La Vigneronne

En 1880, le village d’Ecurey a vu se créer une association de musique d’une certaine importance : LA VIGNERONNE.
La bannière : La date de 1929 qui y figure correspond à cette renaissance qui a suivi la guerre de 1914-1918 : Ce n’est pas la date de sa création.
« La ruche et les abeilles » comme symbole, a été choisi à cause de Sainte Cécile, la patronne des musiques et des chorales.
Sainte Cécile a été comparée à une abeille industrieuse, comme l’indique les textes latins de ses vêpres : le qualificatif d « argumentosa » signifie : active, travailleuse, qui fait un travail soigné … et maline !
L’emblème de la ruche avec les abeilles représente la notion de travail soigné fait au service de la communauté.
Lorsqu’on honore un musicien, on donne parfois l’abeille comme décoration.
Cette bannière est actuellement exposée dans une salle de la mairie d’Ecurey
C’est la société LA DAMVILLOISE, fondée en 1860 qui en a été la marraine.
LA VIGNERONNE a poursuivi son activité pendant 60 ans avec des hauts et des bas.

D’après l’article, ci-après, du Journal de Montmédy, en date du 9 mars 1881, Mr DROUET Jean-Baptiste, de Bréhéville, serait à l’origine de la Vigneronne d’Ecurey, de la Damvilloise, de Damvillers, et de la fanfare de Sivry-sur-Meuse.
Dans l’annuaire de la Meuse de 1901, on peut lire qu’elle a été autorisée comme association le 31 décembre 1890. C’est une des plus vieilles musiques de l’arrondissement de Montmédy.
Elle était déjà constituée avant 1890, date à laquelle elle comptait 31 membres honoraires et 20 exécutants.
Le président était Prosper Villemin, le secrétaire-trésorier, Hablot et le commissaire, J. Capart.
La commission était composée de J.P. Aubry, Simonin, Capart, A.Nicolas, T. Menu.
Gustave Capart fut chef de musique, puis ce fut Onésime Simonin qui avait « fait son temps » dans la flotte.
Il y eut jusqu’à 40 exécutants d’Ecurey bien sûr, mais aussi de Bréhéville, de Lissey et de Damvillers.
Le 17 février 1889, LA VIGNERONNE a donné un concert avec retraite aux flambeaux pour ses membres honoraires.
Le 13 octobre 1891, elle était présente à la Messe d’actions de grâce pour le centenaire de Mme Joséphine Beaudier, sœur du Colonel Lardenois. Celle-ci a descendu tout le village au bras de Charles Candelier, alors étudiant, grand-père d’Anne-José Bénard dite Cécile Aubry.
La musique était de toutes les fêtes, elle se produisait souvent à la Messe, faisant sursauter les fidèles à chaque coup de grosse caisse.


Elle était très demandée dans les villages environnants et même plus loin encore en Meuse pour donner de l’éclat, par sa présence, à de nombreuses cérémonies et fêtes patronales.
Bien sûr, elle a dû interrompre son activité pendant la guerre de 1914-1918, mais elle « ressuscite » ensuite et compte alors un maximum d’exécutants. Une photo, prise vers 1930, dont l’agrandissement est exposé en mairie, répertorie 33 exécutants, mais tous ne sont pas dessus.
L’effectif se réduit aux mobilisations de 1938 et 1939, puis l’activité cesse définitivement en juin 1940, et pour cause…
LA VIGNERONNE a longtemps témoigné de la vitalité du village d’Ecurey. Elle a su mobiliser de nombreuses énergies et s’est produite dans tout le secteur
Articles de presse se rapportant à la Vigneronne :
04 août 1876 : Les jeunes de Ecurey et Lissey organisent une association musicale sous les auspices de la commune de Ecurey (Le Journal de Montmédy du même jour).
13 avril 1877 : ECUREY : on nous écrit :
La population d'Ecurey a été témoin le jour de Pâques et le dimanche suivant des premiers et heureux succès de l'Orphéon établi depuis quelques mois dans cette localité. Les jeunes musiciens, en présence d'un auditoire nombreux, ont exécuté pendant les offices, les chants de cette fête avec un ensemble admirable. Dimanche dernier, ils ont eu l'honneur de reconnaître, à la suite de l'exécution de morceaux choisis, M. Lardenois fils, aussi enfant d'Ecurey, et colonel au 6° chasseur, pour président honoraire de leur société. Le colonel a été heureux de constater les succès de ses protégés et leur en a adressé les plus vives félicitations ainsi qu'à l'infatigable M. Drouet, leur chef de musique. Après quoi, ils sont allés, par des morceaux variés, rendre hommage aux membres honoraires de leur société. Cette brillante journée s'est enfin terminée dans la soirée par une splendide retraite aux flambeaux, au son de la musique instrumentale et aux acclamations de toute la population et de celle des villages voisins. (Journal de Montmédy)
Juin 1877 – ECUREY : on nous écrit qu'à l'occasion de la Fête Dieu, la fanfare de cette commune, forte de 36 membres, a exécuté devant une assistance considérable la Messe de Dumont, arrangée par Blancheteau. En outre, des morceaux d'entrée, d'offertoire et de sortie ont été joués, ainsi que plusieurs marches et morceaux religieux, pendant la procession. Après les vêpres, plusieurs marches et pas redoublés ont été interprétés à travers le village.
M. le curé de la paroisse et la municipalité ont gracieusement remercié les membres de la fanfare, auxquels des rafraîchissements ont été offerts à la mairie.
Notre correspondant ajoute que l'on peut être à la fois bon catholique et républicain, et même musicien par-dessus le marché, ce qui ne gâte rien. C'est aussi notre avis. Rien en effet, dans les sublimes doctrines de l'Evangile ne proscrit l'idée républicaine. (Journal de Montmédy).
12 mars 1878 : ECUREY, canton de Damvillers
On nous écrit : Le concert donné par la société musicale dimanche soir a été des plus brillants. Une affluence considérable d'amateurs des villages de Réville, Lissey, Bréhéville et autres voisins, sont venus honorer par leur présence et leur bravos répétés, les exercices de notre laborieuse jeunesse. Rien n'a manqué de cette soirée, tous les acteurs et musiciens dans l'heureuse exécution de l'ensemble de leur programme.
Honneur aux populations sachant utiliser en choses utiles et morales les récréations de leur jeunesse. (Le journal de Montmédy).
19 mars 1878 : ECUREY, canton de Damvillers
On nous écrit qu'à l'occasion du service de l'honneur du Saint-Père, décédé, la fanfare la Vigneronne s'est fait entendre pendant l'office, auquel assistait une grande partie de la population. La fanfare a exécuté le Kyrie, le Sanctus, l'Agnus et le De profundis de la messe pro defunctis. Le tout a été appris en un seul jour grâce aux facilités d'étude qu'offre la méthode Chevé
L'orgue a exécuté une grande marche funèbre et deux belles voix de ténor ont chanté avec succès un Dona eis requiem à l'élévation. M. le Curé a témoigné sa satisfaction à tous les exécutants pour leur bon et gracieux concours. . (Journal de Montmédy)
04 mars 1879 : ECUREY : canton de Damvillers
En ma qualité d'invité au concert donné par la Société musicale d'Ecurey, je me fais un devoir, un plaisir, de rendre le plus beau témoignage de satisfaction bien mérité à tous les membres exécutants ou acteurs qui tous ont fait preuve de talent dans cette agréable soirée. Le drame les jeunes captifs et la scène Sabre bois ont été parfaits dans leur exécution. L'harmonie, la musique, des chœurs et des chansons ont charmé tous les assistants. Mais surtout ce qui a enchanté et captivé l'admiration de toute l'assemblée c'est la scène comique le Charlatan.
Enfin cette belle soirée a été terminée par un discours par M. Villant fils, remerciant l'assemblée de son empressement à venir entendre la Société musicale, discours qui a été à plusieurs reprises et longuement applaudi, surtout lorsque ce jeune homme a fait connaître que son but et celui de ses camarades en sollicitant, il y a deux ans, la création de leur société était de soustraire chacun d'eux aux suggestions malheureuses de l'oisiveté, que leur désir était de former une société honnête rigoureusement tenue en dehors de tout entraînement et soumise au contrôle le plus sévère? On aime à entendre de pareilles déclarations ; surtout on est enchanté de rencontrer à Ecurey une jeunesse qui comprend le noble but vers lequel des hommes de bien qui la dirigent. Honneur donc à M. Drouet, le directeur de cette jeune société, et à ses dévoués collaborateurs. (Le journal de Montmédy).
Vendredi 5 mars 1886 : BREHEVILLE - On nous écrit : Le 1er mars courant à 7 heures et demie du matin, M. Drouet Jean-Baptiste s'est tué accidentellement en tombant sur l'aire de sa grange. Il montait sur un tas de bottes de paille placé sur son grenier ; quelques bottes en glissant l'on entraîné et il est tombé si malheureusement que la mort a été instantanée. Son fils Emile est arrivé immédiatement ; il l'a relevé expirant, étendu dans une mare de sang. Il avait presque tout le cuir chevelu arraché et le crâne brisé.
M. Drouet était chef de musique, officier d'académie depuis plusieurs années, et était âgé de 61 ans.
Sa femme et ses enfants perdent un bon époux et un père exemplaire.
M. Drouet, par la douceur de son caractère, par son aménité, par sa complaisance sans bornes, s'était attiré les sympathies de tous ceux qui l'ont connu.
Il a fondé plusieurs sociétés musicales et toujours ses élèves l'ont vénéré.
Aimé de tous, même des petits enfants qu'il affectionnait, il emporte des regrets unanimes. Puissent ces regrets adoucir la douleur de sa famille éplorée !
A mardi prochain la relation des funérailles.
A notre tour, nous nous faisons un devoir d'apporter notre tribut de regret sur la tombe de l'homme de bien, si obligeant et si modeste, que la commune de Bréhéville vient de perdre. L'existence de M. Drouet, qui vient d'être brisée si malheureusement, a été consacrée tout entière au progrès et au dévouement. (Journal de Montmédy).
Mardi 9 mars 1886 : BREHEVILLE - on nous écrit : Aujourd'hui, 3 mars, ont eu lieu les obsèques de M. Drouet Jean-Baptiste, officier d'Académie, chef de musique décédé à Bréhéville.
La levée du corps a eu lieu à 11 heures précises. Beaucoup de personnes étrangères, élèves et amis, malgré le temps neigeux, ont voulu rendre un dernier hommage à l'homme modeste qui venait de s'éteindre. On remarquait surtout des orphéonistes d'Ecurey qui, spontanément, étaient venu honorer la mémoire de leur chef de musique. Ils portaient une couronne.
Le cortège était très de nombreux, l'église était remplie. Les élèves des écoles suivaient le cercueil du dignitaire universitaire.
Après l'absoute, avant que la tombe ne se fermât, un ami intime de M. Drouet adressa à l'assistance ces quelques mots :
Mesdames, Messieurs,
M. Drouet Jean-Baptiste, que nous pleurons tous aujourd'hui était, comme vous le savez, membre de l'Université. En sa qualité d'officier d'académie, je ne puis laisser fermer cette tombe, sans vous adresser quelques paroles.
M. Drouet est né parmi nous ; il a vécu parmi nous et il est mort parmi nous.
Sa vie n'a été que d'entière abnégation ; il était modeste et possédait le don sacré de la musique. Aimant passionnément son épouse et ses enfants ici éplorés. Il laissait de côté ses intérêts personnels pour se livrer tout entier à ses devoirs, car il a été pendant trente ans le serviteur fidèle et dévoué de la commune, et les autorités municipales qui entourent son cercueil prouvent que nous perdons un honnête homme.
Toujours gai, affable et bon, il a toujours reçu tout le monde avec la même aménité. Personne ne doute de l'affection qu'il avait pour les jeunes enfants, car il les aimait tendrement. Il était l'homme de bons conseils ; sa conduite comme époux et comme père à toujours été exemplaire.
Mon cher M. Drouet, la Providence a permis que vous fussiez trop tôt enlevé à l'affection de votre famille et à celle de tous ceux qui vous ont connu. Vous emportez les regrets unanimes de cette nombreuse assistance, de toute la population de Bréhéville et de ceux qui ont été en relation avec vous.
Adieu ! mon bien-aimé M. Drouet ; que Dieu daigne vous récompenser de vos bonnes œuvres, et que nos larmes puissent tarir celles de votre famille si cruellement éprouvée !
Adieu ! Adieu !!
Après quoi la foule s'éloigna triste et silencieuse.
- On nous écrit d'Ecurey, encore à propos de la mort du regretté M. Drouet :
La fanfare, la Vigneronne, vient de perdre son directeur, l'honorable M. Drouet père, de Bréhéville, officier d'Académie, mort malheureusement depuis quelques jours. Cette mort enlève à la Société musicale d'Ecurey un professeur éclairé et très intelligent qui a toujours su, par son affabilité, s'attirer l'amitié et la confiance de ses nombreux élèves dont le nombre dépasse deux mille.
Fondateur et directeur des fanfares de Damvillers, de Sivry-sur-Meuse, et en dernier d'Ecurey, cet homme de bien est unanimement regretté par toutes les personnes qui l'ont intimement connu.
A la nouvelle de cette mort qui frappe une pauvre veuve et des enfants inconsolables, M. le secrétaire-trésorier et une délégation de la Société musicale sont accourus à Bréhéville rendre les derniers honneurs à leur infatigable et regretté M. Drouet, sur la tombe duquel ils ont déposé une couronne, témoignage de leur sincère et vive reconnaissance.
23 décembre 1887 : ECUREY - On nous écrit : A l’occasion de la fête de Noël, la Fanfare d'Ecurey se fera entendre à la messe et aux vêpres. PROGRAMME des morceaux qui seront exécutés :
MESSE
Entrée : Le Troupier, allegro
Grande messe de Dumont, par Blancheteau
Offertoire, par G. Fèbre
Sortie : Le Gange, allégro par Gilbert
24 avril 1891: ECUREY : - On nous écrit :

Le concert annoncé par le Journal de Montmédy, n° du 17 avril 1891 a eu lieu le dimanche suivant, 19 avril à deux heures de l'après-midi dans un des greniers du presbytère d'Ecurey, gracieusement mis à la disposition du public par M. le curé. Cette petite fête de famille organisée par le vaillant et sympathique curé d'Ecurey, M. l'abbé Jamin, a eu un succès qu'on n'aurait jamais osé espérer.
Dès une heure de l'après-midi, les spectateurs accouraient des villages voisins, et à deux heures au moment de l'ouverture des bureaux, plus de 350 personnes se pressaient devant la grange du presbytère. Bien que le local fût assez vaste, tout le monde n'a pu être casé, et bien des personnes - les dernières arrivées, bien entendu - ont dû s'en retourner, au grand désespoir de l'organisateur de la fête, qui aurait bien voulu pouvoir loger toutes les personnes qui avaient répondu à son appel.
A deux heures et demie, M. le maire d'Ecurey, président du concert, faisait son entrée, et M. le curé, par quelques mots bien sentis, lui souhaitait la bienvenue ainsi qu'à tous les assistants.
Le concert a commencé par un morceau, la Fiancée du Conscrit, exécuté par notre excellente fanfare La Vigneronne. Comme toujours, nos dévoués musiciens ont été à la hauteur des circonstances.
L'Invocation de Jeanne d'Arc a été magistralement chantée par M. Dupuy, le chef de la fanfare. Ce chant tout à fait d'actualité, inspiré du plus pur patriotisme, a été écouté religieusement par l'assistance qui a montré par son attitude que l'amour de la patrie est bien ardent parmi nous. Nous espérons bien que M. Dupuy ne s'en tiendras pas là et qu'à la première occasion il ne manquera pas de nous chanter quelques-uns des beaux morceaux qu'il connaît ; cela fera certainement plaisir à ceux qui aiment à l'entendre.
Venait ensuite le Zouzou de Zanguebar, scène comique avec chants. Je n'hésite pas pour dire que cette pièce a été tout simplement admirable. Honneur aux acteurs. Les jeunes Gillet, Collin, Bantquin, , Thoyon et Thivet. Ces deux derniers surtout ont fait la joie des auditeurs. La chanson du Zouzou par le jeune Thivet, a provoqué un fou-rire qui a duré pendant bien longtemps. Aussi le public n'a pas marchandé ses applaudissements au chanteur qui, profitant de son succès, a fait séance tenante une quête très fructueuse, paraît-il.
Pour finir la première partie, nous avons eu A la grâce de Dieu, duo chanté par Mlles Franc et Menu, et La petite Mendiante, chansonnette dite par deux gentilles petites fillettes de 7 ans qui étaient tout bonnement adorables sous leurs haillons.
Au début de la seconde partie, la fanfare s'est fait entendre de nouveau par un joyeux pas redoublé. Après quoi l'assistance a eu un véritable régal par l'audition du drame intitulé Les Vierges d'Occident. Cette pièce, qui exigeait des décors et des costumes tout à fait orientaux, a été admirablement interprétée par Mlle Lemarchal qui remplissait avec beaucoup de distinction le rôle de reine de Naquindo: Mlle Isabelle Nicolas, esclave favorite de la reine: Mlles Godet et Henry, esclaves destinées à être vendues; Mlle Gillet imposante dans son costume de grande prêtresse; MMlles André et Richard, esclaves privilégiées; enfin Mlles Chapiron et Vincent, vierges d'Occident, à l'intervention desquelles les deux esclaves à vendre ont dû leur liberté au moyen de divers objets cédés par les religieuses à la reine pour leur rachat. Tout cela a été gentiment dit et rien n'était plus curieux à voir que le dépit des deux marchands arabes évincés par les religieuses, malgré les riches présents par eux offerts à la reine dans le but de posséder les deux esclaves ci-dessus. Pendant l'exécution de ce drame, toute l'assistance paraissait suspendue aux lèvres de nos jeunes et charmantes actrices qui ont récité leurs rôles avec une correction parfaite.
Cette pièce a été suivie par Le retour de la Montagnarde, romance chantée avec beaucoup de grâce par Mlle André, secondée par Mlle Menu.
Enfin cette trop courte récréation a été terminée par La tirelire de Georges, petite saynète débitée avec beaucoup d'aplomb par les jeunes Nicolas, Vincent et Willaume, et par un morceau de la fanfare intitulé Bon accueil.
Je ne veux pas terminer ce compte rendu sans dire, au nom des assistants, merci, d'abord à M. le curé d'Ecurey, ensuite aux dames qui ont prêté leur concours pour la confection des costumes de nos acteurs et actrices, à M. Mogenot pour le bon goût qu'il a mis dans les divers décors de la scène, à nos intelligents petits artistes des deux sexes, à la fanfare d'Ecurey, en un mot à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué au succès de cette brillante représentation qui ne sera pas unique, nous voulons l'espérer.
<<Un spectateur>> (Journal de Montmédy)
ECUREY : le 02 juin 1893 : on nous écrit :
La représentation annoncée par votre numéro du vendredi 26 mai a eu lieu le dimanche suivant, dans les vastes greniers du presbytère, gracieusement mis à la disposition de nos artistes et du public, par l'aimable et sympathique curé d'Ecurey, M. l'abbé Jamin.
A deux heures précises, arrivait notre excellente fanfare "La Vigneronne", ayant à sa tête son nouveau chef, M. Gustave Capart.
La représentation a commencé par un morceau finement exécuté par la fanfare qui a été chaudement applaudie par les spectateurs.
Ensuite est venu, Nicaise chez son parrain, monologue comique dit avec beaucoup de crânerie par le jeune Thivet qui, décidément, a la spécialité de beaucoup amuser son monde.
A noter aussi le Bonnet de coton, chanson normande interprétée avec beaucoup de brio par M. Théophile Chapiron et Mlle Clotilde Lelorrain. Cette dernière qui paraissait pour la première fois sur la scène a eu un succès inouï. Aussi les spectateurs, au milieu d'une explosion de rire n'ont pas marchandés leurs bravos à notre désopilante actrice, à qui de nombreux bouquets ont été jetés de tous les coins de la salle.
Le calme un peu rétabli, nouveau morceau par la fanfare.
Maintenant passons à la pièce principale. Je veux parler de Fabiola, drame en six actes, exécuté par les jeunes filles d'Ecurey.
De l'avis des plus difficiles à contenter, nos jeunes filles se sont véritablement surpassées. Le profond silence qui n'a cessé de régner pendant toute la durée du drame témoignait de l(intérêt que le public prenait à son interprétation qui a été de tout point parfaite. Le rôle principal était tenu par Mlle Victorine Lemarchal qui a été admirable de grâce et d'entrain et qui a fait preuve d'une mémoire véritablement extraordinaire. Elle a été, du reste, secondée d'une façon non moins élogieuse par Mlles Isabelle Nicolas, Alice Simonin, Elise Godet, Camille Vincent, Léonie Henry, Marie Collin, Louisa Gillet, et Berthe Willaume, pour ne citer que les principales et tant d'autres dont les noms mériteraient d'être cité ici, car toutes sans exception ont été remarquables. Elles étaient toutes costumées d'une façon ravissante et on se demandait comment il avait été possible de réunir autant de costumes aussi jolis que variés.
Le coup d'œil qu'offrait la scène était tout simplement imposant et bien des larmes ont coulé au moment du dernier acte représentant le martyre de Sainte Agnès.
Enfin la représentation s'est terminée par la réapparition sur scène de Mlle Clotilde Lelorrain, cette fois escortée par M. Turba, habillé en vétéran des guerres de la République.
Ce fut alors du délire et les bouquets arrivèrent de plus belle sur la scène surtout au moment ou ces deux inimitables acteurs se mirent à exécuter une danse des plus échevelée.
En somme, brillante représentation dont on se souviendra longtemps. Espérons toutefois qu'elle ne sera pas la dernière et que dans le courant de l'hiver prochain nous aurons encore le plaisir d'applaudir nos si aimables et si distinguées jeunes filles d'Ecurey.
Avant de terminer ce compte rendu, que M. l'abbé Jamin me permette de lui adresser au nom de tous, nos plus sincères félicitations et remerciements. (Le Journal de Montmédy)
vendredi 20 mars 1896: ECUREY : On nous écrit sous ce titre : La fête de la mi-carême à Ecurey.
Dimanche dernier 15 mars, le village d'Ecurey présentait une animation extraordinaire. On va en juger.
Grâce à l'initiative de M. Willemin, marchand tailleur et de Madame Willemin, habilement secondée par Mesdames Lallemand et Dessaller, MM. Villant, négociant, Collin et Thivet, et avec le concours de notre dévouée société musicale "la Vigneronne", une cavalcade superbe fut organisée en quelques jours. On fit appel à toutes les personnes de bonne volonté ; les dames, les demoiselles d'Ecurey confectionnèrent les plus ravissants costumes, et les hommes approprièrent, pour la circonstance, deux grands chariots dont l'ensemble garni de branches de sapins entremêlées de rubans aux couleurs nationales offrait le plus gracieux effet. Devant et derrière les chariots de nombreux drapeaux français et russes.
Bien qu'aucune publicité n'ait été faite, la chose avait transpiré au dehors et dès midi, on voyait accourir une foule nombreuse des villages environnants. Tout le monde sait d'ailleurs qu'on s'amuse bien à Ecurey.
A une heure, les deux chariots traversaient le village et venaient se ranger devant la maison de M. Herbillon, notre excellent maire, d'où devait partir le cortège.
Dans le chariot de tête se trouvaient les organisateurs de la fête et plusieurs jeunes gens dont les costumes représentaient les différents arts et métiers.
Dans l'autre, les membres exécutants de la "Vigneronne" sous la direction de M. Chapiron, le sympathique sous-chef. Nos musiciens coiffés de bérets blancs avec cocardes et garnitures tricolores ont été fort remarqués et applaudis.
Après quelques paroles adressées au Maire par M. Collin, l'un des organisateurs, le cortège suivi d'une foule en délire s'est mis en marche aux sons les plus entraînants d'un pas redoublé exécuté par la "Vigneronne".
En tête chevauchaient une douzaine de cavaliers revêtus de divers uniformes de l'Armée française, commandés par un superbe spahi (un vrai) M. Jules Collin, majestueux. avec sa grande barbe qui lui couvre une partie de la poitrine. Autour et derrière les chars de nombreuses troupes à pied aux costumes les plus voyants.
Parmi les uniformes les plus remarqués, citons au hasard celui d'un garde national sous Louis-Philippe (M. Barnaux) coiffé d'un shako datant du déluge ou à quelque chose près, et celui d'un seigneur au temps de Henri III (M. Drouot).
Divers autres costumes de gymnases, grooms, etc, tous très coquets, entre autres celui de M. Hanse. Remarqué également M. Turba costumé en polichinelle, et trois gentils bambins de 7 à 8 ans, les jeunes Willemin, Villant et Joffin, vêtus l'un en blanc, l'autre en bleu et le troisième en rouge.
J’allais oublier les deux cochers. Superbes et crânes les deux cochers avec leur grande livrée. Il aurait fallu vraiment de la déveine pour culbuter avec de pareils automédons.
La foule qu'on peut évaluer à plus de mille personnes n'a cessé d'acclamer nos vaillants et distingués artistes, et principalement les orateurs de la troupe, MM. Collin, le spahi, et Saint-Vanne, celui-ci en garde national à cheval, qui ont, à diverses reprises, récité des boniments qui faisaient tordre les auditeurs.
Après avoir fait le tour du village, la cavalcade s'est rendue à Damvillers où une réception enthousiaste lui a été faite par tous les habitants de la ville. Défilé dans toutes les rues aux acclamations mêlées de cris de : Vive la Vigneronne, Vive la France, Vive la Russie !
Retour à Ecurey en passant par Réville. A Réville, réception non moins cordiale qu'à Damvillers. Tout le monde applaudissait à tout rompre.
En arrivant à Ecurey, M. le Maire a gracieusement offert à toute la cavalcade, qui a accepté (car tout le monde avait soif), des rafraîchissements qui ont été fort appréciés.
Une autre personne d'Ecurey a suivi cet exemple, même entrain pour accepter. Il faisait si chaud dimanche dernier !!!
Le soir un bal des plus animés mettait nos demoiselles dans la jubilation. Elles avaient été à la peine, n'était-il pas juste qu'elles fussent .... au bal. Les chariots de la cavalcade brillamment illuminés encadraient l'emplacement où avait lieu le bal, car on dansait sous le regard des étoiles. C'était ravissant.
Aussi cette journée mémorable ne s'effacera de longtemps du souvenir des habitants d'Ecurey et des environs. Avant de terminer, que les organisateurs de cette admirable fête durant laquelle la plus franche camaraderie n'a cessé de régner, nos musiciens, tous les figurants au cortège et toutes les personnes qui sont venues les acclamer et les encourager, me permettent de leur dire merci au nom de toute la population.
On parle déjà de recommencer l'an prochain, et de faire encore mieux si c'est possible. Bravo et qu'on se le dise. M. R.
Vendredi 02 avril 1897 : ECUREY :
La cavalcade organisée sous la direction de M. Willemin, président de la Société La Vigneronne, avec le concours des musiciens et de la plupart des jeunes gens d'Ecurey, a obtenu dimanche dernier un brillant succès. Le temps qui, le matin même, avait l'air de vouloir bouder, s'est mis de la partie dès l'heure de midi, et c'est par une après-midi tout ensoleillée qu'a eu lieu à Ecurey et ensuite à Damvillers cette belle manifestation qui fait le plus grand honneur aux organisateurs et aux figurants du cortège.
Dès midi, deux cavaliers (anciens trompettes au 4° bataillon d'artillerie de forteresse à Montmédy) en costumes magnifiques, traversaient le village au galop de leurs chevaux et, au son de la trompette, annonçaient que le défilé de la cavalcade allait commencer.
Bientôt après, trois chars splendidement décorés se rangeaient devant la maison de M. Herbillon, maire, où l'un des organisateurs, par un discours des mieux sentis, demandait au premier magistrat municipal l'autorisation, qui, du reste fut aussitôt accordée, de donner aux habitants d'Ecurey, la reproduction de la belle cavalcade de l'an dernier qui eut déjà un succès si considérable. Si je ne craignais qu'on me taxât d'exagération, j'avancerais hardiment qu'il est impossible de faire mieux que ce qu'il vous été donné de voir.
Au reste on va en juger.
Commençons d'abord par le char des jeunes filles qui, placé au centre du cortège, était tout simplement merveilleux. Complètement tendu de draperies rouges, il était surmonté d'un dais en soie cramoisie sous lequel trônait la reine de la cavalcade et ses demoiselles d'honneur. Mlle Victorine Lemarchal, ravissante dans un costume tricolore, représentait la France. La couronne de laurier avec épis de blé dorés qui lui ceignait la tête, et le glaive sur lequel elle était appuyée, lui donnait un air majestueux et fort imposant. A ses côtés, MMlles Marie Henry et Eugénie Pouplie, costumées en Alsacienne et en Lorraine, très gentilles et fort bien dans leur rôle. Très gracieuses aussi, MMlles Koffmann et Frognieux, ainsi que MMlles Collin et Marie Barnaux, ces deux dernières en couturières : l'une française et l'autre russe.
En tête du cortège chevauchaient une vingtaine de cavaliers des plus bariolés, aux uniformes les plus voyants et les plus pittoresques.
Derrière arrivait le char représentant les diverses races de l'espèce humaine, au centre duquel une sphère terrestre d’un mètre de hauteur. Tout autour de cette sphère, quelques spécimens de chaque race. D'abord trois blancs, jolis garçons de bonne mine et de belles allures. Ensuite quelques beaux Jaunes qui eussent pu passer pour authentiques. Puis des Peaux-Rouges très chics, et enfin une belle collection de nègres plus noirs, j'allais dire plus véritables, que de vrais nègres. Ce char, d'un caractère essentiellement ethnographique, offrait un réel intérêt et a été fort remarqué.
Ensuite venait le char des jeunes filles et enfin celui des musiciens. D'un goût exquis, ce char en forme pyramidale, d'où émergeaient, au milieu d'un fouillis de branches de sapin, les musiciens coiffés de bérets blancs et ayant tous en sautoir une écharpe tricolore. Les instruments brillaient au soleil du plus vif éclat, et tout cet ensemble était si peu banal qu'involontairement tous les regards se trouvaient attirés de ce côté.
Le défilé dans les principales rues du village, eut lieu au son des plus joyeux pas redoublés, au milieu d'une foule nombreuse acclamant et applaudissant chaque char à son passage. Au coin de chaque rue la cavalcade s'arrêtait pour permettre aux deux orateurs de la Société, MM. Collin et Villant, de réciter leur boniment, dont plusieurs passages étaient émaillés de calembours parfois très spirituels. Pendant ce temps plusieurs quêteurs faisaient une collecte assez fructueuse.
Vers deux heures, la cavalcade prenait le chemin de Damvillers, où elle arrivait à trois heures précises. Une foule énorme (la foule des grands jours) stationnait sur la place Gérard, et ce fut avec beaucoup de difficultés que les chars purent se frayer un passage à travers cette nuée humaine qui grossissait toujours à vue d'œil. Après le défilé dans toute la ville et divers arrêts devant les maisons des notabilités de l'endroit, la cavalcade se groupait autour de la statue du maréchal Gérard. Là, les jeunes filles chantèrent le beau morceau intitulé "l'Alsace et la Lorraine".
C'était vraiment fort émotionnant d'entendre chanter cette protestation d'amour à la France, auprès de la statue de celui qui fut un brave, et dont s'honorent, à juste titre la ville de Damvillers et tout l'arrondissement de Montmédy.
La satisfaction et la joie se lisait sur tous les visages, aussi ai-je entendu, à diverses reprises, plusieurs personnes venues des quatre coins du canton -- et peut-être d'ailleurs -- s'écrier dans un élan d’enthousiasme : sont-ils étonnant ces gens d’Ecurey ! Comment font-ils dans ce pays-là pour faire d'aussi belles choses avec autant de goût et de génie ? A ces braves gens, à qui, je souhaite que ces lignes tombent sous les yeux, je répondrai tout simplement ceci : " Du goût, tout le monde en a, plus ou moins il est vrai ; quant au génie, qui parfois nous caractérise, nous le puisons dans le vin exquis et délicat produit par noc coteaux. Voilà tout notre secret ".
Au retour de la cavalcade à Ecurey, M. le Maire vint saluer la gracieuse souveraine es ses non moins gracieuses suivantes, et les invita à boire précisément un verre de cet excellent vin dont je viens de parler. Toute la cavalcade -- excepté les chevaux bien entendu -- en but, et c'est au choc des verres que M. le Maire remercia les organisateurs de cette belle fête, et spécialement M. Willemin, l'infatigable président de la "Vigneronne" qui, dans cette circonstance s'est véritablement prodigué.
Le soir, un bal des plus animés, avec les costumes du jour, clôturait cette mémorable journée, et on s'est séparé, enchanté et ravi, en se donnant rendez-vous pour l’an prochain. M. R.
Reconstitué en 1929 : Brandeville 274/408 Journal de Montmédy de 1930
06 décembre 1930 : ECUREY : - La Sainte Cécile – « La Vigneronne » société de musique de la commune vient de célébrer sa sainte patronne. A 11 heures, messe en musique, sous la direction de son chef M. Capart, puis l’après-midi séance théâtrale qui remporta le plus grand succès. Le soir, banquet qui réunit au restaurant Duvernier, sous la présidence du vénérable M. Willemin, âgé de 81 ans, de M. Henry, maire, et de M. L’abbé Simon, curé d’Ecurey, de l’adjoint et des membres du bureau une cinquantaine de joyeux convives.
En résumé, bonne journée d’entente et de sainte gaieté pour la petite commune d’Ecurey.
14 février 1931 : ECUREY : - La Société de musique récompensée – A l’occasion du nouvel an une pluie de décorations vient d’apporter à la vaillante phalange de musiciens qui composent « La Vigneronne » la juste récompense de leur dévouement à l’art musical.
Son sympathique chef de musique M. Capart vient de recevoir les palmes d’officier d’Académie.
La médaille d’honneur des Sociétés musicales vient d’être décernée à MM. André Fernand, André Lucien, Henry Paul, Simonin Alfred, Simonin Onésime, Willaume Georges, Willemin Georges.
La Vigneronne à l’honneur ! mais c’est toute la population composée d’hommes réfléchis, persévérants, courageux au travail – qualités particulières aux vignerons – qui se trouve ainsi récompensée de son ardent amour du pays.
Nous ne doutons pas que le jour de la remise de ces décorations sera une grande fête pour Ecurey et les communes avoisinantes. La municipalité ayant à sa tête le dévoué maire M. Henry sait bien faire les choses.
A tous les nouveaux décorés, le Journal de Montmédy adresse ses plus vives félicitations.
08 mai 1931 : ECUREY : - Cavalcade – La société musicale « La Vigneronne » organise avec le concours de « La Damvilloise », pour dimanche prochain 2 mai, une cavalcade composée de 4 chars, cavaliers et divers. Départ d’Ecurey, 13 h., Lissey, 15 h., Damvillers, 17 heures. Dislocation, 19 heures. Le soir, un grand bal sera offert par la société « La Vigneronne ». Le meilleur accueil est réservé comme de coutume à tous les visiteurs des pays environnants, qui espérons-le, seront nombreux.
15 janvier 1933 : ECUREY : - A « La Vigneronne » - Le sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts vient de comprendre « La Vigneronne » parmi les Sociétés de musique bénéficiaires de la répartition du crédit affecté pour l’exercice 1932 à l’encouragement de la musique populaire. Tous nos compliments aux dirigeants de « La Vigneronne ».
14 septembre 1934 : ECUREY – La fête patronale, toujours très gaie, a été célébrée dimanche avec infiniment d’entrain et l’affluence était des plus considérable.
A la messe en musique a succédé l’apéritif-concert, fort goûté.
La Municipalité, le Comité de l’excellente « Vigneronne » et les membres de la Société ayant convié « La Lyre Stenaisienne » à venir donner un concert à Ecurey, dans l’après-midi, la musique de Stenay s’y est rendue à 16 heures.
Les rues étaient pavoisées, avec des arcs de triomphe à l’entrée de la commune ; des banderoles portaient l’inscription : « Soyez les bienvenus ».
Le sympathique maire, M. Henry, avec son conseil, le président des A.C., M. Trouslard, avec son porte-drapeau, les membres du Comité de « La Vigneronne » et les exécutants de « La Lyre ».
Aussitôt les présentations faites, un cortège se forme. Une charmante fillette, Mlle Charlotte Trouslard, porteuse d’une gerbe de fleurs, s’avance et récite avec beaucoup de bonne grâce un compliment à M. Collin, vice-président de « La Lyre ».
Celui-ci embrasse l’enfant et lui dit que ces fleurs iront orner le Monument aux Morts.
Le cortège se rend en musique au monument.
M. Trouslard, président des A.C., dépose une gerbe de fleurs ; M. Collin en dépose une autre, fort belle, au nom de « La Lyre Stenaisienne », sans préjudice de celle qui lui avait été offerte quelques minutes auparavant.
« La Lyre » exécute la « Marseillaise », puis le président des A.C. d’Ecurey remercie « La Lyre Stenaisienne » de sa touchante pensée vis-à-vis des enfants d’Ecurey tombés pour la Patrie.
Le cortège se rend ensuite devant la demeure du président de « La Vigneronne », M. Willemin qui, très souffrant, n’a pas pu accompagner sa chère Société, mais qui de sa fenêtre, tient à serrer la main du président de « La Lyre » et de son chef Adrien Meline.
Le cortège, précédé des deux musiques parcourt les rues d’Ecurey pour se rendre au vin d’honneur offert par la Municipalité à « La Lyre Stenaisienne » et servi dans la belle salle, admirablement décorée, du Café du Centre. Le champagne pétille dans les coupes et le maire lève son verre en l’honneur des Stenaisiens.
M. Collin, en quelques mots, remercie M. Henry, la Municipalité, les membres du Comité de « La Vigneronne », les exécutants, les Anciens Combattants de l’accueil réservé à sa Société. Il regrette l’absence du Président de « La Vigneronne » et fait des vœux pour son rétablissement. Il excuse M. Gerbeaux, président de « La Lyre Stenaisienne », retenu à Stenay par un deuil cruel. IL ajoute que la Société de musique « La Vigneronne » doit être citée en exemple, qu’il est extrêmement rare de voir une musique aussi importante et de cette qualité, dans un village de moins de trois cents habitants. Enfin, il lève son verre à la santé de tous et à la prospérité de « La Vigneronne ».
M. l’abbé Chabot qui dessert Ecurey, sollicité par des amis, prend la parole ; il remercie « La Lyre Stenaisienne » et souhaite ardemment l’union de tous les Français.
Ici, dit-il, s’adressant à la « Lyre », vous êtes chez vous, vous êtes en famille.
Le vin d’honneur terminé l’on se rend en face de la maison Albert André pour le concert.


« La Lyre » joue seule plusieurs morceaux. Puis ce sont des morceaux d’ensemble avec « La Vigneronne » ; les chefs, MM. Capard et Adrien Méline, prennent à tour de rôle la direction.
Le public nombreux et sympathique d’Ecurey et des environs n’a pas ménagé ses bravos aux exécutants.
La fin du concert a été marquée par la venue du très dévoué député de l’arrondissement, M. André Beauguitte, qui présidait une cérémonie à Marville, mais qui a tenu à venir, lui aussi, à Ecurey applaudir ses amis les musiciens et leur adresser ses félicitations. M. André Beauguitte a tenu à se rendre chez M. Willemin président de « La Vigneronne », pour prendre des nouvelles de sa santé.
A l’issue du concert – qui se termina à 19 heures – M. André Beauguitte et « La Lyre Stenaisienne » furent invités à un casse-croûte, c’est-à-dire à un véritable repas fort bien servi au café Duverdier et arrosé du fameux cru de Lissey.
M. Collin remercia comme il convenait la Municipalité, « La Vigneronne » et les Anciens Combattants de cette journée inoubliable ; il termina en leur donnant rendez-vous pour bientôt.
A son tour, le député de Montmédy qui éprouve toujours une véritable joie de se retrouver à Ecurey, félicita chaleureusement les musiciens et remercia le maire, le Conseil et la population de leur accueil si cordial.
Le soir tombait lorsque l’on se sépara.
Mais la fête foraine se poursuivit après souper et un grand bal au café du Centre – avec un jazz de première qualité – ne se termina guère, très animé et fort joyeux, qu’à l’aurore de lundi.
Cafetiers et forains ne doivent pas avoir à se plaindre de cette belle journée dont le souvenir restera dans la mémoire des petits et des grands.
23 septembre 1934 : ECUREY – Les obsèques du vénéré Prosper Willemin, président de « La Vigneronne », ont été, nous l’avons dit, célébrées le jeudi 13 courant, au milieu d’une énorme assistance.
De superbes couronnes et gerbes de fleurs avaient été offertes par « La Vigneronne », les A.C., la municipalité et « La lyre Stenaisienne ».

Les discours
Devant la tombe de, M. Gervais, vice-président de « La Vigneronne », parlant le premier, loue le dévouement absolu et les multiples qualités du défunt.
Puis M. Trouslard, président des A.C., vint rappeler qu’en 1870-71, M. Willemin, garde-mobile, incorporé au 76e R. I., contribua à la défense de Montmédy, fut fait prisonnier et réussit à s’évader en traversant la Chiers à Epiez.
En 1914, lors de la grande guerre, M. Willemin, qui avait 68 ans, fut désigné comme otage et envoyé au camp de Grafenwohr où il endura les pires souffrances. Il fut rapatrié le 31 janvier 1915.
A son tour, M. Henry, maire d’Ecurey, prit la parole en ces termes :
Discours de M. Henry
Mesdames, Messieurs,
« En qualité de maire d’Ecurey et en votre nom à tous, mes chers administrés, je tiens à déposer sur le cercueil de M. Prosper Willemin, le sympathique et vénéré Président de notre belle Société le musique « La Vigneronne », l’hommage unanime nos profonds regrets et de notre vive reconnaissance.
Pendant plus de trente ans, M. Willemin a présidé avec une autorité et une compétence remarquable au maintien, au développement et à la prospérité de notre groupement musical unique dans la région et dont notre commune a le droit de s’enorgueillir. Ici se sont rencontrés, depuis sa fondation par M. le curé Jamin, il y a quelque cinquante ans, toutes les bonnes volontés se groupant dans un accord parfait des esprits et des cœurs, pour la réalisation d’un idéal de beauté et d’harmonie, à la grande satisfaction de tous et pour le bon renom de notre localité.
La guerre seule est venue interrompre les harmonieux accents par le fracas de ses canons et les sanglantes tueries de ses mitrailleuses meurtrières. Mais aussitôt rentré au pays, après la restauration de nos ruines, M. Willemin rassemble les éléments épars de sa chère « Vigneronne » et, avec de nouvelles recrues reconstitue notre Fanfare municipale.
Personne parmi nous n’oubliera. Notre génération fera revivre pendant longtemps la figure vénérable de beau vieillard toujours droit, toujours vaillant, toujours plein d’entrain malgré la surcharge des années. Il était, il voulait être partout, avec un zèle infatigable, pour donner à tous l’exemple de la discipline, du dévouement et de la fidélité aux réunions, aux exercices de répétitions, toujours et quand même.
Il était heureux des succès de sa chère « Vigneronne », il était fier de la conduire dans ses nombreuses sorties où l’on se plaisait à le saluer, à l’admirer, à l’acclamer, dans la vigueur d’une jeunesse qui ne voulait pas connaitre de déclin.
Vendredi dernier, il me disait encore en pensant à l’éclat de cette journée qu’il avait voulu triomphale : « Dimanche, je serai des vôtres. » Hélas ! il avait trop présumé de son cœur, de ce cœur qu’il avait usé au service de « La Vigneronne », on peut le dire. Et tout d’un coup, il a cessé de battre après avoir marqué pendant quatre-vingt-huit ans le rythme d’une vie toute d’amabilité, de dévouement et de loyauté dont il lègue à sa chère Société et à nous tous le bel exemple de l’impérissable souvenir.
Cher monsieur Willemin, nous nous inclinons devant votre cercueil qui emporte un des meilleurs d’entre nous et met toute la commune en deuil.
Au nom de toute la population d’Ecurey, j’offre à votre épouse, à vos enfants, à toute votre famille, l’expression de nos condoléances sympathiques et profondes.
Adieu, cher monsieur Willemin, adieu !
*****
Au cours de la messe du dimanche 16 courant, en l’église d’Ecurey, dite à l’intention du défunt ; M. le curé Chabot, en une émouvante allocution tint lui aussi à adresser un dernier hommage à la mémoire de M. Prosper Willemin.
Ses paroles émues et si pleines de sympathie retracèrent la vie de devoir, dévouement et de volonté du regretté disparu dont le souvenir, longtemps encore, sera présent à la mémoire de tous.
*****
01 mai 1937 : ECUREY : - Cavalcade – La société musicale « La Vigneronne » organise avec le concours de la « Damvilloise », pour dimanche prochain 2 mai, une cavalcade composée de quatre chars, cavaliers et divers.
Départ, Ecurey, 13 h., Lissey, 15 h., Damvillers 17 h.
Dislocation, 19 heures.
Le soir un grand bal sera offert par la société « La Vigneronne » à Ecurey.
Le meilleur accueil est réservé comme de coutume à tous les visiteurs des pays environnants, qui, espérons-le, seront nombreux.

15 mai 1937 : ECUREY : - La cavalcade organisée par la société musicale « La Vigneronne » avec le concours de « La Damvilloise », a eu plein succès dimanche dernier, sous les rayons d’un beau soleil.
En tête venait le groupe cycliste ; ensuite les cavaliers, les chars de « La Madelon », « La Vigneronne », « Le Printemps », très remarqué pour les gracieuses jeunes filles qui l’occupaient ; « Les Romanichels » qui ont diverti petits et grands.
Pour terminer, le char de « la Noce », composé d’enfants, a fait l’admiration de tous.
Cette belle journée s’est terminée par un grand bal très animé.
Toutes nos félicitations aux organisateurs de cette fête.
10 décembre 1938 : ECUREY
ECUREY-EN-VERDUNOIS : - La Sainte-Cécile – L’excellente fanfare, « La Vigneronne » a célébré la fête de Sainte-Cécile, patronne des musiciens, dimanche 27 novembre, au grand complet de ses trente-six membres. Elle a donné, à la messe paroissiale, la solennité des grands jours, par un ensemble de morceaux de choix qu’elle exécuta avec sa maîtrise habituelle.
Au cours de la cérémonie, M. l’abbé Chabot prononça une belle allocution de circonstance.
Un banquet fort bien préparé par M. Adolf, restaurateur réunit à midi toute la société en des agapes très gaies et très fraternelles. Après le dessert, pour clôturer joyeusement la fête, les musiciens de « La Vigneronne » firent le tour du village aux accords d’une marche qui remporte un immense succès.

Georges AUBRY-COUPARD
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