, une récolte exceptionnellement bonne.

     En 1068, "à la suite d'une année très pluvieuse, il y eut grande et inouïe disette de vin et de fruits" Les rivières furent débordées presque toute l'année et l'hiver qui suivit fut long et âpre.

     En 1077-1078, l'année 1077 fut la plus terrible du siècle et par son rude hiver et par son été plus désastreux encore. L'hiver qui la précéda, c'est-à-dire celui de 1076-1077, fut excessivement rigoureux. Les chroniqueurs de l'époque en ont gardé le souvenir. Ils nous parlent de la Meuse, du Rhin, du Danube et autres grands fleuves qui furent couverts d'une si épaisse couche de glace, que les plus lourds chariots les pouvaient traverser sans crainte. Leurs eaux immobilisées par la gelée, dit un contemporain, Hugues de Flavigny, offraient aux regards émerveillés des habitants du voisinage des chemins aussi solides que ceux de terre ferme. Presque tous les arbres fruitiers furent gelés, beaucoup de grands arbres, dans les plus épaisses forêts, furent atteints et endommagés. Grand nombre d'oiseaux et d'animaux périrent de faim et de froid dans les campagnes: les loups affamés, enragés, chassèrent à l'homme, et, parmi les hommes, grandes furent la misère et la souffrance, "car ce fut un hiver très écrasant" dit le Cantatorium de Saint Hubert.

     L'été qui suivi ces douloureux mois d'hiver, loin d'apporter un soulagement à cette grande misère, ne fit que l'aggraver. Le pritemps, sans fraîcheur et sans pluie, ne donna qu'une maigre végétation. Les chaleurs devinrent intolérables. La plupart des arbres, que l'hiver avait épargnés, desséchèrent faute de sève. Les herbes naissantes des prairies et les légumes, nourriture de l'homme, furent brûlés avant d'avoir grandi. Les semailles dans une terre qui semblait de la cendre chaude, levèrent à peine, maigres et chètives, sous un soleil infécond et ardent. Enfin, il fut un moment où les laboureurs, dans leurs champs arides, perdirent presque complètement l'espérance de la prochaine moisson: et cette moisson fut nulle. Aussi, une disetteatroce s'en suivit. beaucoup de personnes moururent de faim. A ces calamités publiques, ajoutons les dévastations impitoyables, souvent cruelles, dont les gens de guerre, qui eux aussi pillaient pour vivre, affligeaient certains de nos villages frontières, et nous aurons une faible idée des maux affreux que dûrent supportee les pauvres serfs, nos ancêtres.

     En 1084, le froid devint tout-àcoup très acerbe. Et par l'amoncellement des neiges tombant sans cesse, l'hiver fut à la fin excessivement affreux et insupportable. Beaucoup de femmes et d'enfants des pauvres succombèrent à l'apreté du froid. Il y eut aussi une grande mortalité d'animaux et d'oiseaux.

     A ces calamités réunies, peste, guerres, disette, hivers désastreux, ajoutons un autre fléau qui ne s'est présenté qu'une seule fois, il est vrai: ce fut un violent tremblement de terre, accompagné d'épouvantable mugissements souterrains qui eut lieu le VI des calendes d'avril (27 mars) , 1081. Il se fit sentir à Liège et à Reims, en passant par Verdun, et épouvanta tout le pays. La chronique rémoise en fait un tableau effrayant: "La terre dit-elle en a souffert et en souffre encore".

                                                Charles Nicolas GABRIEL (Verdun au XIe siècle)

 

          1076: D'après M. A. BENOIT (membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc, bulletin de 1892, p.48) une bulle du pape Urbain II donne la nomenclature des terres appartenant à l'abbaye de Juvigny-les-Dames. Lissey en fait partie: Novem perticas vinearum LEZURA

          1135: Adalbéron de Chiny, évêque de Verdun de 1131 à 1156 fut un grand prélat. Tant de ses patrimoniaux que de la dotation primitive de son église, Adalbéron possèdaient avec beaucoup d'autres indivisionnaires, l'immense forêt de Mangiennes; cette forêt qui couvrait alors tout le bassin des basses Wapvres, entre l'Ornois et le Dormois. Une idée autant humanitaire que religieuse, lui vint un jour à l'esprit: c'était d'étancher ce sol couvert de marécages et d'assainir ces déserts, terrae assae, que des miasmes pestilentiels vouaient à une froide solitude et à l'infertilité. Pour ce faire, il s'adressa, d'abord aux abbés de Trois Fontaines et de la Chalade, et il leur demanda des pionniers. Ce fut sous le Castlon de Bréhéville, du lieu dit aujourd'hui le Châtelet de Lissey, qu'il essaya de les installer, le premier établissement fut même commencé, paraît-il en 1135.

           Mais les religieux de la Chalade n'ayant pas pu répondre à son désir, Adalberon, s'adressa à Trêves, d'où étaient partis anciennement les premiers défricheurs des terrains fangeux d'Etain, de Dampvillers, de Marville.... et Rodolphe, abbé du claustrum d'Himmerode, lui procura des ouvriers.

          Les dames de Saint Maur, investies de la dotation du couvent verdunois de Saint Médard et de celle de l'oratoire de Saint Jean Baptiste, où le second évêque des Claves avait été enterré, avaient à Pilon, une petite église sous l'invocation du saint évêque de Noyon. Elles avaient aussi les autels de Billy, de Villers, de Romagne, d'Orne, de Louvemont, d'Affléville, de Gondrecourt, etc.. Cette circonstance dût déterminer le prélat à transporter son oeuvre du bassin de la Tinte dans le bassin du Loison. ( Jeantin, Histoire de Montmédy et des localités meusiennes, p.1618).

          1143: Jean Denaix (abbé), dans "Chartes des Cisterciens de Saint-Benoit-en-Woëvre" (pages, 43 et 207) nous signale un certain Hugues de Luce (Lissey). Il nous dit que celui-ci fait partie du clergé, peut-être du chapitre de Verdun. L'identification de "Luce" pour Lissey est aisée, tant ce mot, surtout sous la forme Lucey, revient souvent dans le Nécr. S.M. (cf.: Table, 401, col. 2). Hugues lui-même n'a pas été identifié.

          1182: Charte de Beaumont. Guillaume aux Blanches Mains, archevêque de Reims promulgua la Charte de Beaumont. Elle servit de modèle pour l'affranchissement de 585 localités dans l'Est, le Nord, la Belgique au XIIIe et XIVe siècles

 

     Puissance de l'Eglise au Moyen Âge

     Dans les principautés laïques et ecclésiastiques de la Lorraine, il éxistait quantité de monastères d'hommes ou de femmes. Quelques uns avaient des domaines qui, par leur étendue ou leur valeur égalaient ceux des plus puissants seigneurs. Ainsi le chapitre de la cathédrale de Verdun étendait sa domination foncière sur 44 villages (on pourra voir un peu plus loin que celui-ci possédait entre autres, à Lissey, la Bergerie, le grand étang, le four banal, etc), celui de Toul, sur 18, sans compter ceux où il possédait de petits revenus et des dîmes. Les abbés d'Orval furent pendant six à sept siècles les plus riches seigneurs du pays: 118 localités étaient leurs tributaires. De l'abbaye de Saint-Mihiel dépendaient 130 villages.

     Les évêque et les abbés, voir les abbesses, se comportaient comme de véritables seigneurs copiant leurs travers et parfois leurs excès.

 

          Au XIème siècle, la population lorraine ne dépassait pas les 500 000 habitants. 

          1233: Lussey ( cartulaire de la cathédrale de Verdun, copie de titres concernant les biens de l'église et du chapitre de Verdun )

          Querelle de vaine pâture ou de droits d'usage forestier: procès signalé à Lissey.(Alain Girardot, Le droit et la terre, p. 211).

          1234: Perrin de Muraut concède aux hommes d'Ecurey et Peuvillers les défrichements qu'ils avaient clandestinement opérés, au bois Juré, à Lissey, moyennant deux gerbes sur quatorze, pour les labours et un d. de fauchée de pré.(Alain Girardot, Le droit et la terre, p.308).

          1263, le 25 octobre

             Louis, chanoine de Metz, déclare avoir eu congé du comte (de Bar) pour faire les charrois qu'il a exécutés dans les bois de Malancourt (Meuse, arrond. de Verdun, cant. de Varennes).

            <<Conue chose soit à toz ceau ki ces letres verront et oront, ke don charroy ke je Lowis, chanennes de Metz, si fait ou bois de Malencourt, je en nay pris congiet au conte, et bien connoys ke je l'ai fait par lui. Et en tesmongnage à veritey, sunt ces presentes letres celées dou mon ceel et dou ceel Renaut de Luce (Lissey), mon cosin et mon conchanone, ke furent faites kant li miliares corroit par M CC et LXIII ans, le jor des octabes sant Luc ewange listre.>> (André Lesort, Les chartes du Clermontois, p. 114).

            1285: Le comte de Chiny organise des festivités qui eurent lieu en contrebas de la ville haute de Montmédy, aux portes de Chauvency-le-château. Plus de 500 chevaliers répondirent à son invitation. Jacques Bretel raconte ces journées de fêtes dans son célèbre poëme: Le tournoi de Chauvency

          1289: Document faisant mention de la ferme de Haie-Moulin ( La maison Heimon Manil  quisiet en lor terre et en lor treffons entre Bréhéville et Boeymont: cart. de la cathédrale )

          1300: Lucey ( cartulaire de la cathédrale )

          1316: Erard du Châtelet, fils de Jean du Châtelet, marié à Clémence de Murault, fille de Jean, seigneur de Ville-sur-Iron, vend Lissey et la Tuilerie au Chapitre de Verdun. (Voir Dom Calmet, maison du Châtelet, p. 24). Il est encore cité en 1321 et le 25 mars 1326 pour un échange avec l'évêque de Verdun.

          1318: le 18-12-1318: Charte luxembourgeoise ( du lundi devant la Saint Thomas). Accord entre Gobert, seigneur d'Apremont, au nom de l'Evêque de Verdun, son frère, d'une part et Jean, roi de Bohême, représentés par Gilles de Rodemack, Arnould de Pittange et Jean de Berwart, ses conseillers d'autre part. L'accord prévoit que Damvillers, Reville, Etraye, Wavrille, Champneuville, Lissey et Brandeville appartiennent désormais à moitié au roi Jean de Bohême et à moitié au seigneur d'Apremont. (Archives de Luxembourg).

          Gilles de Bourmont propriétaire du « grand étang » de Lissey. Gilles de Bourmont était « doyen de Bar » (de Saint-Maxe) et « chanoine de Verdun », c'est-à-dire des deux chapitres de la cité : de la collégiale Sainte-Marie-Madeleine. De fait, il est bien chanoine de la Madeleine - à laquelle il lègue 200 livres pour son anniversaire - et de la cathédrale qui obtient « le grand étang » de Lissey, qu'il avait acheté de ses deniers au nom du chapitre. En août 1348, on voit que Gilles « doyen de Bar » tenait à ferme viagère du chapitre de Verdun le domaine de Lissey (Arch. Dépar. Du Nord, B 798) ? Voir Ch . Aimond, « Le Nécrologe de la cathédrale de Verdun », Annuaire de la Soc. d'Hist. et d'Archéo. Lorraine, 1909, p. 301.

Gilles de Bourmont était également le chapelain d'Edouard Ier et le conseiller de Yolande de Flandre.

          On lit, dans les comptes de Bar, que, durant cet été de 1318, Daumas, prévôt barisien de Longwy, courût l'évêché de Verdun avec 60 hommes d'armes, à armure de fer, qu'il paya l'hébergement d'expéditions envoyées par le comte vers Hatton-Châtel et vers Mangiennes, ainsi que du côté de Marville, pour donner la chasse à des Verdunois qui avaient brûlés Brandeville: il est parlé d'un renfort d'allemands que fit venir Edouard, d'une chevauchée d'environ cent hommes d'armes qui rôdèrent cinq jours autour de Verdun: enfin d'une tentative de surprendre, pendant la nuit, Rouvres, qui appartenait aux  Apremont. Il paraît que ces attaques nocturnes entraient dans la tactique de ce temps: car les comptes mentionnent plusieurs fois des torches et des "chandoiles", mises dans les bagages. (Clouet, Histoire de Verdun; tome 3, p. 116)

          1320: Charte luxembourgeoise ( du lendemain de l’Ascension ). Ces chartes contiennent un accord entre Jehan roi de Bohême et Gobert IV de Dun, IXe d'Apremont, chartes par lesquelles ils stipulent que Dampvillers, Bure ( c'est à dire la base de Murault ),Reville, Estrées, Wauret ( ou Vantilly ), Champuz ( ou Puvillers ), et Luzern ( ou Lissey ), appartiendront, par moitié à chacune des parties contractantes, mais que Brandeville et autres dépendances du bonum villare seront, pour le tout, au comte de Luxembourg. Ils s'engagent à n'y faire aucune acquisition l'un sans l'autre. Placé en dehors de l'ancienne curie de Mangiennes, é curia, le village d'Ecurey était nûment au Verdunois. Il faut remarquer aussi que, jusqu'à la réunion avec la France, les comtes de Flandres étaient décimateurs à Reville, par suite de la cession de Crépion à l'évêché de Verdun par Raoul de Crespi , sire de Ribemont. Jehan, roi de Bohème, comte de Luxembourg mourut héroïquement pour la France en luttant contre les Anglais en 1356 à la bataille de Crécy.

 

Pendant le Moyen Age la Lorraine faisait partie du Saint Empire Romain Germanique. Notre région était morcelée en Etats indépendants, rivaux et belliqueux dont les territoires, faits de pièces et de morceaux, s'enchevêtraient inextricablement et leurs frontières étaient remaniées sans cesse.

Le Duché de Lorraine: situé au centre et au sud; mais il possédait des enclaves dans les régions de Sierck, Forbach, Pagny. Nancy en était la capitale.

Le Comté de Bar: Bar-le-Duc en était la capitale. Saint-Mihiel, Etain,  Briey, Pont-à-Mousson en faisaient partie.

Le Comté de Vaudémont, avec Vaudémont, Vézelise, possédait des terres fertiles qui l'avaient fait surnommer << grenier de la Lorraine >>.

Le Comté de Luxembourg était puissant. Il occupait le Luxembourg et possédait Thionville.

A côté de ces principautés laïques il y avait les Trois Evêchés: Metz, Toul, Verdun dont les évêques étaient de véritables comtes et qui possédaient de vastes domaines. Les richesses de Metz étaient convoitées des seigneurs voisins.

Ducs, Comtes, Evêques étaient les vassaux de l'Empereur du Saint Empire Germanique. Ils lui devaient l'hommage, mais ils étaient pratiquement indépendants, et, de force à peu près égale. Aussi aucun d'eux  n'était assez fort pour battre ses voisins et réaliser l'unité de la Lorraine.

A leur tour les grands seigneurs étaient suzerains d'autres seigneurs, leurs vassaux à qui ils avaient attribués des domaines dans leurs Etats. Tels étaient les seigneurs de Créhange, Boulay, Morhange, Salm, Dabo, Apremont, Varsberg… Ils formeront une illustre Chevalerie connue sous le nom de : << Cheveaux de Lorraine >>. Les seigneurs lorrains, grands et petits, se battaient entre eux avec un acharnement qui faisait , à cette époque, l'admiration de nos voisins.

Le Moyen Age les verra se battre pour agrandir leur domaine. Il verra les bourgeois des Trois Evêchés secouer le joug de leurs évêques et devenir républiques municipales. Certaines villes s'affranchiront. Les Etats desserreront peu à peu les liens qui les unissaient au Saint Empire Romain Germanique… et toutes les pièces de cet échiquier viendront, quelques siècles plus tard, les unes après les autres, entrer dans le Royaume de France.

Au Moyen Age, Lissey fait partie du comté de Chiny, qui comprend Damvillers, Montmédy, etc.., incorporés en 1354, au duché de Luxembourg et finit, en 1477, par appartenir aux Habsbourg d'Autriche.

          1324: 14 mai 1324: Le domaine de Damvillers, propriété depuis le VIIIe siècle de l'abbaye bénédictine de Mettlach ( Sarre), a été vendue à Jean l'Aveugle par l'abbé Conrard de cette abbaye pour la somme de 5500 livres de petits tournois. (J.-P; Kinsch, Béatrix de Bourbon, p. 359). Une halle avait été édifiée à Damvillers en 1282, en même temps que le ban de Damvillers était mis à la loi de Beaumont.
          Damvillers est demeuré une enclave Luxembourgeoise dans le Verdunois jusqu'au traité des Pyrénées (7. 11. 1659). Lissey faisait partie de cette enclave. Béatrix de Bourbon (1314 - 1383) est douairière de Damvillers.

Denombrement des feux 2 Denombement des feuxDenombement des feux 1

Dénombrement des feux dans les duchés de Luxembourg et de Chiny

au premier quart du XIVème siècle (Jules Vannérus)

 

          1337, le 6 février.

          Après Geoffroy dit Ysoreis ce fut Geoffroy de Basey qui fut prieur de la communauté monastique de Chiny. Un accord fut fait entre ce prieur  et le curé de la paroisse de Chiny (vers 1340). L’accord règle les attributions du curé et les revenus destinés à pourvoir à son entretien en fixant l’étendue du prieuré précisant les limites avec le chapitre de Verdun notamment. Ce fut le Harbon (limite de chasse) qui fut choisi  comme limite. C’est ainsi que la partie d’Ecurey située rive gauche du Harbon fut appelée « la Petite Lissey » bien que faisant partie du village-tas d’Ecurey avec en son milieu la chapelle féodale. » (Archives départementales de la Moselle A.E. fonds Saint Arnoul H147-4). 

         1339: Le seigneur de Muraut vend au Chapitre le grand étang de Lissey.(Alain Girardot, Le droit et la terre, p. 244)

         1344: Gilles de Bourmont donne au Chapitre, dans son testament, un étang qu'il a acquis vers Lissey.(Alain Girardot, Le droit et la terre, p.117).

          1346: mardi après la Toussaint, CharlesI, roi des Romains et de la Bohême, comte de Luxembourg déclare que les habitants de Dampvillers et les appendices doivent jouir de la loi de Beaumont comme ils en ont joui sous ses prédecesseurs (Bonvallot, le Tiers Etat d'après la Charte de Beaumont, p.194).

          1348: 10 décembre 1328: Béatrix fait savoir qu'elle a octroyé aux bourgeois de Peuvillers, prévôté de Damvillers, " les usages et aisances, dont ils ont joui, anciennement en tout le ban de Lucey (Lissey)".

          1349: 10 octobre 1349: Béatrix signe à Damvillers une reprise de foi et hommage de l'évêque de Verdun, Henri d'Apremont, "son amey cousin" , "devant plusieurs de nos gens et dessiens". Par cet acte, elle reprend du comte-prélat, "tout ce que nous pouvons et devons avoir, tant par droit que de coutume de paix en la prévôté de Virton et en la ville de Lucey especialement comme notre propre héritage en tant comme il puet touchiez pour causes que les chozes des susdites furent acheteie de notre tres cher signour, don de Dieu ait lame, le mariage durant de ly et de nous".(PSH, XXIII, n° 151, J. P. Kinsch, Béatrix de Bourbon)

          1352: 13 février: Confirmation par Miles et Colin, enfants de feu Robin de Murault, de la vente, faite par leur père au chapitre, de l'étang sis au-dessous de la tuilerie de Lissey; acte passé sous le sceau de l'officialité de Verdun; copie délivrée sous le dit sceau le 23 juin 1367. (Mettensia VIII, p 124).

          1353: Droit de formariage: C'est le cas de Perrin Fagée, "bourgeois de Sassey" qui a épousé Eudelette, une mainmortable du Chapitre cathédral, originaire de Lissey. Geoffroy IV a confisqué les biens de Perrin, puis les lui restitue, en 1353, car Eudelette est devenue sa "bourgeoise de Sassey". Perrin versera 9 florins pour son formariage. Eudelette est donc parvenue à quitter son seigneur. (Alain Girardot, le droit et la terre,p. 388).

          1354: Le Comté de Chiny est incorporé au Duché de Luxembourg.

          Charte du lendemain de l'Ascension : Charte luxembourgeoise qui contient un accord entre Jehan roi de Bohême et Gobert IV de Dun, IXe  d'Apremont.,Dampvillers, Bure ( c'est à dire la base de Murault ),Reville, Estrées, Wauret ( ou Vantilly ), Champuz ( ou Puvillers ), et Luzern ( ou Lissey ), appartiendront, par moitié à chacun des deux seigneurs qui s'engagent à n'y faire aucune acquisition l'un sans l'autre, mais que Brandeville et autres dépendances du bonum villare seront, pour le tout, au comte de Luxembourg.
Jehan, roi de Bohème, comte de Luxembourg meurt héroïquement pour le Roi de France contre les Anglais en 1356 à la bataille de Crécy.

          1359: Epidémie de peste noire en Lorraine ( On estime la France peuplée de 20 à 22 millions d'habitants en 1328. Celle-ci passe de 10 à 12 millions d'habitants en 1450, à la suite des épidémies de peste, de la guerre de cent ans, de la famine, etc… Certains villages, certaines régions perdent jusqu'à 90% de leur population ).

La Lorraine est le carrefour de tous les conflits: luttes féodales ( entre comtes de Bar, ducs de Lorraine, comte de Ligny, damoiseau de Commercy, évêques, lignages et bourgeois de Verdun ) se superposent et se conjuguent aux effets de la guerre franco-anglaise ( guerre de cent ans ) en 1337; de la querelle des Valois; des schismes de l'église eu égard à l'existence entre 1378 et 1416 de deux papes, l'un à Rome, l'autre à Avignon; des difficultés à l'échelon du trône impérial d'Allemagne; de la lutte entre les maisons de France et de Bourgogne.

Le brigandage s'intensifie après 1380 , conséquence de la désorganisation du Royaume et de l'Empire.

La Lorraine est l'exutoire naturel des routiers, des bandes anglaises et bourguignonnes, des pillards " allemands ". La dégradations est générale. Même les citadins, tels ceux de Verdun en 1383 et 1405, même les villageois tels ceux de Heudicourt-sous-les-Côtes en 1407, commettent des rapines en contrefaisant les Allemands.

          1364: le comté de Chiny est vendu à Wenceslas duc de Luxembourg

         1368: L'official de Verdun excommunie les détenteurs des moulins d'Ecurey et de Bréhéville appartenant au chapitre cathédral (BN. Lorr. 722 f° 165v°)(Le droit et la terre, p 580, Alain Girardot).

           1378-1379: le receveur de la prévôté de Damvillers perçoit de Lissey: des rentes diverses, le porc du maire, le loyer de 6 arpents de forêt, 4 queues de vin de la vigne du duc (de Luxembourg), les revenus du pressoir, le loyer de deux vignes, le loyer d'un gagnage, d'un terrage, les revenus d'un étang. ( Compte de la prévôté de Damvillers, Archives Générales du Royaume à Bruxelles, registre n° 6191 à 6196).  

            Une Maison-Dieu (hôpital) est attestée à Lissey

            1380-1381: il y 13 chefs d'hôtel qui paie une redevance spéciale: on peut estimer la population, du moins celle qui est assujettie à la fiscalité directe à une cinquantaine de personne.

            Un étang est attesté à Lissey, en fait un vivier: 1600 alevins y sont mis. Cet étang est pêché en principe tous les 3 ans, en 1383 par un pêcheur professionnel qui est payé pour cela: il récolte 575 carpes, 294 brèmes et d'autres poissons non nommés. (Archives de Bruxelles, registres n°6191 à 6196).   

         1382: Des dissensions existent (guerre de Verdun) entre l'évêché de Verdun et Damvillers appartenant à Béatrix et dont les possessions s'enchevêtrent. Apre lutte entre ces deux entités à la suite de la vacance de l'évêché de Verdun que Béatrix conteste. Celle-ci se croit obligée de ruiner par tous les moyens possibles l'autorité de l'évêque nouvellement nommé, Liebaud de Cousances, qu'elle considérait comme un intrus. Elle fit ravager la plupart des villages appartenant à l'évêché, autour de Damvillers. Ainsi " la dicte Beatrix fit pescher l'étang de Lucey appartenant audict chapitre et prendre tout poisson pour son quaresme, estimé à mille florins". Elle fait voler et tuer du bétail, des chevaux, etc.. dans les villages de Flabas, Merles, Dombras, etc.. Les hostilités ne cessèrent qu'après 1389.

          1400: Amé de Sarrebrück, damoiseau de Commercy, accompagné de Guyot de Savigny, pousuit ses ravages dans la région. Tous deux viennent se loger en force à Consenvoye, Sivry-sur-Meus et Liny devant-Dun; ils y réquisitionnent du blé et lèvent une contribution en vin sur d'autres localités: Bréhéville, Dombras, Vittarville et Amel (Page 467; Alain Girardot).

               1406: Outre les gentilhommes, chef de troupes, mentionnés plus haut comme employés au service du duc de Bar ou de son fils, pendant la campagne de 1406, on peut citer Hue de Saulx, chevalier, seigneur de Lisey (Lissey), Jean d'Autel et Jean d'Abouville. Au moment où le premier passait à Souilly, au retour d'une expédition, le 16 mai, le prévôt de Souilly fut appelé à lui fournir du vin pour amplir ses boutoilles et celles des gens d'armes qu'il commandait. Jean d'Abouville était encore, le 10 août, logé avec d'autres gens d'autres gens d'armes logé à Rouvroy et à Gueneville, où l'on conduidit du vin pour leur usage. Un sergent de Bar, Jean la Formette, qui avait servi le marquis de Pont-à-Mousson en la chevaulchie faite devant Metz et autre part, en plusieurs lieux, durant la campagne, y perdit un cheval. Robert lui donna, le 17 décembre, en compensation de sa perte et pour la somme de 18 livres, une coupe de 13 arpents et demi de bois, située ès revenues du Juré en la Haironnière. (Annales historiques du Barrois de 1352 à 1411, p. 403)

          1415: Décès de Alix du Castelet, seigneur de Lucey. La maison du Châtelet-Trichastiaux, portait : d’or, à la bande de gueules, chargée de trois fleurs de lys, d’argent. On verra ailleurs, les rapports terriens de cette baronnie, dans les basses Wabvres, avec le cantonnement des d’Haraucourt de Remoiville, des Castelet de Mirowald, et des sires de Louppy les deux châteaux. Ces grandes maisons de la chevalerie barro-chino-lotharingienne, avaient eu des droits seigneuriaux sur Lucey, dans le principe, ainsi que les anciens Chaufour-Deuilly. Ces droits, acquis et amplifiés par des occupations violentes, elle les perdit, pour la plupart, en 1635, alors que Louis XIII, en répression des actes des résistance des trois châtelains, fit détruire les trois castelets : celui du Castelon de Bréhéville, celui du Merald du Murault et celui de Merowald, autrement dit Arimont ou Miremont, sur la rampe de Lion devant Dun. Leur portion terrienne, à Lucey, fut apporté dans la maison d’Orne, par Alix duCastelet, lors de son union avec Jehan d’Orne, décédé sans héritier mâle, en 1415. De quenouille en quenouille, ces droits passèrent dans les maisons de Lendres-Fontois, d’Haussonville-Nettancourt, puis en 1581 à Eve du Chastelet-Trichastiaux, voir plus loin [M. Jeantin, Histoire de Montmédy et des localités meusiennes de l’ancien Comté de Chiny]

          1451: La charte de 1451 dit Lissey et Bréhéville, anciennement cité de Reims et Verdun, royaume d’Austrasie, sur les limites incertaines de la Neustrie, empire germanique.

          Si Haraumont n'est pas encore réoccupé vers 1511, c'est parce que les villages voisins usent de son finage, labours et pâtures, et parce qu'au moment du relèvement, en 1451, les villageois de Bréhéville ont pris à  cens du chapitre cathédral la totalité du finage d'Haraumont. Cette mesure retardera la construction du village jusqu'en 1517, année où des forains demandent à s'y établir et où le chapitre nomme des commissaires afin d'organiser la reconstruction. Les colons construisent à leur frais une chapelle, à l'emplacement de l'ancienne église, en 1532. (Le droit et la terre, p 524; Alain Girardot).

          1454: querelle de vaine pâture entre les villageois de Bréhéville et de Sivry-sur-Meuse au sujet du finage de Haraumont, "ville qui de longtemps ait été détruite". En mai 1496, les villages de Bréhéville , de Soutreville et de Bréhéville sont en désaccord sur les limites des bois entre Sivry, Soutreville et Haraumont; il n'est pas question d'habitants à Haraumont. (p. 523. Alain Girardot).

          1462: le 28 octobre: sentence de Guillaume de Saint-Seine, lieutenant du comte de Porcien, sieur de Croÿ, gouverneur du duché de Luxembourg et comté de Chiny, maintenant le chapitre dans la jouissance du droit de main-morte à Peuvillers, Ecurey, Moirey, Gibercy et Bréhéville, contre les habitants de Damvillers, Wavrille, Etraye, Lissey et Brandeville (Luxembourg, le 28 octobre 1462; copie du temps; Mettensia VIII, p. 121)

          1463: Le maire de Bréhéville, Aubertin Coignart, se repent d'une rebellion contre le Chapitre; neuf de ses "frères, cousins, parents et amis charnels" habitant Herméville, Warq, Saint Hilaire, Bonzée, Lissey et qui ont contribués à le libérer de prison, se portant plège pour lui, pour une valeur de 300 florins rhénans.

          2 juillet 1463: Lettres de grâce accordées par le Chapitre à Aubertin Coignard de Bréhéville, condamné à mort par l'écuyer du chapitre pour crime de félonie et lèse-majesté: acte dressé par le notaire Pierre du Pont, du diocèse de Châlons.

          En juillet 1463, plusieurs parents et "amis charnels" d'Aubertin Coignard, ancien maire de Bréhéville emprisonné par le Chapitre à Bonzée, réclament sa libération: Aubertin maire de la localité durant deux ans, a "fait conspiration, monopoles, assembléez de pueple; soy efforcié de faire obligier la communalté de ladite ville pour avoir argent et intencion de plaidier à mesdis seigneurs (les chanoines); luy meysme, avec autre ses complices soy obligé en plusieurs.... lieux et, que plus est, presté de son propre argent, présument mauvaisement vouloir mettre au néant la seignorie "du chapitre à Bréhéville "et sur les hommes et femmes dicelle et cuidie prenre et avoir autre seignorie"; Aubert, lui aussi, a commis un crime de lèse-majesté; il échappe à la mort parce que les "seigneurs (du chapitre) sont gens d'église et pour ce voulant grâce et miséricorde estre préferré à rigueur de justice" et parce qu'Aubert est "homme de cette église, de mortemain, de formariage et de toute poursuite" (Meuse 11 F 72, n° 10); une "rebellion" des habitants de Bréhéville est encore signalée en 1473. (Invent. cath. B. N. Lorr. 722 f° 166 r°). (Alain Girardot, Le droit et la terre, p.737).

          1468-1469: le receveur de la prévôté perçoit de Lissey, entre autres: 2 jardins, des bourgeoisies, le loyer des pâturages, les assises, les amendes, le loye de 13.5 arpents de forêt, les revenus de plusieurs pressoirs, le loyer d'une grange, d'un jour de terre (champ). Archives de Bruxelles, registre n° 6191 à 6196).

          1469: Le duc de Bourgogne prend en sa sauvegarde Bréhéville, Brandeville et Lissey pour interdire le pillage à ses soldats. (Alain Girardot, Le droit et la terre, p 787).

           1470-1471: le receveur de la prévôté perçoit de Lissey, entre autres: les amendes du messier, le loyer d'une chènevière.

            Les habitants de Lissey paient également une redevance en argent appelé "le guet de Lissey", très certainement un ancien devoir militaire (guet du château de Damvillers consistant à participer à la surveillance des environs du château) transformé en redevance. (Archives de Bruxelles, registre n° 6191 à 6196).

            La rente du guet recense 38 feux, soit 150 à 200 individus.

            La récolte de vin de 1470 produits 15 queues 9 setiers, dont la moitié est vendues au enchères.

            (Au moyen-âge, deux activités économiques sont plus évoquées que les autres à Lissey: la viticulture et la pisciculture. Le duc de Luxembourg, possède une vigne à Lissey, s'étendant entre 5 et 7 jours. Elle est travaillée chaque année par quelques vignerons ( 3 en 1470). Pour les vendanges, sont engagés des vendangeurs (2 en 1382, apparemment originaires de Lissey) et des porteurs de hotte (4 en 1468). Le duc doit nourrir les vendangeurs avec 3 michettes de pain chacun par jour. Le raisin est mis dans le pressoir (qui appartient au duc), puis le vin est mis dans des cuves. Ces cuves pleines (3 en 1382) sont gardées par un homme pendant deux ou trois semaines, nourri par le duc (pain, viande, lard, fromage). Le vin est ensuite acheminé à Damvillers par 2 charretiers.

          1477: Le Duché de Luxembourg devient une possession des Habsbourg d'Autriche

          1499: Procès opposant le duc de Bar à Marguerite de Lissey concernant le rachat de la seigneurie de Grémilly.(Alain Giradot, Le droit et la terre, p. 610).

          1512: Il y avait un pressoir à Damvillers, un à Ecurey, deux à Lissey. Une "foullerie" est signalée à Lissey. Le chapitre cathédral a des pressoirs banaux et perçoit un terrage des vins de Bréhéville. Le duc de Bar a des pressoirs à Damvillers, Ecurey et Lissey, un clos à Lissey; il perçoit des terrages des vins à Réville et Etraye, et des cens de vignes à Lissey et Ecurey.(Alain Girardot, Le droit et la terre, p.32 et 234). Corvées de vendanges: les habitants de Lissey doivent ces mêmes services au clos du duc de Luxembourg.(id)

 

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